XXII PRÉFACE
son ressort, qu'ils lui reprochent d'avoir voulu faire le procès du sacerdoce et même de l'épiscopat, ce sont des accusations qu'à notre humble avis, l'auteur ne mérite pas et contre lesquelles il pourra aisément se défendre en s'abritant derrière son ingénieuse fiction. Pour nous, nous ne voulons voir, dans cette tentative, que le désir sincère de faire le bien et de remuer des idées, discutables sans doute, mais qui, à l'usage, montrent ce qu'elles valent. De quelque manière que le bien se fasse, il faut avoir assez de largeur d'esprit pour s'en applaudir.
Un rédacteur du Month (1) écrivait à son tour :
Écrivain laïque, il remplit la tâche difficile d'esquisser un plan complet d'action sociale pour le sacerdoce français, avec tant de simplicité et de bonhomie et une appréciation si juste des difficultés qui ont jusqu'ici entravé cette action, que le plus susceptible des ecclésiastiques ne pourrait s'offenser d'un conseil si délicatement donné.
Or, ainsi qu'il a été expliqué plus haut, il n'y a pas même eu conseil.
Et cela vraiment n'est pas surprenant. L'auteur peut dire qu'en ces livres le mystère du sacerdoce reste inviolé. Tout ce qu'il y a de surnaturel et de mystique dans la formation du
(1) The Monthestf comme chacun sait, la revue des IIR. PI\ jésuites anglais. L'article a pour titre: Catholic France lo-day^ et a paru dans la livraison de février 1897. On en trouvera lu traduction intégrale à V Appendice»
PREFACE uni
prêtre et dans ses fonctions est systématiquement laissé de côté. On ne voit de l'action sacerdotale que ce qui est naturel, social, extérieur, ce que^ tout homme peut voir et ce dont il est relativement aisé de juger. Que si l'auteur a cru pouvoir aborder les questions de la formation scientifique et littéraire du clergé, il a soigneusement laissé dans l'ombre la question de formation mystique. Il a poussé le scrupule jusqu'à s'abstenir sur des points où on le sollicitait de faire son évoque se prononcer, sur d'autres où la suite même de son récit semblait exiger une solution. C'est ainsi qu'il n'a pas voulu aborder la question de l'unité de catéchisme ni même celle de la gratuité des chaises soulevées toutes deux, l'an dernier, au Congrès ecclésiastique de Reims; que, dans la seconde partie du Journal, il s'est soigneusement abstenu de pronostiquer quelle pourrait être la conduite du Saint-Siège vis-à-vis du gouvernement français en cas de rupture brusque du Concordat. A la fin encore, il n'a pas voulu arrêter les termes du nouveau Concordat, ne voulant pas même avoir l'air de préjuger les résolutions définitives de Rome. Car, en des matières si délicates, on ne saurait être trop réservé et respectueux, et vraiment il n'appartient qu'au Saint-Siège de se décider en ces difficiles conjonctures, si jamais elles viennent à se produire.