XX P^£FACE
rement religieuses ; seuls les sectaires antireligieux ou les esprits irréligieux l'ont raillé ou vivement attaqué. Et pour les catholiques, quelques-uns Tout jugé hardi en quelques points de détail; nul, je pense, n'a mis en question sa sincérité ou sa foi.
Quant à la compétence de l'auteur, il se peut qu'elle ne soit pas réelle et, parmi ceux qui l'ont niée, il y a certainement de bons juges. Il n'est pas possible ici d'instituer une discussion sur ce point sans avoir Tair de faire un plaidoyer pro damo. Il sera pourtant bien permis de dire que, si cette incompétence était tout à fait aussi réelle qu'on le soutient, l'amusant quiproquo qui s'est produit au moment de la publication des Lettres cPun curé de Campagne et qui a duré jusqu'au moment où tout le monde a su qui était Yves le Querdec, ne se serait pas produit. Car beaucoup, parmi les lecteurs, ont cru que Yves le Querdec était un prêtre. Pour que tant d'ecclésiastiques aient cru reconnaître en lui un confrère, il faut bien qu'ils aient trouvé qu'il avait quelque connaissance de ce qui se passe dans les presbytères et les sacristies et par contre-coup aussi dans les évôchés.
PRÉPAGE XXI
Parmi les évêques mêmes, il y en a sans doute qui furent de cet avis pour que Tun d'entre eux et qui occupe un rang plus qu'ordinaire dans la hiérarchie ait écrit : « Comment avez-vous fait, Monsieur, pour entrer ainsi dans une soutane et acquérir cette connaissance parfaite des sujets qu'ignorent les laïques les plus instruits (1)? »
Si nous ne voulons pas ici remonter plus haut encore, c'est simplement par une réserve que la discrétion commande.
Il semble bien, à lire de telles appréciations que ni la qualité de laïque, ni l'ignorance des questions traitées n'aient paru constituer une présomption radicale d'incompétence aux yeux de l'autorité. Et, parmi les prêtres qui ont fait à l'auteur l'honneur de le lire en entier et qui ont bien voulu le comprendre, plus d'un a écrit ce qu'exprimait le rédacteur de la Semaine religietise de Belley (2) en ces termes bienveillants :
Et maintenant, que des écrivains, d'humeur quelque peu chagrine, blâment un laïque de s'être immiscé dans des questions qui n'étaient pas de
(i) 2 novembre 1896. Après la réception et la lecture do la première partie du Journal d'un évêque. On trouvera à V Appendice les nombreuses lettres de prêtres qui écrivirent au Monde dans l'enquête dont il est question plus haut. L'auteur conserve beaucoup de lettres d'évêques. La discrétion seule empêche de les publier.
(2) 27 février 1897, p. 144,