‹ Le journal d'un évêque, publiéChapitre 15 sur 37 · PRÉFACE XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXV

triompher de toutes ces difficultés. Et la conclusion toute naturelle quiressort de cette double exposition, c'est que Léon XIII a raison, que tout le monde a intérêt à l'écouter et à maintenir le statu quo. Loin donc d'être comme une prévision de l'échec final de la politique de Léon XIII, cette seconde partie du Journal n'a été écrite que pour fournir un argument en faveur de la sagesse de cette politique et par conséquent pour travailler à en assurer le succès. L'auteur espère fermement que c'est ce triomphe qui se réalisera, son livre n'est pas une prédiction conforme aux désirs ou des sectaires ou des réfractaires, mais au contraire un repoussoir destiné à détourner les esprits aussi bien des uns que des autres. C'est d'ailleurs tout à fait de cette façon que l'auteur avait présenté son dessein dans V Avertissement qui précédait la publication de cette seconde partie (1). Les réfractaires français l'ont si bien senti qu'ils se sont acharnés à soulever contre ses écrits et ses intentions tous ceux sur lesquels ils ont eu quelque influence. Rien ne prouve mieux combien ils l'ont senti fidèle à l'intime pensée du Saint-Père,

1) Revue du Clergé Français^ 15 novembre 1896. Plus loin, p. 1,

XXVT PRÉFACE

Venant maintenant aux objections, aux critiques de détail, nous trouvons d'abord celle qui fut faite dès le début par quelques bons gentilshommes, à savoir que « toute la nouveauté des actes du curé de Saint-Julien consiste à traiter les nobles comme les premiers venus, sinon comme les derniers, comme leurs fermiers et leurs domestiques, w Et Tévêque de Châteaurenard a mis le comble à une telle insolence en refusant d'aller loger au château pour se contenter de l'hospitalité plus modeste du presbytère. Partout, en effet, dans ces livres, prêtre et évêque se montrent préoccupés de bien montrer leur indépendance vis-à-vis des grandes fortunes et des familles titrées.

Sur quoi on les a accusés de mauvais esprit et d'ingratitude. Il suffisait cependant de lire avec quelque soin les Lettres (Tun Curé de Campagne pour voir que nul, plus que le curé de Saint- Julien, ne vénère l'aristocratie qui sait faire son devoir, c'est-à-dire qui sait réapprendre à servir pour reconquérir le droit de commander. On le voit assez par la façon dont il pousse le marquis de Saint-Julien à reconquérir parle service la popularité perdue par la morgue et la bouderie. Quant à ceux qui, réfrac tair es aux directions

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