PRÉFACE XXVII
romaines et semblables au comte de Beauregard, ne veulent paraître servir l'Eglise que pour s'en servir, on comprend très aisément que Je prêtre, que Tévêque travaillent à se passer d'eux et Tiême les combattent au besoin. Nul n'a le droit d'arguer des services antérieurs pour se dispenser ie servir et pour demander l'injustice. Proclamer cette doctrine, ce n'est pas prêcher la guerre des classes, c'est refuser de reconnaître la domination illégitime d'une classe, et, par conséquent prendre le meilleur moyen pour que la guerre n'ait pas lieu de se produire. Les gens qui mettent leurs aumônes ou leur concours pour l'Eglise au prix de la docilité de l'Eglise offrent des concours peu enviables, car ils demandent à l'Eglise de se mettre au service de leurs rancunes, de leurs passions ou de leur inintelligence du temps présent. En les perdant, l'Eglise ne perd pas des serviteurs, mais des prétendants à la domination.
Le prêtre doit être l'homme de tous et, pour être l'homme de tous, il doit se résigner à s'éloigner de ceux qui veulent se trier et se mettre à part, qui réclament le commandement sans vouloir donner le service. Ceux des nobles qui se sont mis à l'écart n'ont pas à se plaindre qu'on les y laisse puisqu'ils ont mis leur gloire à s'y mettre eux-mêmes.
De même que des gentilshommes, oubliant la
XXnn PRËFAGE
noble figure du marquis de Saint -Julien, se sont plaints d'être maltraités, des patrons ont réclamé contre les paroles prêtées dans le Curé de Canton au tisseur, M. Seilledret. « Est-il possible qu'un patron ait de si bas sentiments ? » dit l'un. <t Est-il utile de faire connaître l'existence de ces sentiments ? » dit un autre. Et Tonne peut que répondre que les Seilledret qui vont jusqu'à l'extrême bout de ce qu'ils croient être leur droit patronal sont malheureusement légion, et que, puisqu'ils existent, on a le droit incontestable de les représenter au vif. S'ils veulent qu'on supprime le tableau de leur égoïsme, qu'ils commencent par supprimer eux-mêmes cet égoïsme.
Mais nul ne s'est plaint qu'un maire en sabots eût été représenté en posture un peu ridicule, nul n'a réclamé en faveur des ouvriers dont l'auteur a peint la mauvaise conduite et l'alcoolisme. Ce qui revient à peu près à dire : Il convient de taire les vice des forts, mais il est bon de mettre en relief ceux des faibles. Le but de l'auteur, est- il besoin de le dire ? a été tout autre. Il blâme les faibles tout comme les forts ; mais, s'il a une pitié plus tendre, il la réserve surtout pour les faibles. Car ce sont eux les plus excusables.
La critique la plus importante est celle que le R. P. Burnîchon a faite dans les Études du système de discipline que l'auteur suppose établi