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rite catholique, en commençant par la paroisse rurale, puis par le canton pour venir après à Tarrondissement, au département, au pays entier, à l'aide de diverses associations, telles que le Tiers-Ordre Franciscain ou les Associations d'anciens élèves chrétiens. On s'est étonné que Tévêque de Châteaurenard ait voulu faire du Tiers-Ordre l'organe principal de la solidarité catholique. Quelqu'un a demandé pourquoi les Conférences de Saint- Vincent de Paul ne seraient pas aussi bien cet organe, et on s'est même quelque peu scandalisé de ce que quelques membres des Conférences étaient dépeints comme faisant grise mise au Tiers- Ordre. Or, par une inconséquence assez amusante, dans la lettre même qui énonçait ces amicales critiques et qui émanait d'un membre des Conférences, on pouvait lire des phrases analogues à celles-ci • « Pour être du Tiers-Ordre, il faut bien se mettre sous la direction des capucins. ' — Or, ne concevez-vous pas qu'il y ait des âmes à qui cette
direction répugne? Car les capucins peuvent
être des religieux très pieux, très zélés ils
n'en sont pas moins. «... des capucins. » Il semble [ue rien ne prouve mieux que Fauteur du Journal n'a calomnié personne en attribuant à d'honorables chrétiens quelques préjugés.
Ce qu'établit cette lettre c'est que le Tiers- Ordre est très peu connu même des meilleurs et
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qu'on aura peut-être de là peine à le faire accepter. Mais ici encore peu importe quel que soit le moyen par lequel pourra s'établir la solidarité catholique. L'essentiel est qu'elle s'établisse de façon quelconque. Un esprit très ouvert et très avisé, M. Cornély, reconnaissait récemment dans le Gaulois que, si les catholiques arrivaient à s'organiser comme le demande le Journal d'un Évêque, ils seraient incontestablement les maîtres de la situation intérieure. Soyons donc ou ne soyons pas tertiaires, cela au fond a peu d'importance; mais ce qui en a beaucoup, et qui est une question de vie ou de mort, c'est que, catholiques, nous soyons tous solidaires.
Et il en est de même pour tout ce dont il est question dans ces volumes. Quelle que soit la solution proposée, que l'auteur ne tient pas toujours nécessairement pour la meilleure, ainsi qu'il a été expliqué, mais pour la plus vraisemblable dans la position et avec le caractère de ses personnages, et alors même que vraiment il la croirait la meilleure, peu importe qu'on la critique, qu'on l'accepte ou qu'on la rejette. Le but prosélytique de ces ouvrages ne consiste pas à imposer des solutions, non pas même à en proposer, mais simplement à poser des questions. Par le fait même qu'on adoptait la forme du récit, il fallait bien, dès qu'une question était posée, la résoudre pratiquement, mais encore
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une fois, ce qui yaot qo*on y réfléchisse et qu*on s'y arrête, ce n*est pas la solution en elle-même, c'est la question. Et cela est si vrai, que parfois on s'est arrête à la solution qui pouvait, par son exagération même, frapper davantage. C'est une sorte d'hyperbole en action dont l'effet doit être le même que celui de Thyperbole dans le discours. Il fallait parfois étonner et même scandaliser pour qu'on s'aperçût qu'il y avait une question que la coutume tranquille empêchait de voir. De même, ainsi qu'il a été dit dans Y Avertissement mis en tête du second tirage de la première partie du Jaumalj il a fallu plus d'une fois grossir les traits des choses qui paraissaient devoir être réformées, jusqu'aux extrêmes limites du vraisemblable. Ce sont là autant de procédés littéraires qui n'impliquent pas plus la croyance à la réalité des choses que l'usage des tropes dans le discours.
Tout cela explique assez que, pour bien lire ces livres, il faut se libérer de Tesprit béotien. Ceux qui sont habitués à ne parler que par aphorismes et à ne penser que par dogmatiques sentences, ceux qui, accoutumés à régenter le monde tout de leur haut, s'imaginent que les autres veulent régenter comme eux, feront bien de s'abstenir. Ils ne comprendraient pas. Là où l'auteur a voulu simplement, le sourire aux
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lèvres, éveiller raltention et dire : Le coutumiei: est-il toujours le meilleur? ils croiront qu'il a voulu condamner entièrement la coutume. Là où l'auteur n'a voulu qu'insinuer qu'il y aurait peut-être quelque chose à modifier dans le langage et dans la pratique, ils penseront qu'il a voulu imposer une règle de conduite. Ce n'est pas ainsi qu'il faut lire. Il faut simplement suivre le récit, noter les idées nouvelles pour les examiner après tout à loisir, puis, le livre refermé, ne plus le rouvrir et surtout ne point songer à s'en faire un guide. C'est un esprit qu'on y a voulu mettre, un arôme qu'on y a voulu enfermer; qu'on s'imprègne seulement de cet arôme, qu'on se pénètre de cet esprit; l'auteur croit pouvoir les recommander, ils ne viennent pas de lui : c'est l'esprit de l'Évangile, c'est Tarome qui sort des plaies du Sauveur Jésus. Tout le reste qui est de l'auteur, les observations, les critiques, les questions, les solutions, cela n'a point de vaieur et peut être discuté, rejeté ou retenu selon les circonstances, les raisons et les volontés.
Et quant à ceux du dehors, chrétiens séparés ou libres penseurs, l'auteur a conscience de n'avoir pas diminué à leurs yeux l'idée que Ton doit se faire du sacerdoce catholique. Il a été vif en quelques critiques. On reconnaîtra, si l'on veut bien lire, que c'est en celles qui ton-
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chent à des choses extérieures ; sur des points plus intérieurs et plus délicats où il eût pu appuyer, où il aurait appuyé s'il se fût senti l'autorité que donne le sacerdoce, il s'est contenté de soulever les draperies d'une main légère, assez pour éveiller les attentions bienveillantes, pas assez pour donner un aliment aux malveillances. Il ne semble pas que sa tentative ait absolument échoué, il semble au contraire qu'il a fait prendre, à quelques-uns qui ne le connaissaient pas, une assez haute idée du vrai sacerdoce de Jésus-Christ.
Paris, le 8 mai 1897.
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