INTRODUCTION
Encore une voix bénie qui sort du tombeau pour protester contre le rôle bruyant et prétentieux que, de nos jours, quelques rêveurs ont réclamé pour la femme. Mais, qu'on ne s'y méprenne pas, Marie-Edmée n*est point de celles qui voudraient voir la femme ensevelie dans Tombre du foyer antique. Elle aussi aurait eu la légitime ambition de grandir et d'élargir son influence , mais en se bornant à accepter pour son sexe toute la part d'action que lui permet, disons mieux, que lui commande la charité chrétienne. Le journal qu'elle écrivait pour elle seule et que nous avons le rare bonheur de pouvoir offrir au public , au nom de la mère de cette admirable jeune fille, ainsi que l'appelle l'évêque d'Orléans, fera bien comprendre ce que, sans rien compromettre des délicates pudeurs de la femme, Marie-Edmée eût aspiré à être dans ce monde. Et c'est parce que sa parole et sa pensée n'ont pas cessé une seule fois d'être la pensée et la parole de la fille, de Tépouse, de la mère chrétienne, que madame Pau a permis que le lecteur fût admis à la confidence de cette vaillante créature qui, si elle eût vécu, eût été à la hauteur de toutes les positions, mais qui, dans toutes, fût restée une sincère