VI INTRODUCTION
enfant de TÉvangile, et qui, morte à vingt-cinq ans, avait déjà donné toute la mesure de son âme.
C'est cette âme, c'est ce caractère, c'est cet ensemble de rares aptitudes et des plus heureux dons de la nature , que met en vive lumière le journal qu'on va lire.
Le nom de Marie-Edmée Pau est resté attaché à cette vie de Jeanne d'Arc enfant, qui, sous ce titre : Histoire de notre petite sœur de Lorraine, œuvre d'art et de littérature à la fois, obtenait, l'année dernière, un si beau succès. L'Académie française le consacra par une de ses couronnes, laurier tardif, hélas! et qui ne put être remis, pour être déposé sur une tombe, qu'à la mère et au jeune frère de l'auteur.
Nous avons essayé de raconter ailleurs la vie de Marie- Edmée, et de montrer par quelle mort héroïque elle justifia les regrets qui éclatèrent à Nancy, et formèrent comme une légende nationale autour de sa douce mémoire. Plus tard, nous avons recherché et nous nous sommes efforcé de faire voir, par quelques fragments du Journal même de Marie- Edmée, comment était née dans cette âme si française cette passion pour Jeanne d'Arc, inspiration première de son livre, ou plutôt comment le génie même de Jeanne d'Arc s'était, dès l'enfance, communiqué peu à peu à cette autre Lorraine, en qui l'héroïque bergère semblait avoir reconnu, avec la parenté du sang, quelque chose de celle de l'âme.
Aujourd'hui c'est Marie Edmée qui va nous parler d'ellemême , et qui, avec la permission de sa mère, — vivante, elle ne faisait rien sans la demander, — nous laissera pénétrer dans les plus secrets replis de son cœur, de son intelligence et de son caractère.
La première ligne de son Journal est celle-ci : « J'ai quatorze ans aujourd'hui (le lo février iSSg). » Elle était