CZ
« Voici comment M. Drapeau a obtenu de moi la lettre dont il a si odieusement abusé :
« Le 16 novembre, M. Drapeau vint chez moi et me présenta des questions et des réponses préparées et écrites d’avance, me priant d'y apposer ma signature, et me laissant sous l'impression qu’il agissait de concert avec MM. les abbés Laverdière et Casgrain. Îl me priait de me hâter, vu que cet écrit devait être envoyé par le courrier de quatre heures au Montreal Herald. Je refusai de répondre dans les termes suggérés... RTE nel fatiste je lui accordai la lettre insérée dans ses «Obser vations.» Mais comme j'hésitais sur la date précise où M. Casgrain était venu chez moi, et que je voulais mettre le 8 ou le 9. M. Drapeau insista à me faire mettre le 6, disant que, comme il avait coramuniqué ce renseignement à M. Laverdière le 5, M. Casgrain avait du venir le lendemain. Sans me douter du piége, j'écrivis «le 6 ou le 7.» Persuadé comme je l'étais alors, que M. Drapeau agissait de concert avec MM. les abbés Laverdière et Casgrain, je laissai à ces messieurs le soin de corriger cette date, si elle n'était pas correcte. »
Malgré ce langage coloré de candeur et capable d’exciter quelque sympathie, on ne tarde pas à y découvrir bientôt, toutefois, les ressources et l'esprit de mes actifs contradicteurs, cachés sous la plume de M. O'Donnell, et qui veulent à tout prix se refaire dans l'opinion publique. Heureusement que la raison possède le noble privilége de contrebalancer ou de détruire l’action des forces destructives de ce genre, et que les lecteurs sauront bien discerner le vrai du faux, la lumière des ténèbres qui enveloppent le pays de mystère où se débattent si convulsivement mes adversaires.
Je dirai d’abord à M. O’Donnell que je ne vois pas en quoi j'aie pu abuser de son nom ou de sa lettre!
Je lui adresse une lettre ; il répond à mes questions, voilà tout; et ce, dans sa propre langue! avec la connaissance positive que sa lettre sera publiée dans les colonnes d'un journal, suivant qu'il en informe lui-même le public. Et c'est à la suite de cette connaissance qu'il ose aujourd’hui plaider ignorance sur la position que j'occupais alors vis-à-vis de MM. Laverdière et Casgrain! Il pousse mème la témérité jusqu’à dire qu'il croyait que j'agissais de concert avec ces messieurs !
Vraiment, il faut que M. O’Donnell soit, ou peu soucieux de son caractère, ou doué d'une pénétration d'esprit peu enviable !
M. O'Donnell dit avoir refusé de répondre dans les termes suggérés par moi. C'est possible. Mais alors, puisque vous avez préféré réfléchir et prendre tout le temps nécessaire pour rédiger cette lettre que vous m'avez adressée, sachant surtout que cette réponse devait être publiée, ne dites donc pas qu'elle vous a été escamotée, ainsi que le répètent après vous mes adversaires et le Journal de Québec! Vous le savez, c’est un mensonge !
Je ne comprends pas, non plus, comment il se fait que M. O'Donnell ait eu tant de peine «à retenir son indignation, » à propos de sa lettre publiée dans ma brochure du 20 décembre ! Il faut que «cette indignation» ait été indubitablement provoquée par d’autres causes. Je crois comprendre que c’est prosablement quelque remords qui lui sera subitement survenu, à propos des faits accomplis entre lui et mes opposants, et où il s’est mis si en contradiction avec luimême !
Quant à sa Rectification de la date positive de la première visite faite chez lui par M. Casgrain, cette affaire est rapportée d’une manière si excentrique par M. O’Donnell, que les lecteurs savent à quoi s'en tenir là-dessus, surtout après l’étonnant aveu qui suit:
He: je voulais mettre le 8 ou le 9, M. Drapeau insista à me faire mettre le 6, etc.»
Ah! c’est donc moi, encore une fois, qui vous ai escamoté cette date ?
Allons, tirons nos comptes ; car Je ne veux point que vous demeuriez un seul instant de plus sous le poids humiliant de cette diffamation que vous vous infligez si impitoyablement et comme par votre propre mouvement. Pourquoi étaler ainsi une défaillance si compromettante pour tout homme d’honneur et de caractère? Pourquoi vous flageller aussi docilement au simple regard de vos inspirateurs, qui, eux, vous laissent seul tirer les marrons du feu ?