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À. BLEU

CAUSERIE SUR LES ORCHIDÉES XXII. — Les Cochlioda Nôtzliana (‘) chez eux.

M. JEAN NôTzzi, le voyageur bien connu de nos lecteurs, de retour en Europe pour trois mois, étant venu passer quelque temps à L'HORTICULTURE INTERNATIONALE, nous avons profité de cette circonstance pour lui demander des notes sur ce qu’il a observé au cours de ses voyages, et particulièrement sur l’une des Orchidées qui font le plus de bruit en ce moment dans le monde des Orchidophiles, le Cochlioda Nôtz:liana.

Nous donnons ci-après ces notes, et nous avons le plaisir d’ajouter que M. NôTzzi a bien voulu nous promettre d'envoyer encore, dans la suite, quelques articles au Fournal des Orchidées.

Le Cochlioda Nôtzliana croît dans une partie de l’Amérique du Sud à peu près inexplorée encore, et dans laquelle il existe très peu d’autres Orchidées. Cette région se trouve à une altitude de neuf mille pieds environ au-dessus du niveau de la mer.

Il se rencontre d’ordinaire dans des forêts assez touffues, de telle sorte que l'air ne circule pas beaucoup entre les arbres et que le soleil ne pénètre guère jusqu'aux plantes. Toutefois le sol n’y est généralement pas humide, et l’air ne renferme que peu de vapeur d’eau.

Le Cochhoda Nôtz:liana ne se rencontre jamais en grandes masses. Lorsque je l’ai rencontré pour la première fois, c'était pendant une excursion que je faisais pour aller voir des ruines d’anciennes forteresses des siècles passés ; je ne pensais pas mettre cette promenade à profit pour collecter, et les indigènes ne m'avaient pas signalé cette superbe Orchidée, qui n'aurait pas

(1) Nous saisissons cette occasion pour rectifier une erreur qui s'était glissée dans le Yournal des Orchidées et avait été fréquemment reproduite. Le nom de M. NôTzLi doit s'écrire avec un « T » et c'est donc C. Nüfzliana et non Noezliana qu'il faut dire. Ur

manqué d'attirer leur attention si elle s’était trouvée en abondance. Lorsque je la découvris, je fus frappé d’admiration par la beauté de ses grappes de fleurs, aussi serrées que dans l’inflorescence des Jacinthes et d’un éclatant coloris vermillon. Chaque plante portait de quatre à sept grandes hampes, atteignant de trente à trente-cinq centimètres de longueur. Je m’empressai de recueillir ces trésors ; mais la récolte ne fut pas très fructueuse ; en cherchant toute la journée, je parvenais à peine à collecter de deux cent à trois cents plantes. Plus tard, dans une autre région, je les ai rencontrées en plus grande abondance ; c'était un peu plus loin, en redescendant dans une vallée très peu boisée.

Dans ces différents endroits, il existe très peu d’autres Orchidées ; çà et là, seulement, quelques Odontoglossum, Oncidium macranthum et quelques autres, mais en général de peu de valeur commerciale; ce sont surtout, comme on dit un peu dédaigneusement, des Orchidées botaniques. Il faut faire seulement une exception pour un Masdevallia à fleurs sombres, qui couvre littéralement de ses fleurs toutes les clairières et toutes les parties non boisées.

Le Cochlioda, en général, se trouve sur les arbres à une hauteur moyenne, mais non pas à la partie supérieure. Il croît presque toujours, de même que les Cattleya et la plupart des Orchidées épiphytes non traçantes, aux embranchements formés par les ramifications, et où se trouve amassé un peu de mousse, de terre et de débris végétaux; on le voit rarement sur les parties unies des branches, et cela s’explique facilement, selon moi, par le fait que les graines, quand le vent les emporte, ne restent naturellement fixées qu'aux endroits où quelque aspérité les arrête, et ne germent que là où elles trouvent l’abri, l’ombre, l’humidité et la nourriture nécessaires. Ce qui indique bien que les racines ont besoin de cette humidité et de cette nourriture, c’est qu’elles ne pendent pas au-dessous des plantes en longue chevelure, comme on voit dans les serres, mais forment une motte touffue dans la mousse, ou parfois s’enroulent aux branches, sans cependant s'étendre beaucoup. |

De même on comprendra aisément que les Orchidées ne croissent guère sur les arbres à écorce lisse, mais seulement sur les surfaces rugueuses. Je n’ai pas remarqué que les Cattleya, les Cochlioda ou d’autres genres paraissent rechercher spécialement une certaine essence, comme le disait dans ce journal M. BUNGEROTH; mais, au moins pour le motif dont je parlais plus haut, j'ai constaté que certains arbres ne portent jamais d’Orchidées sur leurs branches et Je citerai entre autres certains Aralia,

Il existe, même dans la région un peu sauvage dont je parle, des personnes qui possèdent des jardins assez bien entretenus, et qui y cultivent des Orchidées, particulièrement des Cattleya et des Cochlioda Nüt:liana. Ces personnes fixent les Orchidées aux branches des arbres, à peu de hauteur au-dessus du sol et elles n’ont plus guère à s’en occuper, sauf pour les arroser de temps en temps pendant l’été. Pour cette culture, elles ne choisissent pas une certaine espèce d'arbres, elles prennent ceux qui se trouvent dans leur jardin; et comme l’arbre-calebasse est très répandu dans ce pays, où les indigènes utilisent son fruit, c’est le plus souvent sur lui que l’on peut voir végéter les Orchidées. C’est une relation toute occasionnelle et je n’ai jamais constaté aucun fait permettant de penser que cet arbre soit plus propice qu’un autre à la culture des épiphytes. |

Les Indiens qui habitent cette localité ne sont nullement sauvages. Les Incas, qui y régnaient autrefois, se sont enfuis devant la civilisation conquérante ; la race actuelle est très mélangée, et de mœurs très douces. Ce sont, en général, des agriculteurs qui sèment leur maïs, plantent leur canne à sucre, dont ils font la chicha, élèvent des vaches dont ils utilisent le laitage, et des moutons dont ils emploient la laine.

Ils connaissent bien l'habitat des diverses Orchidées de leur pays, qu'ils rencontrent fréquemment en allant à la chasse; mais il est difficile d'obtenir d’eux des renseignements, à moins de les connaître personnellement, car ils sont d’une extrême défiance à l'égard des étrangers. En outre, ils n’ont aucune notion de nos désignations latines, et comme les noms indigènes varient d’un village à l’autre, le seul moyen de se faire comprendre d’eux est de leur montrer le dessin des plantes que l’on désire. Mais ils ne cherchent pas à les accaparer ni à en tirer profit, car ils n’y attachent aucune valeur. Ils emploient seulement les bulbes, à l’occasion, pour faire de la colle; ils se servent également quelquefois des bulbes de Cattleya, de Mormodes, de Catasetum et d’autres Orchidées de grande taille, qu’ils écrasent, en mélange avec de la chaux, pour blanchir la façade et l’intérieur des maisons.

La végétation, dans cette partie du Pérou, est d’une magnificence dont on ne peut se faire aucune idée dans nos climats. Les pluies y sont abondantes * pendant deux saisons de l’année, de janvier à la fin de mars et de la fin de septembre au commencement de novembre; elles atteignent alors une violence extraordinaire : le reste de l’année est à peu près sec. Toutefois, un peu plus loin, dans la vallée dont je parlais plus haut, le régime est différent. La saison

des pluies s'étend de février jusqu’en mai ou juin. Dans les régions des forêts vierges, il tombe de l’eau presque tous les jours de 2 heures du soir jusqu’à 3 ou 4 heures, même en été; les orages sont très fréquents et d’une violence extraordinaire.

Quant aux hivers, ils sont extrêmement humides; quand il m’arrivait de laisser mes chaussures, le soir, dans un coin de ma chambre, je les trouvais le lendemain matin couvertes de moisissure ; il en est de même des vêtements qu’on laisse renfermés dans des malles. Malgré cette humidité excessive, le climat n’est pas très mauvais. Il y règne un peu de fièvres, comme dans toutes ces régions; mais en prenant quelques précautions, les Européens s’y acclimatent sans peine.

La végétation suit les variations du temps. Elle est très active pendant la saison des pluies, et s’interrompt plus ou moins complètement dans'la saison sèche. Les Orchidées, et notamment le Cochlioda Nôüt:liana, fleurissent ordinairement deux fois par an.

Les fleurs du Cochlioda Nôl:liana, si remarquables par leur beauté, ont encore l’avantage de se conserver très longtemps. Je dois dire, à propos de ces fleurs, que la reproduction de la Lindenia, faite, il est vrai, d’après dès plantes d'importation, non établies, m’a paru beaucoup inférieure à la réalité. Les fleurs sont plus grandes, d’un coloris plus vif et plus chaud, et, ainsi que je le disais plus haut, elles sont plus serrées sur chaque grappe. Elles’'doivent, selon moi, prendre place à bref délai parmi les plus recherchées pour la fleur coupée et les collections d'amateurs. JEAN NôTzi.

LES STANHOPEA

Le genre Stanhopea est moins apprécié des amateurs qu’il ne devrait l'être, et nous croyons qu’il n’est pas assez connu, car il en est peu qui soient plus intéressants et plus attrayants dans leur bizarrerie.

Comme nombre, il est assez considérable, et comprend plus de 40 espèces, dont une quinzaine au moins méritent de figurer dans toutes les collections. Elles étaient d’ailleurs fort populaires il y a une trentaine d'années ; et si cette faveur à diminué depuis lors, ce n’est qu’à cause des brillantes découvertes que chaque jour amenait pendant cette période d’abondance.

Les Stanhopea sont en général de coloris élégant et de formes très décoratives. On ne peut leur faire qu’un reproche : c’est que leurs fleurs, comme celles des Gongora, de certains Mormodes et des Coryanthes, n’ont qu’une durée relativement courte. Encore est-elle supérieure à celle de la plupart des fleurs de nos climats. Quelques personnes leur reprochent aussi d’exhaler un parfum trop pénétrant, mais sur ce point les avis diffèrent beaucoup.

La structure des fleurs de Stanhopea est très curieuse, notamment par le développement remarquable du labelle, qui établit en quelque sorte la transition entre le genre Catasetum et le genre Coryanthes. Cet organe, de substance épaisse et charnue, est divisé en trois parties bien distinctes : l’épichile, ou partie antérieure, l’hypochile, ou partie la plus rapprochée de la base, généralement en forme de sac, et reliée à l’épichile par le mésochile, qui porte, comme dans les Coryanthes, une paire de cornes plus ou moins prononcées, situées en face de la colonne, et dont la présence a évidemment une utilité dans la fécondation des fleurs par les insectes.

Les principales espèces et les plus connues sont les suivantes :

S. oculata, espèce mexicaine, très florifère et très gracieuse. Les sépales sont d’un jaune pâle, tachetés de cramoisi plus ou moins vif, très amples; les pétales, de la même couleur, sont étroits et longs. Le labelle blanc porte des deux côtés de la base deux taches pourpre noirâtre analogues à deux yeux (ce qui explique l’origine du nom spécifique), sur un fond jaune vif, tandis que l’épichile est blanc tacheté de rouge. (Voir Lindema, pl. 256).

S. tigrina, la plus célèbre et la plus splendide espèce du genre. Elle est, ainsi que la plupart des autres, assez variable comme coloris et comme grandeur. Les sépales sont en général d’un jaune crème avec de larges macules d’un rouge vif larges de cinq centimètres environ; les pétales, plus étroits, sont tigrés de la même façon. La colonne, ainsi que le labelle, est jaune crème tacheté de rouge. Les fleurs apparaissent en automne. Provient du Mexique, ainsi que le précédent. (Voir Lindenia, pl. 51.)

S. eburnea. D'un blanc d'ivoire, comme l'indique le nom, avec le labelle rouge sombre. Se rencontre dans la Guyane. |

S. grandiflora. Très belle espèce à grandes fleurs blanches, légèrement tachetées de cramoisi, surtout à la base et au milieu du labelle. Introduit en 1827 de l’île de la Trinité, il fut tout d’abord décrit sous le nom de Ceratochlus grandiflorus, de même que le S. oculata fut publié dans le Botanical Cabinet sous le nom de Ceratochilus oculaius (Ceratochilus signifiant labelle cornu, ce

nom était beaucoup plus caractéristique que celui qui a été conservé, et qui est dérivé de celui du Comte STANHOPE). |

S. insignis. Quoique découverte deux ans seulement après la précédente, cette espèce a servi à Sir WILLIAM Hooker à fonder le genre, en 1829. Elle est fort belle, d’un blanc crême ou jaune pâle, tachetée de pourpre, avec le labelle coloré de même, sauf l’hypochile qui est teinté de pourpre foncé. Fleurit en automne. Originaire du Brésil. — S. Wardi. Gracieuse espèce qui donne une longue grappe de fleurs d’un beau jaune d’or tacheté de pourpre, avec le labelle plus pâle portant deux larges macules pourpres près de la base; les cornes sont également tachetées de rouge. Il provient du Vénézuéla. — S. Bucephalus. La fleur est d’un jaune éclatant, avec quelques taches couleur sang, assez espacées entre elles. Originaire de l’Équateur. — S. Devoniensis. Segments

d’un jaune crême, couverts d’une foule de taches rouge pourpré foncé; labelle

blanc crème, tacheté de pourpre. IL se rapproche quelque peu du S. #igrina. Provient du Pérou.— S. g1bbosa. Fleurs très grandes, dans le genre du S. Wardi, d’un beau jaune, barré et maculé de pourpre. — S. Martiana. L’une des plus splendides espèces du genre. Sépales jaune paille, tachetés de rouge brun; pétales plus petits, blancs, maculés de la même nuance, avec une large tache

cramoisie à la base; labelle blanc; colonne pubescente pointillée de rouge.

Provient du Mexique.

Toutes ces espèces produisent leurs fleurs sur une tige pendante qui descend verticalement au-dessous de la plante; aussi est-il nécessaire de les cultiver dans des paniers de bois, et de laisser entre les baguettes du fond assez d'espace pour livrer passage à la tige florale.

Au point de vue de la culture, les Stanhopea ne se différencient pas de la plupart des Orchidées épiphytes. Ils réussissent bien dans la serre tempérée, avec beaucoup d’humidité atmosphérique; peut être deux ou trois espèces, S. grandiflora, S. eburnea, réclament-elles une température un peu plus haute;

la partie la plus chaude, la moins aérée de la même serre leur conviendra

parfaitement. Leur compost est à peu près le même que celui des Cattleya, Laelia, etc.; peu de sphagnum, et de la terre fibreuse principalement, avec un bon drainage. Les Stanhopea devront être cultivés en paniers.

Ces Orchidées sont fréquemment envahis par les thrips et autres insectes, qu’il faudra combattre activement au moyen des côtes de tabac.

Baron DE MEYLHAND.

15 AOUT 18g1I 173

ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉLÉMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES

(Suite, voir page 141) (1).

GENRE SELENIPEDIUM. — Énonçons d’abord la diagnose du genre :

Caractères de la fleur comme dans les Cypripedium, sauf que le double pétale inférieur est plus large que le supérieur: les pétales, barbus à la base, s’allongent souvent pour former de longues queues pendantes. Ovaire triloculaire, à placentation axile. Capsule triloculaire, allongée. — Herbes terrestres, à rhizome souvent court. Tige dressée, à feuilles allongées. Pédoncule terminal, allongé, simple ou rameux, portant plusieurs fleurs grandes ou médiocres, munies de grandes bractées.

On connaît dix à douze espèces de ce genre. L’une d’elles, le S. nn. . été trouvée dans les Montagnes des Orgues, près de Rio de Janeiro; les S. Klotzschianum, S. Lindleyanum et S. palmafolium croissent dans la Guyane anglaise ; les autres sont disséminées dans les Cordillères de l'Amérique méridionale, depuis la Bolivie jusque dans l’état de Costa-Rica et se rencontrent à une altitude variant entre mille et deux mille mètres.

Ces espèces ont été réparties en deux groupes :

Sect. 1. CORIACEAE. — Feuilles coriaces, rassemblées à la base de Ia tige. Grappe lâche, souvent rameuse, portant de grandes fleurs munies de bractées engaînantes.

Sect. 2. FOLIACEAE. — Feuilles membraneuses, étroites, MtèrRes le long de

la tige. Fleurs médiocres ou petites, en grappe assez dense, munies de bractées ovales et étalées.

(zx) Dans notre article précédent, à la page 144, entre les sections 2 et 4, ligne 16, il est nécessaire d’intercaler le petit paragraphe suivant qui a été sauté à l'impression :

Sect. 3. DIPHYLLA. — Sépales pairs soudés. Tige annuelle, portant seulement deux feuilles opposées et membraneuses.

Cette seconde section ne renferme que les S. palmifolium et S. Chica; toutes les autres espèces rentrent dans la première section.

L'étrange S. caudatum a des pétales pendants qui atteignent parfois jusqu’à septante-cinq centimètres de longueur. C’est à cette espèce que plusieurs auteurs rapportent aujourd’hui, comme variété anormale ou monstruosité, l’'Uropedium Lindeni, qui est remarquable par son labelle non renflé en sabot, mais prolongé en longue queue, comme les pétales ; de plus, il a trois étamines fertiles, au lieu de n’en avoir que deux. Il se peut que le genre Uropedium ne soit qu’une monstruosité, et des observations publiées récemment dans le Gardeners’ Chronicle (n° du 2 juin dernier) semblent bien confirmer cette manière de voir; néanmoins il est remarquable que cette monstruosité se propage déjà depuis longtemps sans subir d’altération nouvelle; et de plus qu’on ne l’ait jamais rencontrée en compagnie du type supposé, le S. caudatum, mais qu’elle s’observe précisément dans une région où ce dernier ne croît pas.

H1ISTORIQUE. — Le genre Cypripedium a été fondé en 1737 par LINNÉ, le grand botaniste suédois, qui tira son nom des deux mots grecs kupris (un des noms de Vénus) et podion (pantouñle), allusion à la forme particulière du labelle. L’espèce-qui, à elle seule, constituait alors le genre, le C. Calceolus, avait été nommée par ToURNEFORT, environ quarante années auparavant, et même déjà au XVI° siècle par LoBEL, Calceolus Mariae (Petit soulier de Marie); quelques auteurs modernes ont essayé de faire revivre ce nom primitif de Calceolus, mais ils n’ont obtenu aucun succès.

Au commencement de ce siècle, le botaniste américain RAFINESQUE a eu la fantaisie de remplacer le nom admis généralement, par le terme Criosanthes ; mais 1l n’a réussi qu’à créer un synonyme absolument inutile.

En 1833, BECK, dans une Flore du nord et du centre des États-Unis, a proposé de séparer des autres Cypripedium le C. arictinum, pour en former le genre Arietinum. Ce nouveau genre n’a pas été admis ; mais du moins le nom est resté pour désigner une section des Cypripedium que nous avons décrite plus haut.

La création du genre Selenipedium par REICHENBACH, dans la première livraison de son Xenia Orchidacea, publiée en 1854, a été plus heureuse, comme nous l'avons montré précédemment; ce nouveau genre est généralement admis, du moins par les botanistes.

En 1864, M. ASCHERSON, professeur à l’université de Berlin, trouvant qu’au point de vue de l’étymologie, le nom de Cypripedium n'est pas suffisamment

correct, l’a changé en Cypripedilum (Flora der Provin: Brandenburg, p. 700). IL était à prévoir que cette modification ne recevrait pas l'approbation générale et n'aurait pour conséquence que de compliquer davantage la terminologie.

Cependant M. PFITZER, professeur à l’université d'Heidelberg, a non-seulement adopté le terme nouveau créé par M. ASCHERSON, mais il a encore transformé d’une manière analogue Selenipedium en Selenipedilum (Morphologische Studien ueber die Orchideenblüthe, p. 11. — 1886) et Uropedium en Uropedilum (Entwurf einer natürlichen Anordnung der Orchidcen, p. 11. — 1887). En outre, dans le premier des ouvrages que nous venons de citer (1886), il a établi le nouveau genre Paphiopedilum, comprenant la section Coriacea des Cypripedium et la section Corraceae des Selenipedium. Le genre Cypripedium, ainsi modifié, ne comprend plus que les espèces des régions tempérées, et le genre Selenipedium est réduit aux deux espèces de la section Foliosue.

Le caractère principal des Paphiopedilum est d’avoir les jeunes feuilles pliées longitudinalement dans le bourgeon, celles de droite et celles de gauche s’embrassant alternativement, au lieu d’être enroulées en cornet autour l’une de l’autre, comme dans les deux autres genres.

Dans la livraison 22 du grand ouvrage d'ENGLER et PRANTL (Die natirlichen Pflanzenfamalien, 1888), M. PrIrZER a divisé son genre Paphiopedilum en deux sections : la première, Genuina, comprenant les espèces d’Asie et de

Malaisie à inflorescence uniflore et à pétales courts; la seconde, Caudata, formée des espèces américaines et de celles d’Asie à inflorescence pluriflore et à pétales allongés.

Pour résumer tout ce qui précède, nous voyons que les deux genres admis généralement ont les synonymes suivants :

1° Le Cypripedium de LiNNÉ est le Calceolus de LoBEL et de TOURNEFORT, le Criosanthes de RAFINESQUE, l'Arietinum de BECK, le Cypripedilum d’ASCHERSON et il comprend aussi une notable portion du Paphiopedilum de PFITZER.

2° Le Selenipedium de ReIcHENBACH est le Selenipedilum de PFITZER, auquel il faut ajouter une partie du Paphiopedilum du même auteur; peut-être faut-il aussi y adjoindre l’Uropedium de LiNDLEY (Uropedilum de PFITZER).

BigLiocrAPHIE. — On écrirait bien des pages si l’on voulait faire le relevé de tous les articles que les journaux horticoles, et particulièrement ceux qui traitent uniquement des Orchidées, ont publiés sur les Cypripedium. Ces mêmes revues en ont aussi figuré un nombre considérable : la Lindenia seule, dans ses

six premiers volumes, leur a consacré quarante planches ! (*) Plusieurs ouvrages spéciaux s'occupent même exclusivement de ce groupe : notre compatriote M. F. DesBois, a publié à Gand, en 1888, une Monographie des Cypripedium, Selenipedium et Uropedium, intéressant petit volume écrit surtout au point de vue pratique; MM. VerrcxH de Londres, ont consacré aux Cypripedium la quatrième partie, publiée en 1889, de leur savant Manual of Orchidaceous Plants (°); MM. Goperroy-LEBEUF et N.-E. BROWN ont commencé, aussi en 1889, la publication d’un splendide recueil illustré intitulé Les Cypripédées ; enfin ce journal même signalait récemment (voir plus haut, p. 119) Les Cypri-

pedium et genres affines, par M. A. Puccr, de Florence. A. COGNIAUX.

(Sera continué.)

CATTLEYA BRYMERIANA. — Cet hybride, dont l’apparition remonte à plusieurs années déjà, est bien connu des amateurs belges et notamment des lecteurs de la Lindenia, où il était annoncé il y a près de trois ans, époque à laquelle il avait fleuri dans les serres de L'HORTICULTURE INTERNATIONALE. Les visiteurs de cet étiäblissement ont pu l’y voir en fleurs dès 1887 (et non en 1877 comme l'imprime par erreur l’excellent journal, cité ci-dessous, en rectifiant sa première note) en même temps que le Catileya Randiana, forme assez voisine de celui-ci, mais bien supérieure. Nous sommes donc assez surpris de voir le correspondant belge d’un grand journal anglais ordinairement mieux renseigné pour les autres pays, annoncer que le Cattleya Brymeriana vient de fleurir ailleurs pour la première fois en Belgique, et nous croyons utile de rétablir les faits exacts.

Il n’est peut être pas inutile d'ajouter pour ceux qui établiraient leur opinion sur le C. Brymeriana, par l’exemplaire médiocre exposé à Boitsfort, le mois dernier, que cet hybride naturel est généralement beaucoup plus coloré.

(1) M. PUCCr, dans l'ouvrage mentionné plus loin, cite environ quatre cents planches représentant des Cypripedium. ÿ

2, Nous avons constaté, dans cet important ouvrage, des lacunes d’autant plus regrettables qu’elles semblent voulues ; ainsi, aucune des nombreuses et belles planches de la Lindenia représentant des Cypripedium n’y est citée, alors que d’autres figures, de valeur beaucoup moindre, sont relevées soigneusement ; nous croyons que, dans les sept parties publiées jusqu'ici, le nom de la Lindenia ne se rencontre qu'une

seule fois, La science devrait toujours étre absolument impartiale, A. C.

érdie : :

LES CYPRIPÉDIÉES ()

Le plébiscite que le Fournal des Orchidées a eu l'excellente idée d'organiser nous a démontré une fois de plus que les Cypripédiées n’ont pas encore été détrônées dans la faveur du public. Nous voyons en effet que celles qui avaient obtenu le plus grand nombre de suffrages ont aussi été les plus recherchées par les amateurs débutants, ainsi que par ceux qui n’avaient pas encore la bonne fortune de les posséder. Si l’année qui vient de s’écouler depuis la publication de notre deuxième liste d’addenda n’a pas été féconde en introductions d'espèces nouvelles, elle a été signalée au moins par l'obtention d’une série d’excellents hybrides, qui auront leur place marquée dans toutes les collections de choix.

En attendant la révision et la publication d’un nouveau travail sur ce beau genre d’Orchidées, nous nous contenterons de donner la liste de ces nouveaux gains.

N. B. — Comme précédemment dans la Lindenia, nous avons fait précéder d’un astérisque les Cypripèdes appartenant au groupe des Selenipedium et de deux les espèces à feuillage caduc et annuel.

Cypripedium Alcides, hybr. Cypripedium Bragaianum, hybr. * C. insigne x C. hirsutissimum. C. hirsutissimum X C. Boxalli. C. Alfred, hybr. . *C. Browni, hybr.

C. laevigatum x C. venustum. C. magnificum x C. leucorrhodum. C. Alice, hybr. *C. Bungerothi. Amérique du Sud. C. Spicerianum x C. Stonei. C. Castleanum, hybr. C. Antigone, hybr. C. hirsutissimum X C. superbiens. C. niveum x C. Lawrenceanum. *C, caudatum var. Lunti. C. Arnoldianum, hybr. C. Celia, hybr.

C. concolor x C. Veitchianum. C. tonsum X C. Spicerianum. C. Aylingi, hybr. C. Ceres, hybr.

C. niveum X C. ciliolare. - C. Spicerianum % C. hirsutissimum. C. Astraea, hybr. *C. Cleola, hybr.

C. laevigatum x C. Spicerianum. C-Boïissierianum X C. Schlimi album. C. Berenice, hybr. C. Constance, hybr.

€. Roëbeleni X C. Lowi, C. Curtisi x C. Stonei.

(x) La Lindenia avait publié régulièrement chaque année, depuis trois ans, sous la même signature, une liste des nouvelles espèces, variétés ou des nouveaux hybrides de Cypripedium, ayant fait leur apparition dans les cultures. Cette liste nous paraissant devoir trouver mieux sa place dans le Yournal des

Orchidées, nous la continuerons ici à l'avenir, L. L.

nn,

178 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES *Cypripedium Coppinianum, hybr. Cypripedium Mawoodi, hybr. C. Sedeni X C. conchiferum. C. niveum X C. Harrisianum. C. Creon, hybr. C. Maynardi, hybr.

C. Harrisianum superbum X C. C. purpuratum X C. SPICENEREne oenanthum superbum. C. Muriel Hollington, hybr. C. Dauthieri var. Poggio-Gherardo. C. niveum X C. ? C. Desboisianum, hybr. C. Orpheus, hybr.

C, venustum X C. Boxalli atratum. C. venustum X C. callosum. C. Doris, hybr. C. Osbornei, hybr.

C. venustum X C. Stonei. C. Harrisianum Sedo x C. Spi- C. Eismannianum, hybr. cerianum.

C. Boxalli x C. Harrisianum. *C, Pallas, hybr. C. Elinor, hybr. C. calophyllum X C. callosum. C. superbiens X C. selligerum majus. *C. passerinum de Richardson. C. Engelhardtae, hybr. C. Pollettianum, hybr. C. insigne Maulei X C. Spicerianum. -C. calophyllum x C. oenanthum. C. Eyermannianum, hybr. C. prestans, var. Kimballianum. C. Spicerianum X C. barbatum gran- C. radiosum superbum, hybr. diflorum. C. Spicerianum X C. villosum.

C. Frederico-nobile, hybr. C. Rajah. Indes orientales. C. Boxalli x C. Morganiae. C. Rowallianum, hybr. C. Gaskellianum, hybr. C. villosum x C. venustum. C. Spicerianum x C. vexillarium. C. Schlesingerianum, hybr. C. H. Ballantine, hybr. C. Boxalli X C. insigne. C. purpuratum x C. Fairieanum. C. Van Molianum, hybr. C. insigne var. coloratum. C. callosum X C. concolor Regnieri. E » var. longisepalum. C. Vipani, hybr.

C. » var. Macfarlanei. C. laevigatum X C. niveum. C. » var. montanum. *C. Weiïdlichianum, hybr. C. Juno, hybr. C. Hartwegi x C. Schlimi.

C. callosum x C. Fairieanum. C. Youngianum, hybr. C. Kramerianum, hybr. C. superbiens X C. Roebeleni. C. oenanthum X C. villosum.

*C. magniflorum, var. de C. longifolium. OTro BALLIr.

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