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minyana, L. Staiteriana, L. Goldieana, L. anceps Amesiana, L. Dawsoniana alba, L. Philbrichiana, etc.

La collection de Cypripedium de M. Srarrer est des plus complètes, et comprend un grand nombre de nouveautés toutes récentes ; je citerai seulement, parmi les plantes les plus remarquables, les C. Measuresianum, C. Tautzianum lepidum, C. Lathanaanum, C. Godseffianum, C. Morganae, C. Boisserianum, C. Masereelianum, C. Sanderianum, C. purpuratum, C. tesselatum porphyreum, C. politum, C. Charles Canham, C. cardinale, C. Wallisi, C. Stone: platytaenium, le triomphateur du plébiscite du Fournl des Orchidées, C. Argus Moensi, C. laevigatum, C. naevium, C. Rothschildianum, etc.

M. R. JonansoN, le chef des cultures de M. STATTER, a publié l’année dernière dans le Yournal des Orchidées un article relatif à la culture des Dendrobium. Ce genre est très brillamment représenté dans la collection dont il a la charge, et la beauté, la prospérité des plantes qu’elle renferme fournit à cet article le meilleur commentaire.

Il serait difficile d’égaler la magnifique série d'espèces et de variétés qu’on admire à Stand Hall, Dendrobium Falconeri giganteum, D. Boxalh, D. crassinode album, D. Bachkhouseanum, D. nobile Cooksom, une variété de premier ordre comme coloris, D. nobile nobilius, D. Goldiei, D. album, D. Sanderianum, D. giganteum, D. polyphlebium, D. Leechianum, D. Ainsworthi roseum, D. Griffithianum, D. Dearei, D. Dominyanum, D. Schrüderae, D. Phalanopsis Staiterianum, et le nouvel hybride qui vient d'obtenir un vif succès à l’un des derniers meeting de Londres, et qui sera figuré prochainement dans la Lindenia, le D. Statterianum, considéré comme provenant du D. crystallinum et du D. Bensoniae, et qui tient à peu près le milieu entre ces deux espèces.

Enfin la serre des Vanda, d’une longueur remarquable, renferme une magnifique série de ces plantes, parmi lesquelles de beaux Vanda Kimballiana et V. Amesiana, en fleurs actuellement, VW. Hookeriana, V. Sanderiana, et de beaux spécimens de Cymbidium et de Coelogyne.

Dans son ensemble, comme je l’ai dit plus haut, la collection de M. STATTER est une de celles qui font le plus d'honneur à l’Angleterre; on m'a assuré que son chef d’Orchidées n’était pas très ancien, et ne s’occupait de cette famille que depuis une dizaine d’années: il a mis remarquablement à profit ce laps de temps, s’il en est ainsi, car les serres qu’il a sous sa direction sont au nombre des plus beaux modèles de culture que l’on pourrait citer à un étranger visitant l'Angleterre. | L. L.

PES FEUIDEES UACHES

Les voyageurs qui ont, comme moi, fréquemment l’occasion d'examiner les collections de nombreux amateurs et de passer en revue, en quelque sorte, les divers systèmes de culture, sont mieux à même que toute autre personne de signaler les mauvais procédés employés et de constater quels sont ceux qui donnent les meilleurs résultats. Ils se rendent compte, dans leurs excursions, des questions qui précecupent le plus la majorité des cultivateurs d’Orchidées, des erreurs les plus répandues, et se trouvent, par suite, en parfaite situation pour corriger ces erreurs, pourvu que ces voyageurs soient en même temps des chefs de culture compétents, point indispensable, mais qui n’est pas toujours suffisamment observé.

Les comparaisons de ce genre sont extrêmement utiles; les amateurs pourraient les faire eux-mêmes bien souvent, et ne manqueraient pas d’en retirer un

grand profit, pourvu qu'ils fissent ces visites en mettant de côté tout amour-.

propre, et avec la résolution arrêtée d'observer tout ce qui diffère de leurs procédés, d'examiner si c’est meilleur ou moins bon, de noter enfin toutes les améliorations possibles et de s’efforcer de les réaliser dans leurs cultures.

L'un des points qui causent aux amateurs le plus d’embarras et de soucis, c’est l’apparition de taches noires qu’on observe assez fréquemment sur les feuilles de certaines Orchidées, et surtout des Maxillaria, Pilumna, Trichopilia, Masdevallia, Anguloa, ainsi que de quelques Cattleya, notamment le C. Eldorado. Ces taches ne paraissent pas nuire beaucoup à la santé des plantes atteintes, mais elles les déparent considérablement. Les feuilles couvertes de ces points noirs, qui quelquefois finissent par atteindre une grande surface, ont un aspect malpropre et maladif qui enlève à une collection une grande part de sa beauté.

Beaucoup d'amateurs se trouvent fort embarrassés pour remédier à cet inconvénient, dont la cause est évidemment extérieure ; il est cependant assez facile de l’éviter, et nous allons indiquer comment. Il suffit d'adopter une certaine méthode dans les arrosages et seringages, et de veiller attentivement à l’accomplissement des soins de propreté.

Tout d’abord, on remarquera que ces taches n'apparaissent pas dans les

“éacibes Labbe 4 mme ee à à. d

édit . à

serres chaudes ; ce n’est guère que dans les serres froides et en quantité moindre dans les tempérées. Si parfois on en rencontre cependant sur des plantes cultivées en serre chaude, il sera facile de constater qu’elles proviennent d’une des causes suivantes : ou bien deux feuilles voisines se sont collées l’une contre l’autre, et l’eau a séjourné au point de contact, ou bien les plantes sont restées trop longtemps sans être lavées, ou bien elles n’ont pas eu assez de lumière ou assez d’air.

Ces remarques mettent aisément sur la voie celui qui cherche l’origine de ces taches, et il ne tarde pas à découvrir qu’elles proviennent uniquement d’un excès d'humidité séjournant sur les feuilles. En examinant les plantes soigneusement tous les jours et même deux fois par jour, on peut en suivre la formation : quelques gouttes d’eau tombent sur une feuille, par une cause quelconque ; soit que le soleil ou l’air manque à ce moment, elles ne sèchent pas rapidement. Au bout de quelques heures, le lendemain matin, par exemple, l’eau disparaît, mais il reste une trace de sa présence, une espèce d'ombre légèrement teintée de gris. Cette ombre se fonce de plus en plus, prend corps avec l’épiderme de la feuille, et devient enfin une tache noire, ayant l’apparence d’une sorte de boursouflure très peu proéminente.

Les taches sont surtout nombreuses à la pointe des feuilles ; cela tient à ce que l’eau s’y accumule le plus souvent.

L’eau, me dira-t-on, ne suffit pas à former ces plaies qui rongent le tissu végétal ; il est certain que cette décomposition doit-être causée par quelque insecte microscopique qui se fixe en cet endroit, s’y nourrit de la substance de la feuille, s’y reproduit et cause des dégâts de plus en plus considérables. Mais ces insectes, soit que les endroits humides leur conviennent particulièrement, soit que l’eau serve simplement à les arrêter dans leur course vagabonde et à les coller en quelque sorte à une certaine place, ces insectes ne s’attaquent visiblement qu'aux parties où des gouttes d’eau ont séjourné pendant quelque temps. On en fera aisément l’expérience.

Le remède, cela étant, n’est pas difficile à trouver. Il consiste à seringuer, très peu les Orchidées sujettes aux attaques de ces insectes, surtout celles dont les pousses et Les feuilles sont naturellement humides et comme légèrement collantes. Si l’on croit devoir les seringuer, ne le faire que par un beau temps et pendant les premières heures de la journée, afin que les gouttes d’eau puissent bien sécher sur les feuilles.

Une ventilation abondante facilitera cette évaporation. Ainsi l’on constate

facilement que les plantes placées auprès des ventilateurs n’ont presque jamais de taches, ou en ont bien moins que celles qui sont dans les autres parties de la même serre. Je me rappelle avoir fait un jour une observation analogue avec un cultivateur encore novice, à qui j'expliquais ce qui précède, et qui me montra tout à coup un certain nombre de plantes, au milieu de la serre, restées complèternent indemnes; en cherchant à expliquer ce fait par les conditions dans lesquelles étaient placées ces plantes, je finis par découvrir qu'il y avait dans le vitrage un carreau cassé Justement derrière elles.

Ce qui prouve bien que l’air et le soleil, en séchant l’eau, empêchent la production de taches, c’est que les feuilles sont toujours attaquées aux parties que le soleil n’atteint pas, ou autour desquelles l’air ne circule pas assez. Ainsi les taches sont presque toujours à la page inférieure, lorsque la feuille s'étale horizontalement, tandis que quand elle était encore repliée, c'était l’intérieur qui était atteint. De même, lorsque les feuilles d’un Odontoglossum Alexandrae se roulent, comme il arrive assez fréquemment, l’eau séjourne à l’intérieur (non pas l’eau des seringages en général, mais plutôt l'humidité de l’atmosphère condensée dans ces parties), et l’on ne tarde pas à voir s’y former les mêmes taches, ou même des nids d’insectes.

La conclusion est donc tout indiquée : seringuer très prudemment les Orchidées énumérées plus haut, ne le faire que le matin, seulement quand le temps est clair et que le soleil est suffisamment chaud; aérer la serre abondamment après les seringages, et s'assurer, en un mot, que les gouttes d’eau seront sèches avant la nuit.

D'autre part, même sans seringages, l’excès d'humidité renfermée dans l'atmosphère d’une serre froide suffit à faire des taches, parce que l’eau se condense sur les feuilles. Il faut donc aérer souvent, maintenir une circulation d’air constante, et éviter de créer une atmosphère étouffée, qui convient bien aux espèces tropicales, mais non pas aux espèces de serre froide.

Enfin, il est utile de laver de temps en temps les feuilles des Orchidées les plus délicates et les plus sujettes à se tacher. Cela permet bien souvent d’arrêter

le mal à sa naissance.

JULES van Mo.

Supplément au JOURNAL DES ORCHIDÉES du 1* octobre 1891

MES ADDLEYA. LABIATA AUTUMNALIS, ET CATTLEYA WAROCQUEANA

La réapparition dans les cultures de l’ancien Cattleya labiata autumnalis, dont le Cattleya Warocqueana constitue véritablement un synonyme, a donné lieu ces jours-ci à une longue polémique dans les journaux anglais. En raison de l’importance considérable de cette question, qui intéresse au plus haut point les orchidophiles, je crois utile de porter à la connaissance des lecteurs du Journal des Orchidées la lettre que je viens d'adresser à M. MASTERS, directeur du Gardeners Chronicle. Toutefois je l’insère à titre de supplément, afin de ne pas priver mes abonnés de la partie spécialement pratique de ce journal. La question de nationalité paraissant jouer un rôle inattendu dans cette manière de pure équité, il m’a paru indispensable qu’une voix s’élevât sur le continent pour rétablir les faits dans leur exactitude.

Bruxelles, le 26 septembre 1891.

MoN cHER MONSIEUR MASTERS,

Les débats ouverts au sujet du Cattleya labiata vera me donnent, je pense, quelque droit à faire entendre ma voix au chapître, et J'espère que vous voudrez bien me juger qualifié pour apporter, comme MM. SANDER et ROLFE,

Le)

quelques documents de nature à compléter l’histoire de la réintroduction du C. labiata autumnalis, auquel je maïntiens le synonyme de C. Warocqueana.

Mon père, à qui la botanique et l’horticulture doivent, comme vous le savez, la découverte ou l'introduction pour la première fois en Europe de presque tous les beaux Cattleya connus, entre autres les C. Trianae, gigas, auvea, Rex, Mendeli, Chocoensis, etc., qui ont produit ensuite tant de variétés et de noms différents, savait depuis longtemps qu’une province du Brésil renfermait en abondance une espèce de Cattleya très remarquable. Au mois de décembre 1889, nous envoyâmes dans cette province notre collecteur, M. BUNGEROTH, avec mission de nous envoyer quelques mille exemplaires de cette plante.

Une première introduction arriva en bon état au mois d’avril 1890. Dans une des caisses qui composaient cet envoi, une douzaine de plantes étaient en fleurs, et leurs fleurs étaient naturellement fanées et fripées par le voyage; mais toutes les autres ne portaient que des spathes complètement désséchées, et comme on peut le penser, il était difficile de juger d’après leur état si elles avaient fleuri quatre ou cinq mois, ou une année auparavant. Celles que nous avons reçues en fleurs ont été mises à part dans nos serres; mais «elles n’ont pas fleuri de nouveau depuis lors; elles étaient différentes de celles qui ont fleuri dans la suite.

Je ne parlerai donc que des plantes qui fleurirent à partir du mois d’octobre.

Nous introduisimes cependant un nouvel envoi important. D'autre part, les plantes s’établissaient, et dès la première grande floraison, en octobre-novembre 1890, nous reconnûmes que nous nous trouvions en présence du C. labiata autumnalis. Au meeting de L’ORCHIDÉENNE tenu le 9 novembre, M. A. VAN ImscHoor, de Gand, et M. le comte DE BOUSIES avaient exposé le vieux type de cette espèce; le jury entier de L'ORCHIDÉENNE, composé de MM. JAMES O’BRIEN, J. LINDEN, comte DE Bousies, F. KEGELJAN, MASSANGE DE LOUVREX, G. MITEAU, J. MoENs, EM. Ropicas, D' VAN CAUWELAERT, À. VAN IMSCHOOT et E. WALLAERT, fut d’avis qu’il n’existait, entre ces deux plantes et les Catlleya Warocqueana exposés par nous, aucune différence, sauf que peut-être certaines variétés du C. Warocqueana avaient le labelle beaucoup plus coloré: M. JAMES O’BRIEN, notamment, a exprimé cet avis de la façon la plus précise en relatant sa visite dans le Gardeners’ Chronicle du 15 novembre 1800 :

Some of the varieties are so exactly like the true “ autumn-flowering labiata, ” that actual comparison with the true plant, and careful scrutiny by

“ several good judges failed to find a point whereby those forms of the new “ introduction can be separated from it, and which is thought comes from the “ same locality as the original plant. ?

Le lundi 10 novembre, l’exposition des plantes envoyées au meeting étant encore ouverte, M. JULES HYE, de Gand, nous fit parvenir une fleur du C. labiata autumnalis qu’il avait acquis à la vente de M. TAUTzZ. Il n’y avait non plus aucune différence entre cette fleur et celles de la majorité des variétés épanouies dans nos serres,

Sur ce point, tous les connaisseurs non prévenus ont été unanimes. Je puis citer encore le passage suivant d’une lettre que le même M. J. O’BRIEN m'écrivait le 22 octobre 1890 :

“ It appears to me that this is autumn-flowering Zabiata of * which our old C. labiata autumnalis is but the sample,

“ this is the bulk. ”

Je puis également mentionner l'opinion de Sir TREvOR LAWRENCE, Bart. M. P., président de la Société Royale d'Horticulture de Londres, qui, dans une visite qu’il me fit, il y a une quinzaine de jours, à L’HORTICULTURE INTER- NATIONALE, me déclara qu’il avait reconnu immédiatement que le C. Warocqueana était le vrai C. lubiata autummnalis ancien. Voilà deux opinions de connaisseurs irrécusables qui, jointes à celle de M. TH. STATTER, de Manchester, vaudront certes celles de beaucoup d’horticulteurs intéressés dans la question.

Dans le courant du mois de novembre, nous fîmes une vente publique chez MM. PROTHEROE et Morris, et les plantes y furent annoncées sous leur nom de C. labiata autumnalis. Toutes les personnes présentes se souviennent encore du tolle que souleva cette annonce; il y eut à ce sujet des discussions nombreuses, et au premier rang des détracteurs du C. Warocqueana, se trouva M. GopsErr, chef de l'établissement SANDER, qui prétendit qu’il n’avait rien de commun avec le C. labiata autumnalis, et n’était qu’une série de variétés du C. Gaskelliana.

Je compris aussitôt que je perdrais mon temps à essayer d’ouvrir les yeux à des aveugles de parti-pris, et que les horticulteurs anglais qui possédaient un stock d’anciens C. labiata autumnalis, évalués très cher jusque-là, étaient gravement déçus par l’apparition d’une réintroduction qui dépréciait leur mar-

chandise, et se refuseraient obstinément à reconnaître son authenticité. Je n'insistai pas sur ce point, satisfait des témoignages que nous avions reçus en grand nombre et persuadé que la vérité finit toujours par s'imposer ; l’exemple de mon père suffisait d’ailleurs à me rassurer, car Je savais combien ont été contestées et jalousées ses découvertes, et cependant, sur 1200 Orchidées nouvelles introduites par lui, il en est bien peu qui aient dû être débaptisées et ramenées à des types antérieurs.

En attendant que l’histoire impartiale prononçât, il était certain que le C. Warocqueana était une forme magnifique à floraison hivernale, et cela lui donnait une valeur immense ; c’est ce qu’ont pensé tous les amateurs d’Orchidées, qui, sans s'arrêter à des discussions botaniques un peu secondaires en somme, n’ont pas voulu tarder à en enrichir leur collection.

M. GoWwERr avait publié dans le Garden un article formulant les mêmes réserves ; je lui adressai, le 16 novembre 1890, une lettre citant les appréciations et les arguments rappelés plus haut; M. GoWEr n'’insera pas cette réponse, non plus que le Guardeners” Chronicle, à qui je l’avais communiquée, mais je la publiai dans le numéro du 1° décembre du Yournal des Orchidées. Ce n’est donc pas en février dernier seulement, comme le croit M. ROLFE, mais dès le mois de novembre 1890, que l'identité des deux Cattleya fut parfaitement établie à nos yeux et à ceux de bien d’autres connaisseurs. Il est aisé de comprendre que personne ne l’ait reconnu au premier abord, lorsque le C. Warocqueana n'avait encore produit que quelques fleurs formées pendant le voyage, et qui constituaient d’ailleurs des variétés distinctes. Mais dès qu’une floraison abondante permit de porter un jugement sur un nombre étendu de plantes, il devint évident que, comme type, le C. Warocqueana représentait exactement le C. labriata autummnalis.

Néanmoins, ainsi que je le disais dès le mois de novembre, je n’hésite pas à lui conserver son nom, parce que l’importance de la réintroduction effectuée en 1890, et le grand nombre de variétés splendides, inconnues jusqu'alors, qu’elle a répandues dans les cultures, en font un événement des plus considérables. Ainsi que le disait justement M. O’BRIEN dans la lettre citée plus haut, ce qu'on connaissait autrefois du C. labiata autumnalis n’était qu’un échantillon, un avant-goût de cette admirable espèce. C’est depuis le mois de mai 1890 qu’elle est véritablement entrée dans les cultures européennes, et cette introduction n’est due qu’à nous seuls, quoi que puisse raconter M. SANDER dans ses annonces, qui ne sont qu’une fanfaronnade commerciale.

Si M. SANDER avait cru réellement que le C. Warocqueana n'était qu’une variété de C. Gaskelhiana, pourquoi donc aurait-il fait tant de démarches, dans toutes les parties de l’Europe et de l'Amérique, pour savoir où notre collecteur, M. BUNGEROTH, l’avait recueilli? Pourquoi aurait-il envoyé un collecteur dans les mêmes régions dès qu’il fut parvenu à les connaître ?

Je puis bien avouer aujourd’hui que ce qui me surprenait beaucoup, depuis un an, c'était de voir ces efforts rester si longtemps impuissants. Étant donné la facilité des relations et la rapidité des voyages à notre époque, si M. SANDER avait su déployer au moment opportun « l'esprit entreprenant et le zèle infatigable » dont il se pare dans ses annonces, il y a plusieurs mois qu’il aurait pu réintroduire notre plante. Je me fais fort, quant à moi, d’indiquer, en moins de six mois, l'habitat et de faire l'importation de n'importe quelle plante qu’il pourrait introduire, le jour où son « activité opiniâtre » s’exercera autrement qu’à faire filer M. BUNGEROTH ou nos autres collecteurs.

Il est facile de déclarer, dans des annonces de journaux, que le C. labiata autumnalhs n'a pas de synonyme; il est évident cependant qu'on lui en reconnaît un implicitement, car les plantes de M. SANDER ont été glanées sur les traces de notre collecteur; mais ce sont des affirmations commerciales, dont on peut apprécier la valeur quand on voit la même maison déclarer d’abord qu’elle met en vente le 18 septembre, fout le stock de son importation, composé de 600 plantes, puis en annoncer, le 26 du même mois, une nouvelle vente de 2000 exemplaires.

Si cet horticulteur croit avoir introduit une plante distincte, il sera facile de le constater en marquant les Cattleya Warocqueana d’une part, et de l’autre le C. labiata autummnalis sans synonyme qu’il met en vente; je recommande ce soin à tous les amateurs, et je suis assez patient pour attendre pendant deux ans le plaisir de faire la vérification.

Sur le continent, heureusement, il ne sera pas nécessaire d’attendre aussi longtemps une identification qui n’est plus douteuse. Il y a dans les serres de L'HORTICULTURE INTERNATIONALE, actuellement, plus de 2000 spathes; à supposer que chacune donne de deux à trois fleurs, on peut compter, d’ici à janvier, sur une production de 5.000 à 6.000 fleurs. Cette magnifique moisson, la seconde depuis l’introduction, sera complètement probante.

Je puis dire en terminant, et pour résumer le côté pratique de cette discussion, que jamais aucune Orchidée n’avait produit une aussi grande sensation ni réalisé en dix-huit mois une somme d’argent aussi considérable que celle

que nous a produite le C. Warocqueana. Ce fait est aussi rassurant pour l'avenir ; plus les juges seront nombreux, plus la vérité sera promptement et généralement reconnue. Le bruit qui s’est fait dans ces derniers temps autour de cette plante a donné à cette vente une nouvelle impulsion, si considérable, que nous eûssions dû renoncer à satisfaire à toutes les demandes, si nous n'avions reçu encore une importation, qui promet d’être aussi belle que les précédentes.

J'ai dit que j'attendais avec confiance le jugement de l’histoire ; je suis persuadé que, sur le continent tout au moins, la vérité ne tardera guère à se faire jour et à éblouir les moins clairvoyants.

J'espère que vous voudrez bien accueillir cette réponse à des controverses dans lesquelles jusqu'ici une seule opinion a été représentée, et dois vous faire connaître qu’en raison de l’importance générale et historique de cette question, je crois devoir publier la présente lettre dans le Yournal des Orchidées.

Ayant été cité dans le Gardeners Chronicle, j'ai le droit incontestable de vous demander l'insertion entière de cette réponse, et je compte également sur votre courtoisie bien connue.

Agréez, mon cher Monsieur MASTERS, mes salutations bien cordiales.

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