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I. — Construction et aménagement

(Suite, voir page 159)

La ventilation s’effectue au moyen de douze ouvertures réparties au nombre de six sur chaque versant de la serre; ces ventilateurs ont une longueur de 165, et une largeur de 0"60 environ; ils se manœuvrent très aisément au moyen d’une corde qui passe sur une poulie fixée à la charpente de la serre, et va s’attacher à l'extrémité d’une tige de fer perpendiculaire au plan du ventilateur et vissée à son cadre. Quand on tire la corde à l’intérieur de la serre, on élève l'extrémité de cette tige et en même temps le ventilateur qui s’ouvre alors vers l’extérieur ; cette disposition est la meilleure de toutes. On comprendra d’ailleurs que si les ventilateurs s’ouvraient à l’intérieur, la pluie et les poussières pénétreraient trop facilement dans la serre, tandis qu’elles sont à peu près totalement arrêtées autrement.

La surface d’aération au sommet est donc 1/18 de celle du vitrage ; et il faut encore tenir compte des ventilateurs du bas.

J'ajoute que les ouvertures situées sur les deux versants ne se trouvent pas les unes en face des autres; elles sont espacées de façon à établir des courants d’air moins vifs et plus étendus.

Les ventilateurs placés à la partie inférieure de la serre sont au nombre de huit de chaque côté. Ce sont des ouvertures pratiquées dans la maçonnerie, à o"25 au-dessus du sol, et ayant o"58 sur o"40. Elles sont fermées par une simple planche de bois pivotant autour d’un axe parallèle au plus grand côté, qui passe au milieu de sa largeur, et qui a les deux extrémités engagées dans la muraille. Il suffit, pour manœuvrer ces ventilateurs, de pousser le haut ou le bas avec un bâton ou avec le pied.

Les abris consistent en claies formées de lattes ayant o"o24 d'épaisseur, articulées entre elles, et espacées de 0"005; chacune des claies a une largeur de 1"10. Elles sont placées à poste fixe au sommet de la serre, et se manœuvrent au moyen d’une corde qui passe dessous et s’enroule sur une poulie; il suffit de tirer la corde ou de la laisser aller pour enrouler ou dérouler les lattis,

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ainsi que cela se pratique parfois pour les jalousies. Il va sans dire que cette installation peut et même doit être enlevée pendant l'hiver, où elle n’est plus nécessaire.

On emploie également des claies mobiles, formées de la même façon, mais rigides et non plus articulées. Ces claies peuvent être placées en quelques instants sur les serres quand on en a besoin; elles sont retenues par des crochets fixés à la charpente.

Pour répondre à une question qui m'était adressée ces jours-ci à l’occasion de l’article précédent, j'ajoute que le verre employé pour le vitrage des serres doit être uni, aussi clair et incolore que possible, ni trop mince ni trop épais, afin de n'être ni trop fragile, ni trop obscur. Le verre à sillons, ou ayant subi toute autre modification qui peut arrêter une partie de la lumière ou la répartir inégalement, doit être écarté.

Je crois avoir expliqué à peu près complètement l’aménagement des grandes serres froides; un certain nombre de petites serres sont également consacrées à la culture des Odontoglossum et Masdevallia.

Ces serres sont à peu près conçues dans le même esprit général que les grandes dont j'ai donné la description, en ce sens que tout est aménagé pour y

laisser circuler l’air en abondance, pour laisser parvenir aux plantes le plus

possible de lumière et pour permettre d’abaisser la température en été en cas de besoin.

Les petites serres froides ont en général de 27 à 28 mètres de longueur; elles sont partagées en trois compartiments à peu près égaux. Elles ont une largeur de 4 mètres, partagée en trois parties égales : 1"33 de tablettes à gauche et à droite, et 1"33 de sentier. Le faîte du vitrage se trouve à une hauteur de 2"40 ; le plan incliné du vitrage s'appuie sur une partie verticale élevée de 1"25 au-dessus du sol.

Les tablettes sont formées de lattis à claire-voie disposés de la même façon que dans la grande serre décrite précédemment; elles sont établies horizontalement à 0"80 au dessus du sol; la paroi extérieure de la serre, au-dessous de la tablette, est maçonnée; au-dessus, elle est vitrée comme la toiture; j'ai déjà expliqué cette disposition, qui permet de laisser aux plantes toute la lumière du jour. Entre les tablettes et la toiture, les plantes ont, pour se développer et étendre leurs tiges florales, un espace qui varie entre o"45, contre la paroi, et 1"20 au bord intérieur des tablettes, Cela suffit pour qu’elles puissent grandir à l'aise, sans qu’elles soient trop éloignées du vitrage.

Les ventilateurs du haut sont au nombre de 5 de chaque côté, ou 10 pour l’ensemble de la serre; ils ont 1"55 de longueur sur 0"60 de largeur. Ils s’ouvrent tous au sommet du vitrage, comme je l’ai indiqué précédemment, et de chaque côté alternativement, de telle sorte que le courant d’air établi entre eux parcourt toujours une partie de la serre. Ceux du bas ont o"58 sur o"40 ; ils sont au nombre de trois de chaque côté; leur disposition est la même que dans les grandes serres.

Il n’existe pas, naturellement, de bassin central; les réservoirs à eau de pluie sont creusés dans le sol au-dessous des tablettes, sur un des côtés, et occupent à peu près la moitié de la longueur de ce côté. La disposition des tuyaux de chauffage et du grillage destiné à recevoir des côtes de tabac est analogue à celle décrite précédemment ; pour les abris, on peut facilement les poser à bras sur le vitrage, quand on en a besoin. On se sert donc de lattes fixées entre elles, de façon à former des quadrilatères ayant la longueur nécessaire pour couvrir jusqu’au faîte, et de largeur variable. On dispose ces claies les unes contre les autres; elles sont retenues par une latte clouée au bas du vitrage et

formant rebord.

Max GARNIER.

(Sera continué.)

LES GRANDES COLLECTIONS D'ORCHIDÉES EN ANGLETERRE

I. — Collection de M. Thomas Statter, Stand Hall, Whitefield près Manchester

L'une des plus importantes collections d'Orchidées des environs de Manchester et même de toute l’Angleterre est celle de M. THoMAsS STATTER, l'un

des exposants les plus assidus, malgré l'éloignement, des meetings de la

Société Royale d'Horticulture de Londres, où il a déjà remporté un nombre considérable de certificats de mérite et de médailles. C’est par cette collection que je commencerai la série d’études que j’ai annoncée.

Les serres consacrées aux Orchidées, à Stand Hall, sont au nombre de neuf; elles se décomposent de la façon suivante : trois d’Odontoglossum, deux de

Cattleya, une de Cypripedium, une de Laelia, une de Dendrobium, une de Vanda, Cymbidium, Aerides, etc.

Les serres d'Odontoglossum renferment un nombre considérable de plantes appartenant aux espèces les plus célèbres, et remarquablement cultivées, entre autres de beaux O. Harryanum en fleurs, les O. Edwardi, Andersoni, Wilckeanum, blandum, hebraïcum, bictoniense, album, naevium, Rückeri, ainsi que plusieurs raretés de grande valeur, parmi lesquelles l'O. mulus Siatterianum, et une série de superbes Sophronitis.

Les serres de Cattleya sont d’une grande richesse; il faut citer notamment, parmi les merveilles qu’elles renferment : le Cattleya Rex, introduit récemment à L'HORTICULTURE INTERNATIONALE par notre intrépide collecteur et collaborateur M. C. ELLNER, qui a fleuri tout récemment et a attiré pendant plusieurs jours une foule d’admirateurs ; une superbe série de C. Trianae en variétés de choix, C. T. Lecana, C. T. Emilia, NT. regina, C. Talba, CRE lumose, C. T. Fohnsom (dédié à l’habile chef de culture de M. STATTER), de beaux Cattleya Mendel, le C. calummata, un hybride de M. BLeu; le C. crispa superba, d’une taille gigantesque, et qui exhale un parfum délicieux, C. maxima, C. Gaskelliana, C. velutina, un très beau lot de C. aurea en fleurs, parmi lesquels

figure au premier rang la variété Siutiersana, le C. Warocqueana, entièrement

semblable, comme port et comme fleurs, à l’une des plus célèbres variétés de l’ancien C. labrata, le C. l. Pescatorai; les C. Warneri, Lawrenceana, Bowringrana, C. Skinneri alba, en magnifique spécimen, C. Walkeriana, C. speciosissima, C. Acklandiae, etc.

Ces deux serres, remplies d’Orchidées de toute beauté, et quelques-unes en spécimens remarquables, offrent un coup d'œil exquis, grâce au groupement des plantes, les unes en pots, les autres en paniers suspendus au vitrage. L'orchidophile trouve là un spectacle des plus attrayants et des plus instructifs, car le choix qu’elle renferme pourrait être cité comme une sélection modèle des meilleures espèces et variétés; la façon dont prospèrent toutes ces plantes en superbe condition, démontre d’ailleurs pleinement l’excellence du régime auquel elles sont soumises.

Dans la serre des Laelia, il convient de citer particulièrement une superbe série de Laelia elegans, comprenant les L. e. Tuyrneri, L. ce. Wolstenholmiae, L. e. prasiata, L. e. Stelzneriana, L. e. Dayana, L. e. picta, L. e. Blenheimensis, variété au labelle sombre, qui vient de recevoir un certificat de mérite à l’un des derniers meetings de Londres ; en outre, les L. amanda, L. grandis, L. Do-

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