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pleines, soit en bois, soit le plus souvent en ciment et en briques. Cette installation doit être réformée, car elle empêche l'air de circuler entre les pots, annulle totalement l'utilité des ventilateurs .du bas, et pendant l'hiver, elle diminue également beaucoup l'efficacité des tuyaux de chauffage placés à la partie inférieure de la serre. L'emploi de tablettes en lattis à claire-voie s’impose en Italie plus que partout ailleurs.
Quelques amateurs ont déjà introduit dans leurs cultures une amélioration sensible en plaçant les pots d'Orchidées sur d’autres pots renversés, en creusant le long des serres de petits canaux ou des gouttières dans lesquelles l’eau s'écoule, en cherchant enfin à faire circuler dans les serres un peu d’air et de fraîcheur; peut être conviendrait-il aussi d’user davantage de bassins contenant de l’eau et qui seraient disposés en abondance autour et au-dessous des plantes.
Il y a encore un point sur lequel il est utile d'appeler l'attention des cultivateurs italiens; ils donnent peut-être un traitement trop uniforme à toutes leurs Orchidées. Celles qui sont réputées froides passent l'été en plein air; mais les serres ne semblent destinées qu’aux espèces tropicales. Il en résulte que pendant l'hiver, certaines catégories se trouvent soumises à une température trop élevée. Si ce régime convient parfaitement aux Vanda, Aerides, etc., qui poussent admirablement en Italie, il ne peut, en revanche, réussir aussi bien aux espèces tempérées ou froides. Il est possible que le dépérissement des Odontoglossum Alexandrae et des Masdevallia soit dû uniquement à cette cause.
Il faut espérer que les efforts persévérants entrepris récemment par quelques cultivateurs italiens seront couronnés de succès, et qu’on parviendra à acclimater dans la péninsule ces admirables Orchidées, les plus populaires à juste titre dans le reste du continent. Cette lacune est trop considérable pour qu’on renonce aisément à la combler.
Le compost généralement employé est le même que dans les cultures belges et françaises ; toutefois le sphagnum fait à peu près défaut en Italie, et on doit en faire venir des pays septentrionaux où cette mousse se trouve en abondance.
Parmi les amateurs Italiens, M. le commandeur H. J. Ross, de Poggio Gherardo, Florence, est bien connu comme possédant une collection de premier ordre, très complète et très bien tenue; celles de MM. le chevalier Rossi, de Schio, près Vicence, F. Badino, de Vercelli, et Brazzaduro, de Venise, sont également très importantes. Les serres du Jardin botanique de Pavie méritent également d’être mentionnées: la culture y est très bonne, et se rapproche ‘ beaucoup de celle des pays du Nord; l’eau y est répandue en grande quantité,
et les fleurs y sont très abondantes en toute saison. À noter cette particularité que l’on n’y cultive aucune espèce en plein air.
En somme, il reste peu de chose à faire pour amener la culture des Orchidées en Italie à la perfection qu’elle a atteinte ailleurs; il suffit d'organiser la lutte contre le climat, c’est-à-dire d’abaisser un peu la température en été, et de fournir aux plantes plus d'humidité. Je crois qu’on y parviendrait aisément en plaçant les pots sur des tablettes à claire-voie et sur des pots renversés ou des soucoupes à pied, en répandant beaucoup d’eau sur les tablettes et en creusant au-dessous des canaux où passerait une eau courante. Enfin il conviendrait de faire les serres un peu enterrées au-dessous du sol, c’est-à-dire plus basses d’une marche, sans excès bien entendu, et de laisser à certaines espèces, Odontoglossum et Masdevallia, une température de 4° à 7° seulement pendant l'hiver, cette température dût-elle même être pénible pour les visiteurs et les jardiniers, qui n’y sont pas habitués sous ce merveilleux climat.
JEAN ToNEL.