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INUTILITÉ DES ENGRAIS

J'ai lu avec un vif intérêt, dans le numéro du 1° octobre du Journal, l’article de M. le comte DE MoraN intitulé « La culture à l’eau intensive. » Il ne me paraît pas clairement et nettement établi que les résultats constatés dans cet article soient dus à l'emploi du phosphore et de la potasse. Pour que l’on pût savoir s'ils sont dus uniquement à l'emploi de ces engrais, il eût fallu, me semble-t-1l, établir une comparaison entre deux plantes de même espèce et de même force traitées pendant le même laps de temps, l’une à l’eau pure, l’autre à l’eau phosphorée et potassique, s’il m'est permis de m’exprimer ainsi. C’est ce que l’on n’a pas fait. D’où conclusion impossible.

Si remarquables que soient les résultats obtenus par M. RoMAN au moyen de la culture intensive, ils ne me paraissent pas supérieurs à ceux auxquels on peut arriver au moyen de l’eau pure, absolument pure, et sans mélange d’aucun engrais quelconque.

En août 1888, J'ai reçu un semis de Cypripedium qui avait alors trois petites feuilles bien mignonnes. Aujourd’hui il a douze pousses et trois fleurs.

Le 27 décembre 1887, un Coclogyne Massangeana avait trois bulbes. Cette année 1l m'a donné dix-sept têtes nouvelles à la fois.

Un Cypripedium tonsum, faible pousse en août 1890, est en fleurs actuellement, et tout en fleurissant me fait trois belles pousses.

Mes Cypripedium portent graine, fleurissent abondamment, donnent des pousses nouvelles, le tout à la fois et chaque année. Les pousses nouvelles, malgré la fécondation, sont considérablement plus fortes que les anciennes.

J'ai exposé aux Concours de L'ORCHIDÉENNE, en mai de cette année, un Miltonia vexillaria dont un bulbe portait cinq tiges florales avec quarante-sept fleurs épanouies.

Toutes mes plantes, sans exception aucune, sont traitées à l’eau pure. Mes Cattleya, traités de la même façon, me donnent les mêmes résultats.

J'estime que ces résultats sont satisfaisants et suffisants, et qu’il n’est point nécessaire ni utile de tant violenter la nature. A la pousser si fort et hors de toute limite raisonnable, on risque trop de lui faire le sort de la grenouille du fabuliste.

Ce n'est pas chez moi seulement, tant s’en faut, que j'ai constaté les résultats produits par l’eau absolument pure que je viens d'indiquer. On peut les vérifier tous les jours à L’HORTICULTURE INTERNATIONALE (‘), on peut les voir chez tous les amateurs vraiment sérieux et passionnés pour leurs plantes. Je proscrirai donc énergiquement l’engrais, comme absolument inutile la plupart du temps. Je ne fais exception que pour quelques plantes, telles que les Calanthe. Encore ne m'’est-il pas démontré qu’elles ne sauraient prospérer sans engrais.

Mais où l’engrais doit être impitoyablement écarté, c’est chez l’horticulteurmarchand. À un horticulteur qui engraisse il ne faut jamais acheter de plantes, à moins qu’il ne vous prévienne loyalement qu’il fait usage d’engrais, et qu'il ne vous donne en même temps toutes les indications indispensables ou utiles concernant la nature de l’engrais employé, le mode d'emploi, les doses etc., etc. Sinon, on est certain de voir dépérir rapidement les plantes achetées. Quand on a commencé à engraisser, il faut bon gré mal gré continuer à le faire, sous peine d’un dépérissement rapide, d’une mort fatale.

Puisque j'ai la parole, j’ajouterai que j'ai en ce moment un Caïtleya Warocqueana — autrement dit Cattleya labiata autumnalis vera, car il n'y a entre les deux Cattleya aucune espèce de différence quelconque — qui dans deux jours

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(x) Où les Orchidées ne reçoivent jamais d'engrais, sauf parfois les Calanthe. Tout le monde peut

le constater tous les jours. L. L.

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aura trois fleurs épanouies sorties d’une double spathe. Il y a belle lurette que tous mes Cattleya Gaskelliana ont fini leur floraison.

J'ai également en double spathe plusieurs autres Cuïileya Warocqueana dont les boutons sont à mi-spathe. J'en ai d’autres dont les boutons en simple spathe sont prêts à percer la spathe, soit au milieu du chemin à parcourir, ou pointent seulement à l’extrémité inférieure de la spathe. J'en ai même un qui fleurit sans spathe. J'en conclus que c’est un Cattleya d’une floribondité exceptionnelle, et la plus précieuse acquisition que L'HORTICULTURE INTERNATIONALE ait faite dans le courant de 1890. Lorsqu’en avril 1890 j'ai vu arriver à L’HORTICULTURE INTERNATIONALE cette introduction de labiata autumnalis, je ne me doutais nullement que je fusse en présence de plantes qui devaient, deux ou trois mois durant, nous donner à l’automne une floraison aussi brillante et aussi éblouissante.

Permettez-moi de citer, en terminant, un fait de culture qui me paraît assez original et exceptionnel. Je possède un Catïtleya guttata Leopoldi dont tous les yeux inférieurs avaient péri par accident, il y a deux ans. Il se refusait énergiquement à repartir du pied. Voici qu’actuellement, sur un des plus anciens bulbes dépourvu de toute feuille, il se développe à une hauteur de six à sept centimètres, au deuxième nœud, deux fort beaux yeux et une racine adventive, tout comme si mon Catileya Leopoldi était un vulgaire Dendrobium nobile. A-t-on déjà observé des faits pareils, ou ce cas de végétation mérite-t-il d’être porté à à la connaissance des horticulteurs et des amateurs d’Orchidées ?

7 octobre 1897. G. MITEAU.

CATTLEYA LABIATA AUTUMNALIS

Nous avons reçu ces jours-ci un très grand nombre de lettres et de communications diverses d'amateurs et de connaisseurs d’Orchidées nous apportant leur témoignage unanime à l’appui de l'opinion exprimée par le Fournal des Orchidées à différentes reprises depuis un an, que le C. Warocqueana est purement un synonyme de l’ancien C. labiata autumnalis.

Nous remercions nos correspondants; la question est aujourd’hui jugée définitivement, et nous n’y reviendrons plus.

Citons seulement un fait qui se passe de commentaires. Depuis le 15 septembre dernier jusqu’au 10 octobre, L'HORTICULTURE INTERNATIONALE a vendu plus de 4000 C. labiala autumnalis (C. Warocqueana) importés, et plus de

1200 établis, et la vente de cette splendide Orchidée a produit en bloc depuis sa réintroduction, c’est-à-dire dans une période de dix-huit mois, plus de 250,000 francs dans le même établissement. C’est un évènement unique dans l’histoire des Orchidées.

ANGRAECUM DU BUYSSONI

Cette nouvelle espèce, originaire de Madagascar, vient de fleurir pour la première fois en Europe dans les serres de M. FINET, l’orchidophile bien connu d'Argenteuil. C’est vraiment une espèce admirable et très distincte des autres Angraecum connus jusqu’à ce jour. Ce beau spécimen a développé deux inflorescences de o"50 de longueur, qui supportaient chacune une quinzaine de gracieux fleurons, dans le genre de ceux de l’Angraecum Elhsi; l’éperon a de o®14 à 0"16 de longueur, et la fleur est d’un blanc d'ivoire, légèrement teinté de rose; elle dégage un léger et suave parfum.

L'Angraecum Du Buyssoni doit être considéré comme une Orchidée d'élite, qui méritera à juste titre de figurer dans toutes les collections de choix.

OTro BALLIF.

M. CHOLLET, jardinier de M. FINET, m’annonçait dernièrement que cette fameuse plante, cultivée déjà depuis de nombreuses années, mais qui n’avait pas fleuri jusqu'ici en Europe, était en fleurs dans ses serres. Déjà au mois de juillet, en visitant cette belle collection, j'avais remarqué que l'Angraecum Du Buyssoni, qui y était cultivé depuis quatre ans, montrait deux hampes florales sur les deux tiges principales.

La plante est assez forte et n’a jamais été transplantée du panier dans lequel elle semble se plaire beaucoup. Ce panier est du genre de ceux qu’on emploie généralement pour les Phalaenopsis ; il a 0"25 de diamètre et 0735 de haut. Les fortes racines sont accrochées après le bois et courent de haut en bas dans tous les sens; n’étant jamais dérangées, elles se développent très bien. Pour qu’elles restent saines, on renouvelle le polypode et le sphagnum tous les ans, ou du moins on surface, en enlevant tout le vieux compost jusqu'aux tessons et quelques morceaux de charbon de bois.

Ainsi arrangée, la plante se plaisait dans la serre aux Cattleya, en pleine

lumière, avec un copieux arrosage pendant la végétation, qui va généralement du mois de mai au mois de novembre, après quoi l'humidité de la serre suffit pendant son repos.

Traité de cette manière, l’Angraecum Du Buyssoni a donné une végétation exubérante, et au mois de mai dernier, au lieu de continuer à pousser, il a montré deux tiges florales sous la sixième feuille. Après quatre mois d’attente, M. FINET a pu admirer les premières fleurs, qui sont, à mon avis, très jolies et donneront une certaine valeur à cette plante presque déconsidérée. De douze à quinze fleurs sont alignées des deux côtés de chaque hampe, espacées de deux à trois centimètres, et la tige, étant un peu inclinée, a un aspect très gracieux et unique dans le genre. Les fleurs ont un éperon de o"15 de longueur, d’un blanc d'ivoire teinté légèrement de saumon à la naissance, ainsi que les pointes des pétales et des sépales, qui sont retroussées en arrière, excepté le sépale supérieur, qui est rigide. La forme du labelle est celle de l’Angraecum sesquipedale, mais moins grande; il mesure o"or de diamètre et o"or5 de longueur. Cette fleur exhale une odeur très suave qui se rapproche un peu de celle de la Jacinthe.

Il y a actuellement, comme en tout temps, un grand nombre d’Orchidées en fleurs et en boutons dans cette collection; j'ai remarqué, entre autres, un Aerides Leeanum très foncé et des Phalaenopsis promettant une riche floraison, un Burlingtonia fragrans avec des grappes énormes, un Renanthera matutina en fleurs depuis trois mois, un Cattleya maxima peruviana, richement coloré, un Millonma candida très foncé, une superbe variété, Laclia elegans Turneri, et

beaucoup d’autres dont l’énumération prendrait trop de place. BERANEK.

MISCELLANÉES

LA FABRICATION DES POTS est un point dont l'importance n’est pas négligeable pour la bonne culture des Orchidées. Il en est de cela comme d’une foule de petits soins que les amateurs sont trop souveut portés à négliger, parce qu'ils les considèrent à tort comme des futilités sans conséquence.

Nous extrayons d’une lettre qui a été adressée tout récemment à L'HoRTI- CULTURE INTERNATIONALE par un de ses correspondants, le passage suivant sur lequel nous appelons toute l’attention de nos lecteurs :

« Les pots dans lesquels se trouvaient les Orchidées que vous m’avez expé-

« diées étaient d’une nature très poreuse, très minces et peu cuits: en les « voyant, j'ai compris comment vous pouviez cultiver la majeure partie de « vos Orchidées dans des pots. Ceux d'ici sont beaucoup plus épais, très « cuits, peu poreux et par suite moins favorables à la culture de ces plantes. »

CE

LE TRICHOCENTRUM TRIQUETRUM, mentionné récemment par M. ROLFE dans sa Revue des Orchidées nouvelles on peu connues (page 133), est actuellement en fleurs dans les serres de L’HORTICULTURE INTERNATIONALE, à Bruxelles. C’est une ravissante espèce, dont les fleurs sont d’une taille remarquable pour la grandeur de la plante. Le labelle, sensiblement tubulaire, est très volumineux en comparaison des autres segments, et son coloris jaune crème panaché d'orange, est extrêment attrayant.

ORCHIDÉES SUR LES LIGNES TÉLÉGRAPHIQUES. — Un journal brésilien raconte que sur plusieurs points du Brésil, notamment autour de Rio de Janeiro, les fils télégraphiques sont couverts de touffes d'Orchidées, dont les festons produisent un effet très décoratif, mais qui finissent par faire dériver les courants et par nuire à la transmission des dépêches. Les oiseaux, très avides des fruits des Orchidées, les mangent. Les graines ainsi déposées sur les fils et sur les poteaux y germent, et ne tardent pas à produire des plantes plus ou moins touffues.

ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉLÉMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES

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