IT
Ce que nous avons dit des Aerides, on pourrait également le dire des Saccolabium. Le port des plantes des deux genres est à peu près le même, leur beauté est à peu près égale, leur culture est identique; les fleurs, produites en longue grappe serrée, comme dans le genre Aerides, ont des coloris analogues et ne se différencient guère que par quelques détails dans la forme du labelle et la façon dont il se relie à la colonne. Ces deux genres voisins sont également précieux au point de vue décoratif et peuvent être placés parmi les plus beaux de la famille des Orchidées pour la grâce et le coloris exquis de leurs fleurs.
Parmi les principales espèces, nous citerons les suivantes :
S. coeleste. L'une des plus belles et des plus estimées depuis son introduction, qui date de quelques années seulement. Les segments sont blancs, avec les pointes nuancées de bleu vif; le labelle a la partie antérieure entièrement bleue. Cette couleur, si rare dans les Orchidées, donne aux grappes du S. coeleste un éclat et un charme exceptionnels. Il fleurit en juin et en juillet.
S. Blumer et Blumei var. majus. Sépales et pétales blancs ou blanc crême, teintés de rose et tachetés de rouge, labelle rose; fleurs très agréablement par-
un Un |
fumées. La variété majus ne diffère pas sensiblement du type par le coloris, mais elle produit ses fleurs en grappes plus longues et plus touffues, atteignant 65 centimètres environ, et se conservant fraîches pendant trois semaines.
S. giganteum. Superbe espèce, originaire de Birmanie. Elle a les feuilles plus larges et plus recourbées que le S. Blumeai. Elle fleurit pendant l'hiver, ce qui en augmente encore le prix. Les fleurs sont d’un blanc pur tacheté de bleu violet, le labelle est un beau violet-mauve.
. Cette espèce avait reçu de LINDLEY, à l’origine, le nom de Vanda densiflora à cause de l’abondance de ses fleurs qui forment une grappe moins longue, mais plus touffue que la plupart des Saccolabium.
La variété lustre est également très remarquable.
S. guttatum, rapporté par REICHENBACH au Rhynchostylis retusa. Pétales et sépales blancs, tachetés de rouge pourpre foncé, labelle entièrement pourpre. Plusieurs belles variétés, surtout la variété giganteum. Fleurit au printemps etenété.
S. praemorsum. Belle espèce, qui paraît se confondre avec une forme classée par REICHENBACH comme variété du Rhynchostylis retusa. Elle se rapproche beaucoup de la précédente, mais elle a Les fleurs plus pâles et ornées de taches moins grandes et moins nombreuses.
S. violaceum. Fleurs très parfumées, ayant les segments blancs tachetés de violet pourpré, et le labelle violet pourpré. Il en existe également une variété blanche.
Cette espèce est analogue au S. giganteum dont elle a le port. Elle fleurit
vers la fin de l’hiver.
Baron DE MEYLHAND.
BPAPPEUS GRANDE INTRODEEMON DU SIÈCLE Le Cattleya Rex
Le Yournal des Orchidées a publié l’année dernière la description de cette espèce merveilleuse, auprès de laquelle pâlissent les plus belles formes connues jusqu'ici, et qui constitue bien le roi de la famille des Orchidées et la plus belle introduction du siècle. La Lindenia en a également donné une excellente reproduction, forcément inférieure à la réalité, car l’art ne peut arriver à imiter parfaitement les splendeurs de la nature, mais qui avait cependant paru Si
(a) er [®)]
magnifique, que plusieurs personnes avaient eu peine à croire que l'espèce nouvelle pût posséder une telle élégance et un tel éclat de coloris.
La floraison qui s’est produite récemment a pu convaincre les plus incrédules, et pour donner une idée de l’impression qu’elle a produite, il me suffira de citer l'extrait suivant d’une lettre de M. JoHnson, chef des cultures de M. TH. STATTER, de Manchester, qui écrivait à M. LINDEN le 22 août dernier :
« Le Cattleya Rex a fleuri ici, et c’est une chose splendide. J’ai reçu la « visite d’un grand nombre des principaux importateurs d’Orchidées qui « venaient pour le voir ; ils sont d’avis que votre planche de la Lindemia est « une représentation très exacte de la fleur, mais que le labelle de ma fleur « est plus beau que sur votre planche. Si l’on peut découvrir le C. Rex, il ne « manquera pas de nos importateurs qui tâcheront de s’en procurer. »
Ainsi que le Journal l'avait déjà mentionné, le C. Rex n’avait jusqu’à présent qu'un seul défaut, celui d’être très rare. Il fallait, pour le collecter, surmonter mille obstacles de toutes sortes, et faire un long trajet à travers des régions montagneuses dans lesquelles le transport des plantes présentait des difficultés inouies. Une première exploration avait permis à L’HORTICULTURE INTER- NATIONALE de recevoir une trentaine d'exemplaires qui figurent aujourd’hui dans les principales collections d'Angleterre et du continent; mais ce nombre ne pouvait suffire aux demandes qui arrivaient de toutes parts.
Grâce aux efforts persévérants de M. ELLNER, l’intrépide collecteur de L’'HORTICULTURE INTERNATIONALE, qui a consacré de longs mois à la recherche du C. Rex, j'ai aujourd’hui la vive satisfaction de pouvoir annoncer une nouvelle que M. L. LINDEN vient de me communiquer : la prochaine arrivée d’une introduction plus importante que la première, et qui permettra à la merveilleuse Orchidée de se classer dans quelques collections de choix comme le bijou le plus exquis qu’ait jamais produit la famille la plus riche et la plus belle du règne végétal.
Et maintenant, MM. les imitateurs — on pourrait parfois dire les plagiaires — ont le champ libre pour marcher sur les traces des collecteurs de L'HoRrrTi- CULTURE INTERNATIONALE. Il y a près de deux ans déjà que MM. LINDEN ont introduit le C. Rex; je leur en donne encore autant, plus même s’ils le désirent, pour se procurer la même plante; mais je doute fort qu’ils puissent y parvenir, malgré tout le bruit et les promesses qu’ils ne manqueront pas de faire.
Comte DE MoORAN.
on |
L'emploi de noms tirés du latin et du grec est facile à justifier, en ce qui concerne la botanique et les plantes d’horticulture qui ne sont pas devenues vulgaires. Il permet aux connaisseurs ou aux savants de tous les pays de s'occuper des mêmes plantes sous les mêmes noms, sans confusion possible, mais il cause parfois des embarras aux personnes qui ont oublié ou qui n’ont pas pratiqué les langues mortes.
Nous croyons être utiles à beaucoup de jardiniers en leur indiquant sommairement le sens des mots ou des radicaux les plus répandus, se rapportant à la forme ou à la couleur des fleurs; grâce à ce petit lexique, ils pourront souvent reconnaître plus facilement les variétés nouvelles, et ils éviteront le désagrément de marquer, par exemple, leucoglossa une fleur au labelle vert, ou punctata une fleur sériée.