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I. — Les Aerides

Ainsi que le disait dernièrement le Yournal des Orchidées, les Aerides croissent à Bornéo, ainsi que dans l’Inde et les îles de la Sonde, à la partie basse des arbres qui bordent les cours d’eau. Aussi la culture qu’ils réclament est celle des Orchidées de serre chaude, avec une humidité atmosphérique abondante, mais non pas renfermée comme pour les Phalaenopsis, qui se cultivent à l’étouffée. Ils produisent une abondance de racines à l’air libre, et c’est cette particularité qui leur a valu leur nom générique, tiré du grec et signifiant : « aérien. » Il fut créé en 1790 par LOUREIRO, qui avait été fort surpris de

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« la propriété extraordinaire que possédait l’Aerides odoratum, de vivre, fleurir, croître et fructifier pendant des années, étant suspendu dans l’air, sans aucun élément végétal nutritif. »

Les Aerides, à ce point de vue, ne diffèrent pas des Vanda, Saccolabium, Angraecum, et autres Orchidées de croissance analogue, ni même des Phalaenopsis, Cattleya et de beaucoup d’autres qui émettent tout une chevelure de racines hors de leur récipient. Ils peuvent être cultivés en pots, mais plutôt en paniers, suspendus près du vitrage, de façon à profiter autant que possible de la vapeur d’eau qui s'élève à la partie supérieure de la serre, et des rayons du soleil, dont la chaleur est toujours beaucoup plus profitable à la culture que celle des tuyaux de chauffage ; il ne faudrait pas conclure de ce que nous avons dit plus haut de leur croissance à l’état naturel qu’ils végètent dans l’ombre; c’est d'ordinaire sur les branches les plus avancées des arbres qu’on les rencontre, et dans une position où ils sont exposés au soleil pendant une grande partie de la journée. Toutefois il convient de les abriter contre les rayons directs aux heures où ils sont les plus brûlants; mais il ne faut employer pour cela que des abris très légers.

Les espèces dont se compose le genre Aerides sont au nombre de 45 environ, la plupart très répandues dans les cultures. Les principales et les plus belles sont les suivantes :

Aerides Augustianum. Fleurs roses munies d’un long éperon déprimé, de la même couleur ; la base et la pointe seulement des segments un peu plus vives.

Cette espèce a été découverte par M. AUGUSTE LiINDEN dans les îles Philippines, et a fleuri pour la première fois en décembre 1889 à L’HORTICULTURE INTERNATIONALE ; elle est extrêmement gracieuse.

A. crassifohum. Fleurs de grande taille disposées en longues grappes, d’un beau coloris améthyste pourpré, et d’un parfum très agréable; le lobe médian du labelle est d’une couleur plus éclatante que le reste des segments.

A. crispum. Segments blancs, avec la pointe d’un rouge cramoisi, labelle rouge pourpre, avec les lobes latéraux blancs. Très parfumé.

À. expansum. Magnifique espèce, à fleurs blanc crême marquées de pourpre, avec des macules pourpre sur le labelle.

A. falcatum où À. Larpentae. Espèce voisine de la précédente, à fleurs blanc crême tachées de rouge au sommet des segments, tandis que le labelle est blanc barré de rose avec le lobe antérieur rose vif.

A. Fieldingi. L’un des plus beaux Aerides, également connu en Angleterre

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sous le nom de Fox bruch (queue de renard). Les segments sont d’un beau rouge pourpre lavé de blanc, et le labelle pourpre maculé de blanc.

A. Houlleti. Fleurs de forme très analogue à celles de l'A. falcatum, mais ayant les segments jaunes, avec des taches rouges au sommet, et Le labelle blanc crême avec une macule rouge à la partie antérieure, et des lignes de la même nuance sur les lobes latéraux.

A. japomicum. Espèce très distincte du reste du genre par sa petite taille, et qui réussit parfaitement en serre froide. Les fleurs, d’assez grande dimension, sont d’un blanc verdâtre; les sépales latéraux portent des barres rouges à leur base; le labelle porte également des taches pourpres.

A. Lobbri. Fleurs blanches légèrement lavées et tachetées de rose vif vers le sommet des segments; labelle rouge violacé avec une ligne médiane blanche.

A. maculosum. Fleurs rose pâle tachetées de pourpre avec le labelle d’un beau rose pourpré, et délicieusement parfumées.

A. Mende. Fleurs de forme analogue à celles de l’A. falcatum, mais d’un coloris différent, blanc pur avec les pointes des segments teintées de rose.

A. mutratum. Espèce à feuilles cylindriques, à fleurs blanches teintées de violet à leurs pointes, et à labelle violet.

A. multifiorum. Belle espèce de petite taille, à fleurs blanches tachetées de pourpre sur les segments et teintées de violet pourpré aux pointes, avec le labelle violet clair, nuancé au milieu de violet plus foncé.

À. nobile. Très belle espèce, très parfumée, aux segments blancs teintés de rose lilacé clair, avec une tache de la même nuance à la pointe, et le labelle trilobé, les deux lobes latéraux jaune clair tacheté de rose, le lobe antérieur plus clair et plus rosé.

A. odovatum. L'une des espèces les plus anciennes, et les plus répandues. Les fleurs ont les segments blancs avec une macule violette à leur sommet, le labelle blanc avec quelques taches peu nombreuses de rouge pourpre et une bande médiane pourpre; elles répandent un parfum très agréable.

A. quinquevulnerum. Segments blancs avec une macule pourpre violacé à leur sommet, et quelques faibles taches de la même couleur, labelle violet sombre, avec les lobes latéraux blancs tachetés de pourpre.

A. Reichenbachi. Espèce alliée à la précédente.

À. suavissimum. Espèce très agréablement parfumée, ainsi que l’indique son nom. Les segments sont blancs teintés de rose violacé à leurs pointes, le labelle

jaune pâle pointillé de carmin.

A. Vandarum. Espèce à feuillage cylindrique, de port analogue à celui du Vanda teres, et dont les fleurs ont une forme très différente de celle des autres espèces. Elles sont entièrement blanches, avec une légère teinte lilacée à la face inférieure de la colonne.

A. virens. Très belle espèce parfumée, à fleurs abondantes, ayant les segments blancs avec une macule pourpre au sommet, le labelle blanc pointillé de rouge autour de l’éperon. Plusieurs belles variétés.

Toutes ces espèces ont à peu près le même coloris, un blanc nuancé de rose pourpré, et produisent leurs fleurs en longues grappes serrées d’une courbe harmonieuse et de la plus exquise élégance. Les Aerides sont également remarquables par la beauté de leur port; sauf quelques espèces, qui sont térétifoliées, ils ont en général les feuilles longues et étroites, épaisses comme du cuir, distiques et disposées d’une façon très décorative. Sur leur vert sombre, le coloris clair des fleurs se détache admirablement, et c’est un spectacle d’une beauté incomparable que celui d’une serre remplie de ces Orchidées en fleurs, groupées avec des Saccolabium, des Vanda, et quelques autres plantes à beaux feuillages, Dipladenia, Croton et Fougères.

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