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à l’augmentation de la production, qui ne suffira pas de longtemps aux besoins, et à l’abaissement des prix qui sont aujourd’hui trop élevés pour que les fleurs d'Orchidées puissent se trouver dans toutes les mains. Nous voudrions que l'Orchidée devint, comme elle le mérite, la fleur des dames par excellence, qu’elle fût répandue partout. — Est-il besoin d’ajouter, et cultivée partout ?

Eûssions-nous un instant la pensée de réserver sa culture à la Belgique, il est .

permis de se demander s’il serait possible de mettre en pratique un pareil accaparement. Il ne dépend ni de nous, ni de personne, d'interdire la culture des Orchidées à la France, à l’Angleterre, à l’Allemagne, à l’Autriche, à l’Amérique, admirablement douées pour l’entreprendre, à l'Italie, à la Russie ou à l'Espagne, presque aussi favorisées. S’il est bien téméraire de vouloir empêcher le progrès, il est bien plus impossible encore de limiter dans sa marche une idée une fois lancée, et de combattre au delà d’une certaine latitude ce qu’on encourage en deça.

Et nous combattons au contraire pour la lancer partout !

LS

Quelques amateurs qui avaient déjà entrepris, dans des conditions modestes, un essai de grande culture, encore mal dirigé et conçu trop timidement d’ailleurs, nous ont adressé le reproche d’engager d’autres cultivateurs à leur faire une concurrence. Il nous a été facile de les rassurer en leur montrant, avec preuves à l’appui, qu'il y a place pour plus d’une centaine de grands producteurs en plus.

Il a suffi d’ailleurs de leur montrer les demandes de fleurs coupées qui sont adressées Jjournellement à L’HORTICULTURE INTERNATIONALE pour les convaincre, quoique cet établissement ait maintes fois déclaré qu’il ne fait pas le commerce des fleurs.

Nous ne dirons pas même qu'il reste beaucoup de places à prendre; en fait, il n'existe pas encore d’entreprise largement et pratiquement conçue dans le sens de celle que nous recommandons.

Quels sont les producteurs existant actuellement, et comment ont-ils compris la grande culture ?

À part une ou deux exceptions (et encore ne réalisent-elles pas complètement l’objet qu’elles se proposent), nous ne voyons pas un cultivateur qui ait fait une installation de ce genre satisfaisant aux conditions nécessaires.

La plupart de ceux qui fournissent actuellement aux demandes, bien insuffi-

samment, sont des horticulteurs ou des amateurs qui ont des Orchidées et qui coupent des fleurs quand il s’en présente.

Il n'existe pas encore de culture rationnelle d’Orchidées, régulière, systématique en vue du commerce de la fleur coupée. Autre chose est de cultiver une collection d’Orchidées pour l’agrément, autre chose de faire la culture de rapport.

Ainsi que nous l’avons déjà indiqué, les cultures d’'Orchidées pour la grande production devraient être installées uniquement en vue de ce résultat, et dans le même esprit que les cultivateurs de raisins de Hoeylaert, près Bruxelles, ont si bien compris à leur très grand avantage. Ce n’est pas, en effet, du raisin pour l’agrément qu'ils font, mais pour la vente; et l'immense réputation qu'ont aujourd’hui leurs produits, prouve amplement qu’ils ont bien su s'y prendre pour en tirer profit.

Lorsqu'on se propose de cultiver les Orchidées pour la vente des fleurs, il faut que tout, dans la culture aussi que bien dans la construction des serres, concoure à ce but.

Les serres doivent être pratiquement aménagées, construites d’une façon économique, disposées de façon à loger le plus grand nombre de plantes possible dans un espace minimum, et chauffées également avec économie.

Quant à la culture, elle doit être installée d’une façon toute spéciale en vue de la floraison, ce qui exige certaines connaissances qui ne relèvent que de l’expérience de celui qui l’installera et la conduira.

Un de nos correspondants nous écrivait récemment qu'il était fâcheux que les producteurs des environs de Paris ne nous eûssent pas renseigné sur le choix qu'ils feraient parmi les Orchidées convenant le mieux pour la grande culture. Notre correspondant, à ce qu’il nous semble, est dans le même cas que beaucoup de personnes qui nous ont demandé des renseignements depuis un mois, soit par lettre, soit de vive voix, et qui ne se rendaient nullement compte de ce que doit être cette culture. Nous ne voudrions assurément froisser personne; mais enfin, puisqu'on nous parle des environs de Paris, il nous sera permis de dire que nous connaissons tous les établissements qui s’y trouvent et qu'il n’en est pas un parmi eux qui ait vraiment institué ce qu’on peut appeler une culture rationnelle de l’Orchidée pour la fleur coupée. A Versailles, quelques essais ont été tentés, mais d’une façon indécise et incomplète, qui ne peut pas être considérée comme probante. On y cultive parfaitement des Odontoglossum

Alexandrae, quelques centaines de Cattleya Trianae et de Laelia Perrini: un peu de Cypripedium et quelques autres Orchidées en mélange, et c’est à peu près tout ; cela peut suffire pour ajouter au commerce général de l’horticulture un certain produit provenant des fleurs coupées, maïs cela ne constitue pas une grande culture résolument entreprise et dans de bonnes conditions pour produire du beau, et cela vite, économiquement et en grandes quantités.

Les environs de Paris sont cependant admirablement situés pour servir à la grande culture des Orchidées; nous sommes persuadés qu’elle y donnerait des résultats particulièrement brillants, pourvu qu’elle fût installée convenablement, et qu’un ou plusieurs établissements spéciaux créés dans ce but, y réussiraient admirablement. Aussi serions-nous très sincèrement heureux de voir de grands amateurs se réunir et fonder une société pour la production en grand des fleurs coupées d’Orchidées.

Si un projet de ce genre devait trouver des adhérents sérieux et résolus, notre appui leur serait acquis d’avance, et nous nous mettrions très volontiers à leur disposition pour étudier avec eux la constitution d’une société semblable, la construction des serres et de toutes les parties d’une installation où, comme nous l’avons déjà dit, rien ne doit être laissé au hasard, ainsi que le choix des meilleures espèces à cultiver. Nous espérons qu’on voudra bien nous reconnaître la compétence nécessaire; après avoir dirigé depuis dix-sept ans la maison LINDEN, qui est actuellement, de l’avis de tous les connaisseurs, l’établissement possédant le stock d’Orchidées le plus considérable et le mieux cultivé du monde, après avoir dressé les plans et présidé à la construction de cet établissement que tous les visiteurs déclarent le plus pratique et le mieux perfectionné, nous avons sans doute quelque titre à pouvoir donner un avis dans ces matières... Nous n’hésitons pas à affirmer qu’une entreprise de culture spéciale d’Orchidées pour la fleur coupée, bien et pratiquement conçue, donnerait des bénéfices bien supérieurs à ceux de n’importe quelle production horticole, que ce soit des primeurs, des fleurs, des fruits ou des plantes.

Il suffirait, d’ailleurs, qu’une seule société fût créée pour produire un mouvement décisif et nous sommes persuadé que cette création ne se fera pas longtemps attendre. Quand les personnes qui hésitent encore à l’heure qu’il est auront vu à l’œuvre un vrai établissement de culture pour la fleur coupée, quand elles en auront bien compris le fonctionnement et le rendement considé-

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rable, d’autres établissements analogues ne tarderont pas à se fonder, non seulement aux environs de Paris, mais dans toute la France en même temps qu’en Belgique et dans la plupart des pays de l’Europe, où le goût des fleurs d’'Orchidées se répand puissamment depuis quelques années: et tous ces établissements feront de bonnes affaires, car, ainsi que nous l’avons dit plus haut, il y a d'importantes places à prendre et l’abaissement du prix des fleurs d’Orchidées fera s’accroître dans une proportion très forte le nombre des demandes.

Ce résultat, nous l’espérons fermement, sera atteint dans un avenir peu éloigné ; nous serions heureux d’y avoir contribué, parce que nous voudrions que les fleurs d’Orchidées pussent être répandues partout et qu’elles cessassent d’être considérées comme elles le sont actuellement par beaucoup de personnes, comme un article de luxe, beaucoup trop coûteux pour pouvoir devenir la fleur préférée de toutes les fêtes. Nous avons prouvé déjà qu’elle peut être produite à bon marché, et qu'il serait facile de la rendre plus accessible aux bourses modestes. Les belles variétés resteront toujours les fleurs aristocratiques ; les autres se répandront et on les trouvera bientôt partout.

Disons encore un mot au sujet des Odontoglossum pour la grande culture. On nous a demandé s’il n’est pas possible de cultiver les Orchidées en pleine terre sur les tablettes; nous n’y voyons aucun inconvénient, au contraire.

Nous traitons ainsi un certain nombre de plantes à L’HORTICULTURE INTER- NATIONALE ; elles prospèrent admirablement et certainement mieux que dans des pots. Nous employons surtout ce procédé pour remettre en végétation les importations qui n'arrivent pas en très bon état. Déposées sur une bonne couche de fibre et de sphagnum frais, elles ne tardent pas à produire une abondance de racines, et forment des pousses plus vigoureuses qu'avec tout autre traitement.

Nous avons conseillé à un amateur, il y a quelques mois, de commencer sa culture de cette façon; il en a été pleinement satisfait.

Ce genre de traitement offre en outre l’avantage d’être très économique, de demander beaucoup moins de place et de manipulations, car les rempotages sont supprimés. — Nous avons en préparation une causerie spéciale à ce sujet ;

nous y reviendrons prochainement.

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