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15 JANVIER 1892 n
La serre est chauffée par douze tuyaux, six de chaque côté, qui permettent de la maintenir malgré son étendue, à une température constante de 14° à 16° Réaumur (18° à 20° centigrades).
Cette construction, d’une grande élégance, renferme un nombre considérable d’Orchidées, toutes fournies par L’HORTICULTURE INTERNATIONALE, dont la végétation magnifique atteste amplement l’excellence des soins qui leur sont donnés et le choix approprié du local.
Parmi ces Orchidées, nous citerons particulièrement :
De fort spécimens de Laelia purpurata en différentes variétés, des Cattleya labiata autumnalis en variétés extra, qui viennent de fleurir et ont donné une floraison admirable; le rare Laelia grandis tenebrosa, si admiré dans les expositions du début de cette année, et qui est actuellement en spathe; des Cattleya Mendeli, C. Mossiae, C. aurea, C. gigas, C. Percivaliana promettant une floraison extraordinaire, C. granulosa; différents beaux pieds de Phalaenopsis Schilleriana, P. amabilis, P. grandifiora, et autres belles espèces; douze splendides Angraecum sesquipedale tout couverts de boutons, plantes d’une culture irréprochable, ayant de 50 à 60 centimètres de hauteur, et d’une beauté remarquable avec leurs élégantes feuilles d’un coloris vert sombre, absolument intactes jusqu’au niveau du pot; des Oncidium Lanceanum qui viennent de fleurir récemment; une quantité de Dendrobium bigibbum qui ont fleuri depuis cinq mois et sont encore couverts de grappes de fleurs; des Grammatophyllum Elhsi et autres bonnes espèces; des Houlletia odoratissima Linden; de beaux pieds de Laelia elegans; des Rodriguezia (Burlingtonia) pubescens, ravissante espèce, dont la plus petite plante a donné au commencement de cette saison jusqu’à douze grappes de fleurs d’un blanc pur, et d’une forme charmante. Ils sont entrés immédiatement en végétation, et au bout de dix jours quelques-uns avaient jusqu’à quinze pousses, toutes bien enracinées. Dès que les fleurs s'étaient fanées, les tiges florales avaient été coupées, et la surface du compost avait été renouvelée en sphagnum pur bien vivant, dans lequel les racines n'avaient pas tardé à se former abondamment; c’est à ce traitement qu’il faut sans doute attribuer la vigueur actuelle des plantes.
Les Rodriguezia pubescens sont suspendus à 30 centimètres du vitrage, ainsi que les Phalaenopsis, divers Paphinia, Stanhopea, des Milionta Roezli, M. Phalaenopsis et M. vexillaria, actuellement en pleine floraison, et une foule d’autres espèces dont la vigoureuse santé ne laisse rien à désirer.
Quelques autres plantes de serre chaude réussissent admirablement dans la
même serre, notamment des Nepenthes qui sont suspendus à l’entrée, et qui portent de nombreuses urnes d’une grande élégance. ï
Les autres serres contiennent des plantes variées, de très beaux Siephanotis floribunda grimpant le long des charpentes, des Cissus Lindeni et C. discolor, le ravissant Tropaeolum Lindeni, nouvellement importé par L’HORTICULTURE INTERNATIONALE, à feuillage persistant d’un coloris exquis, qui promet de jouer un rôle important comme plante ornementale, le Passiflora triloba, autre importation récente, etc.
Une serre est remplie de Gaydenia grandifiora d’une culture irréprochable et d’une abondante floraison; d’autres renferment de beaux œillets et d’autres plantes réclament à peu près la même température.
Enfin une serre a été spécialement construite pour la culture des Orchidées de serre froide ; elle a 20 mètres de longueur, 4 mètres de largeur et 2"30 de hauteur ; les tablettes installées à droite et à gauche sont à o"60 au-dessus du sol; au milieu règne un chemin de 1 mètre de largeur environ. Les tablettes portent des lattes en pitchpin de hauteurs différentes, sur lesquelles les pots sont placés en gradin, de façon que les plantes se trouvent aussi près que possible du vitrage.
Cette serre renferme une belle collection d’Odontoglossum divers, princi-
palement des O. Alexandrae, choisis parmi les meilleures variétés du type dit Pacho; une cinquantaine sont actuellement en fleurs, entre autres l’O. Alexandrae Trianae, VO. Claesianum etc., provenant d’une importation de l’année dernière qui a donné des résultats merveilleux.
Une collection de Masdevallia des meilleures espèces promet une ample moisson de fleurs; enfin nous notons des Coclogyne cristata, placés contre le vitrage, Lycaste Shinneri, Cypripedium insigne, couverts de boutons, Odontoglossum arachnioides, d’un coloris éclatant, en fleurs depuis six semaines et promettant de rester en pleine fraîcheur pendant une période presque aussi longue; enfin un grand nombre d’autres espèces de choix parfaitement cul-
tivées et d’une vigueur incomparable.
JEAN ToNEL.
TRAITEMENT DES CATTLEYA IMPORTÉS. — Les Cattleya importés seront mis en végétation immédiatement; voici comment on opèrera. Enlever les mauvais bulbes jusque dans le vif, recouvrir la plaie de charbon de bois pulvérisé, retrancher toutes les vieilles racines; rempoter dans le compost que nous avons maintes fois indiqué pour ce genre de culture, et arroser assez fortement pour faire repousser immédiatement des racines et regonfler les bulbes; puis diminuer les arrosages pour conserver les racines.
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ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉLÉMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES
(Suite, voir p. 303) 5° LES ZYGOPETALUM
Il ne sera pas bien difficile de se procurer des matériaux pour l’étude du genre Zygopetalum, car, entre les espèces qui sont habituellement rangées sous ce nom générique, on en trouve dans les cultures bon nombre d’autres qui sont rapportées aux différents genres que nous nommerons plus loin et qui sont généralement considérés aujourd’hui comme des synonymes des Zygopetalum, spécialement les Bollea, Galeottia, Pescatorea, Promenaea et Warszewiczella. Toute espèce rangée sous l’un ou l’autre de ces derniers noms pourra donc être analysée pour l'étude du genre qui nous occupe.
Nous avons déjà fait antérieurement une analyse sommaire du Z. crinitum, lorsque nous recherchions les caractères des tribus (voir 1'° année, p. 367). Nous pouvons reprendre d’abord la fleur de cette espèce, pour en examiner les organes plus minutieusement. Les sépales et les pétales sont oblongs, à sept nervures fines et à peu près de même longueur; mais nous avons déjà remarqué que les sépales sont aigus, tandis que les pétales sont obtus. Les sépales latéraux s’attachent, par leur base un peu élargie, sur le prolongement antérieur au pied du gynostème. A l'extrémité du pied, est inséré le labelle, qui se replie d’abord directement vers le gynostème, de manière à former un menton en saillie bien prononcée; avant de s’étaler en un large limbe arrondi, le labelle se prolonge ensuite en une forte crête transversale arguée en forme de mâchoire. Le gynostème, long de seize à dix-sept millimètres et large de près d’un centimètre, est de forme semi-cylindrique et il présente en avant deux ailes latérales ; sa face antérieure est couverte inférieurement de nombreux poils blanchâtres dirigés vers le haut; il se termine au sommet en un clinandre profond, dont les rebords forment une aile mince et très entière. L’opercule de l’anthère, très convexe, est divisé intérieurement en deux cavités contenant les quatre grosses pollinies superposées par paires, que nous
avons déjà décrites.
Le Z. Gautieri, assez analogue au précédent, a aussi les sépales et les pétales verts avec de larges macules brunes ; maïs le labelle a le limbe plus ou moins bleuâtre, avec la crête d’un pourpre violet foncé, marquée de fortes côtes verticales. Le gynostème, de couleur pourpre, est un peu plus court et il se prolonge antérieurement en un pied plus distinct. L’opercule est prolongé en pointe vers le haut. Les quatre pollinies, aussi superposées par paires, sont placées un peu obliquement et les inférieures sont plus petites, comme dans les Maxillaria.
Le Z. rostratum a les sépales et les pétales verdâtres un peu lavés de brun; ils sont sensiblement de longueur égale, tous lancéolés et acuminés. Le labelle est blanchâtre et à sommet aigu; sa crète transversale est d’un rose pourpré, à bords ondulés-dentés. Le gynostème est blanchâtre, un peu arqué; il présente en avant, dans sa partie supérieure, deux larges ailes arrondies, qui sont comme la continuation des bords du clinandre. Celui-ci est profond et fort oblique en avant, à bords très minces, fortement dentés-ciliés en arrière et sur les côtés. L’opercule est blanc, plan antérieurement et prolongé vers le haut en une pointe aiguë et très étroite, longue de près d’un centimètre. Les
quatre pollinies, blanchâtres, sont analogues à celles des espèces précédentes.
Nous avons sous les yeux le Wayrszewiczella discolor, dont l’organisation florale diffère peu de celle des deux premiers Zygopetalum examinés plus haut. Notons cependant que la crète transversale du labelle est divisée en plusieurs dents profondes. L’opercule est blanc, aplati, un peu pointu en arrière. Le clinandre est profond et à bords entiers. Le pédicelle des pollinies est assez allongé et il s’élargit fortement en deux ailes latérales, brusquement rétrécies au sommet.
Les caractères communs aux espèces précédentes et à d’autres que nous pourrions encore étudier, nous fournissent la diagnose suivante pour le genre Zygopetalum « Sépales presque égaux, étalés, libres, les latéraux insérés sur le pied du gynostème. Pétales à peu près semblables aux sépales. Labelle inséré à l'extrémité du pied du gynostème et replié d’abord vers celui-ci pour former un menton assez court; il s'étale ensuite en un limbe généralement assez large ; à la base du limbe, il se trouve une crète transversale charnue, souvent très proéminente, entière ou dentée. Gynostème très épais, arqué en avant, semi-cylindrique, tantôt privé d'ailes, tantôt en portant deux au sommet, prolongé à la base en un pied souvent assez court ; clinandre