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GUIDE PRATIQUE DE CULTURE
RÉ DICGEÉ ET U B'LTÉ PAR
LUCIEN, ENDEN
Administrateur-Directeur de L’HORTICULTURE INTERNATIONALE Secrétaire de L'ORCHIDÉENNE
AVEC LA COLLABORATION DE MM
$ J. LinpEN, Comte pu Buysson, LE LANSBERGE, G. WAROCQUÉ, R. A. ROLFE, Comte ne Moran, Ém. Ropicas, Funcx, A. Cocniaux, G. Joris, G. Mireau, A.VanIuscaoor, Fr. DEsBois, Max GARNIER, Dr G. von HEERDT, E. BERGMAN, E. S. Ranp, A. BLeu, Dr Van CAUWELAERT, E. BUNGEROTH, CH. VASSEUR, JAMES O’BRIEN, J. HyE, R. MARTIN CaHuzac, Dr CaparT, Comte DE BoUSIES, R. Joanson, J. ou Trieu DE TERDONCK, O. DE KircHsBERG, Vicomte DE Noviow, G. Rivors, J. Haros, P. Sizver, J. Moëns, A. Ducos, A. DALLIÈRE, J. NôTzLi, F. KeGeLyan, O. BaLzuir, C. ELLNER, D. MASsaNGE DE LOUVREX, | A. DE LA DEVANSAYE, FL. CLAES, DE MEULENAERE, G. DIRETTI, A. VAN DEN HEEDE, SrEsmayer, A. Wincoz, G. KiTTEL, Baron DE MEYLHAND, BÉRANEK ET LES CHEFS DE CULTURE DE « L’HORTICULTURE INTERNATIONALE. »
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La Lindenia publie également DEPUIS LE 1 FÉVRIER 1891
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L'ORCHIDÉENNE BOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES
BRUXELLES
Présidents d'Honneur MM. le baron ne BLEICHRÔDER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin, pour l’Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte pu BUYSSON, auteur de l’Orchidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas.
Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique ;
Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de Z’Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire.
Le prochain meeting aura lieu les Dimanche el Lundi 14 el 15 Février
Exposition Générale Internationale d'Orchidées
Une grande Exposition internationale d'Orchidées sera ouverte au mois de x Mai 1892, à Bruxelles.
LES MEMBRES DU JURY DE « L'ORCHIDÉENNE » pour l’année 1891-1899 | sont MM. comte À. ne Bousres, Houzeau De Lexair, A. Huyprecars, F. KecEeLJan, D. Massance De Louvrex, G. Mireau, J. Moews, Ém. Ronicas, D' Van CAUWELAERT, | A. van Iuscuoor, E. WazLaerr et A. Wincoz.
Pages Chronique orchidéenne mensuelle. .”.:. . AMD: 2: Con PNR 3414 Causerie sur Jes-Orchidées = XX XIV 206.0 00. OMR Ce AL A AE ARC RES Re 345 M Les grandes collections d’Orchidées én Angleterre. STIT.: 7. | EVE 348 Les Orchidées à l’état naturel dans l'Amérique du Sud, -/0 7 NP 3524 Lissochilus giganteus 4... 4 000 4.1, ONU À, Le SSP 1 850)
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CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE
LES ORCHIDÉES PROTÉGÉES. — Un des organes les plus importants de l’horticulture en Angleterre publiait ces jours-ci une note au sujet des grandes importations de Cattleya Warocqueana que fait actuellement L’Horri- CULTURE INTERNATIONALE, et concluait en demandant que les gouvernements prennent des mesures restrictives contre la sortie des Orchidées des divers pays, afin d'empêcher que l’on extermine de cette façon ce que la nature a créé.
Avant d’aller plus loin, il n’est pas inutile de rappeler que c’est le même journal qui, tout dernièrement, félicitait chaleureusement un importateur établi en Angleterre d’avoir retrouvé notre plante et de l’importer en grandes masses.
Ce qui nous à amenés à envoyer dans le pays trois collecteurs, c’est l’affluence des demandes qui arrivaient de toutes parts à L’HORTICULTURE INTERNATIONALE, notamment à la suite des expositions que nous avions organisées et qui avaient établi l'identité du C. Warocqueana avec le C. labiata autumnalis; c’est ainsi que nous nous sommes trouvés dans la nécessité d’introduire cette belle Orchidée en quantités suffisantes. Il parait que ce n’est plus de jeu aujourd’hui que c’est nous qui l’importons de nouveau.
Vraiment la Belgique n’a pas de chance. Après la France qui a demandé à se protéger contre le raisin belge, voici venir un journal anglais qui éprouve le besoin d’une protection contre les importations d’Orchidées faites en Belgique. Qui l'aurait pensé il y a seulement deux ans!
Voila pourtant où nous en sommes, pauvres Belges! Nous avions assez de désavantages naturels pour pouvoir espérer l’indulgence; pour le raisin, nous avons à lutter contre le soleil de France; pour les explorations lointaines, contre la puissante marine et les influences de l’Angleterre, et les facilités qu’elle retire de la présence de ses citoyens établis, soit comme colonisateurs, soit seulement comme émigrés, dans toutes les parties du monde. Tout cela nous manque, et nous en sommes cependant arrivés à ce qu'on désire se garder
contre nous.
Quoique le journal qui exprime un pareil vœu soit des plus sérieux, nous voulons croire qu’il n’y a là qu'une boutade, une expression de cet humour où excellent nos voisins d’Outre-Manche; nous ne pouvons pas admettre un seul instant que le Gardeners’ Chronicle, Vorgane et le guide des jardiniers anglais, les premiers du monde, songe à empêcher la matière première d’arriver librement à eux. Une demande de ce genre serait d’ailleurs sans écho dans le pays.
Le peuple anglais est trop pratique et d’un sens trop éclairé pour songer à se couper à lui-même l’herbe sous le pied.
Quant aux âmes sensibles qui pourraient s’apitoyer sur la tristesse des forêts vierges dépouillées de leurs merveilleux ornements, ne seraient-elles pas plus cruellement éprouvées encore si le vieux Cattleya labiata de LINDLEY restait aujourd’hui perdu dans les endroits reculés où depuis cinquante ans il n’avait pour admirateurs que les sauvages, les singes et les autres animaux des forêts, au lieu d’être, comme aujourd’hui, bien soigné dans de bonnes serres bien chauffées où il est rempoté et arrosé à temps, et fait l’orgueil de nombreux amateurs, la joie des dames et l’ornement de toutes les fêtes?
Parmi les créations de la nature, il en est une qui a quelques droits aussi à la sollicitude des mêmes âmes sensibles : c’est l’homme, à qui elles ne voudraient certainement pas retirer les satisfactions dont il s'efforce d’embellir sa. pauvre existence ni les moyens d’exercer son activité et ses curiosités les plus nobles.
Aussi nous empressons-nous de les rassurer en leur affirmant que nos serres européennes, quelque soit l’avenir, ne seront pas privées de ces bijoux. Rien n’enrayera les importations. S'il faut payer des droits, nous les paierons; mais nous poursuivrons, en tout état de cause, les importations qui ont procuré déjà tant de jouissances aux Orchidophiles.
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CATTLEYA GLORIOSA. — L’HORTICULTURE INTERNATIONALE vient d'opérer l'introduction d’une forme nouvelle de Cattleya labiata tout à fait distincte et qui ne peut manquer d’exciter un vif intérêt chez les amateurs d’Orchidées. Cette variété, qui diffère très nettement des Warocqueana et autres labiata et se reconnaît immédiatement, même en dehors de l’époque de floraison, à la forme particulière de ses bulbes et de ses feuilles, a été collectée dans un district nouveau et non encore exploré jusqu'ici.
Le stock entier de cette superbe introduction, composé d’à peu près six
cents plantes, sera mis en vente publique à Londres le 5 février prochain, chez MM. PROTHEROE et Morris.
# LES CULTURES D’ORCHIDÉES DE S. M. L'IMPÉRATRICE FRÉDÉRIC A CRONBERG, dont nous parlions dans notre numéro précédent, sont dirigées pat M. WALTER; une erreur de transcription dans l’article de M. ToNEL a fait omettre l'alinéa où il était nommé; nous tenons à réparer cette omission et à rendre justice au chef à la direction de qui sont dûs les excellents résul-
tats de culture que nous avons mentionnés.
EN FLEURS CHEZ M. GEORGES MANTIN, dans le courant du mois, un Schomburgkia rouge vif, très voisin du S. Sanderiana, les rares Coeha bella et Nephelaphyllum pulchrum, une forme superbe de Cypripedium Rothschildianum, à pavillon très large, et un hybride provenant du C. barbatum Crossi et du C. Argus, le C. X turpe Bellaerense.
Ce dernier nom de variété est justifié par l’emploi d’une forme distincte, la variété Crossi, dans la fécondation. Il a été choisi à juste titre en l’honneur de la belle collection dans laquelle il avait pris naissance, au château de Bel-Air, près d'Olivet.
Le C. X turpe est relégué dans l’ombre par les formes supérieures que l’hybridation a fait apparaître depuis une quinzaine d’années; mais quoiqu'il semble n'avoir pris de ses deux parents que les traits les plus ordinaires, et qu'il n’ait ni la forme curieuse de l’Aygus, ni le vif coloris du barbatum, il n’est pas disgracieux en somme, et ne méritait pas, comme le dit fort bien M. GEORGES MANTIN, l’excès de « turpitude » qui lui a été infligé.
M. A. BLEU, de Paris, nous adresse la description ci-après d’un nouveau Cypripedium hybride qui vient de fleurir dans ses serres :
« Cypripedium Chantini X ciliolare. — Parfait d'ensemble dans la disposition « des diverses parties de son périanthe et dans le dessin et le coloris de ces « mêmes parties. Le sépale supérieur très ample (0"06 de longueur et de « hauteur) rappelle beaucoup les dessins et coloris des sépales inférieurs d’un « beau Vanda Sanderiana; les pétales jaune rouge cuivré sont couverts de « très nombreux et gros points rouge brun, et le labelle, qui par sa forme « rappelle celui du C. vellosum, est également jaune rouge cuivré verni.
« Cette belle plante n’est pas, à mon avis, inférieure aux plus remarquables « obtenues jusqu’à ce jour. »
M. BLEU nous fait connaître également qu’il attend la floraison d’un second hybride issu du C. villosum et du C. callosum; il ajoute : « Je ne sais si sa fleur aura la haute valeur ornementale du précédent, mais au point de vue de la vigueur de la végétation et de la beauté du feuillage il le surpassera de beaucoup. »
COMMENT ON ÉCRIT L'HISTOIRE. — Nos lecteurs partageront assurément la surprise que nous a causée la lecture de l’entrelilet suivant, extrait d’un journal belge — politique, il est vrai :
« Savez-vous la légende de l’Orchidée dans nos climats? Elle est prosaïque et cependant des plus curieuses.
« Il existe en Belgique une famille DUMONT composée de cinq frères, dont
« la richesse est fabuleuse. Ils possèdent une immense propriété, entièrement « close de murs. Chacun a son château, à égale distance l’un de l’autre, et « sur ce territoire on fait de tout, de l’industrie et de l’agriculture. Les blés « sont moulus sur place, la laine des moutons est transformée en drap, etc. « Tout est éclairé à la lumière électrique, et les châteaux et les fabriques sont « reliés par des chemins de fer électriques.
« Or, la fabrique de drap prenant de l’extension, on fit venir des laines « d'Amérique, et ces laines lavées laissèrent échapper dans le ruisseau des « graines qui poussèrent sur les bords. C’étaient des Orchidées.
« Alors les frères DUMONT établirent des serres, y recueillirent ces plantes, « en firent venir d’autres et bientôt ce fut un commerce général en Belgique, « en Hollande, en Angleterre, où des horticulteurs ont engagé, dans leurs
serres, des capitaux de douze et quinze millions. »
Nous ne trouvons pas cette légende si prosaïique; elle atteste au contraire une imagination très libre; mais nous nous demandons où elle a bien pu prendre naissance. Tout dans ce récit est fait pour confondre; jusqu’au nom de DUMONT, que nous ne croyons pas avoir été porté par un amateur d’Orchidées connu en Belgique.
Mais où sont ces Orchidées merveilleuses, poussées au bord d’un ruisseau?
Quand un bon génie viendra-t-il, d'un coup de baguette, réaliser ce rêve enchanteur ?
LPHEN PA
er É TR = 1° FÉVRIER 1892 345
CAUSERIE SUR LES ORCHIDÉES XXXIV. — L'eau d'arrosage
La qualité de l’eau employée pour les arrosages a une grande importance dans la culture des Orchidées. Nous avons eu déjà l’occasion d'indiquer dans ce journal que la meilleure eau pour cette culture est celle qui provient des pluies. L’eau que l’on appelle communément « eau de ville, » qui contient beaucoup de calcaire, n’est pas bonne. Elle forme d’ordinaire en peu de temps des dépôts blanchâtres sur les racines; ces dépôts revêtent les organes d’absorption d’une couche imperméable, à l’eau, qui les empêche de se nourrir et de nourrir la plante.
L’eau de source est de qualité très variable; il y a des sources très calcaires, d’autres qui le sont moins; mais la meilleure est encore beaucoup moins propice que l’eau de pluie à la culture.
Il faut donc s'attacher à recueillir l’eau de pluie et à la conserver en provision pour les arrosages. Mais cela demande certaines précautions. L’eau conservée dans des citernes n’est pas très bonne; elle n’est pas assez aérée, et croupit rapidement. Il vaut mieux l’emmagasiner dans de grands bassins à ciel ouvert ou aménagés à l’intérieur des serres, sous les tablettes, où la vapeur qui se dégage constamment ira baigner les plantes et aidera grandement à leur bien être.
Afin de conserver en bon état cette eau, si précieuse pour la culture des Orchidées, il faut la soigner et l’entretenir; pour éviter qu’elle croupisse, il faut s’efforcer de l’aérer, en y mettant des poissons, cyprins et autres, qui l’agitent et l’empêchent de se corrompre.
Enfin, chaque fois que le bassin est vide, on doit en profiter pour le nettoyer entièrement, et enlever la vase et ia boue du fond, ainsi que les mousses et tous les dépôts qui tapissent les parois.
Disons quelques mots de la façon dont il convient de construire ces bassins. Notre collaborateur M. Max GARNIER a déjà donné à ce sujet, dans ses articles sur la Construction des serres, des indications auxquelles le lecteur pourra se
reporter utilement. Dans les petites serres, des bassins de un mètre de profondeur environ doivent être creusés sous les tablettes, dans toute la longueur sur l'un des côtés. Ces bassins ayant à peu près un mètre de largeur, on pourra ainsi s'assurer une provision de 25 mètres cubes d’eau de pluie si la serre a 25 mètres de longueur. Cette quantité doit suffire aux besoins pendant assez longtemps.
L'eau qui s’amasse dans les bassins après avoir lavé le vitrage et parcouru les gouttières y recueille souvent des matières étrangères. La poussière n’a pas d'importance appréciable; elle se déposera au fond des bassins. Parfois il s’y trouve de la suie provenant des cheminées environnantes; la suie n’a pas d’inconvénients, et peut même être considérée comme un très bon engrais, car elle contient, grâce à sa grande porosité, une certaine quantité (environ deux et demi pour cent) d’'ammoniaque et de sulfates et sulfites d’ammoniaque, corps doués de propriétés fertilisantes. C’est donc un engrais, mais un engrais très modéré; c’est le seul que les Orchidées reçoivent à L’HORTICULTURE
INTERNATIONALE, car cet établissement étant placé près d’une gare, il y a
toujours sur les vitres une légère couche de suie provenant des fumées, et cette suie est entraînée par les pluies dans les bassins. On constatera aisément, en visitant les serres de L’HORTICULTURE INTERNATIONALE, que l’addition de ce
corps à l’eau d’arrosage n’a pas d’inconvénients pour la culture, au contraire.
Nous n’engagerions cependant pas les cultivateurs d’Orchidées à mélanger de la suie à l’eau quand elle n’en contient pas naturellement; maïs il n’y a pas heu de s'en inquiéter ni de chercher à en détruire les effets, quand elle s’y trouve mélangée.
D’autres corps peuvent au contraire vicier l’eau. Dans les endroits où l’air est chargé, par exemple, de poussière de chaux, il convient de prendre des précautions spéciales pour éviter que l’eau d'arrosage en soit souillée, car elle pourrait alors nuire à la santé des plantes. Lorsque l’eau est mélangée de chaux, on peut employer, pour l’en débarrasser, l’un des moyens suivants : l’additionner d’une solution de savon, de préférence de savon vert à base de potasse, où y verser de l’ammoniaque, en quantité modérée, environ dix-huit à vingt grammes par hectolitre d’eau.
Rappelons, à ce propos, que nous condamnons absolument l'emploi de la chaux pour badigeonner les vitres des serres; en outre de l'inconvénient de former un abri permanent et de priver les plantes d’une partie du jour, la
chaux à celui d’être facilement délayée par l’eau des pluies et emportée dans les réservoirs d'arrosage,
di
Il est de beaucoup préférable d’ombrer au moyen de toiles lâches, ou mieux encore, avec des lattis, comme on le fait généralement en Belgique. Nous avons déjà décrit ce mode d’ombrage dans le détail, et nous n’y reviendrons pas ici.
L'eau dont on se sert pour les arrosages doit être amenée à la température de la serre, surtout pendant l’hiver; si elle était froide, elle serait nuisible. Il est très bon de faire passer dans les bassins un petit tuyau de chauffage de faible épaisseur ; ce tuyau sera muni d’une clef spéciale afin qu’on puisse le fermer à volonté, quand l’eau est à la température convenable; il ne faut pas qu’elle soit trop chaude; elle doit être à la même température que l’air de la serre ou, au maximum, à 4° ou 5° de plus.
Lorsque les bassins ne sont pas suffisamment étendus, ou que par une raison quelconque il ne s’en trouve pas dans une serre, l’air ne serait pas assez humide pour les Orchidées si l’on n’avait soin de disposer des bacs de zinc remplis d’eau, soit autour des plantes, soit sur les tuyaux de chauffage. Cela ne dispense pas, d’ailleurs, de jeter de l’eau dans les sentiers et sur les tablettes, surtout pendant l’été et quand la température de la serre est assez élevée.
En construisant les serres de L’HORTICULTURE INTERNATIONALE, nous nous étions surtout préoccupé d’assurer des réserves considérables d’eau de pluie, car c’est un des points qui nous paraissaient les plus importants pour la bonne culture. Dans chacune des grandes serres, le bac en maçonnerie qui se trouve au milieu et supporte les gradins forme un grand réservoir d’eau qui contient environ 50 mètres cubes ou 30.000 litres; il distribue l’eau dans tous les bassins des petites serres placées à la suite des grandes; ceux-ci, en effet, sont en contre-bas; chacun d’eux a son robinet particulier, de sorte qu’on peut y prendre de l’eau selon les besoins.
Rien ne se perd, d’ailleurs, de la quantité d’eau qui tombe pendant les pluies sur toute la surface de l’établissement; voici comment ce résultat est obtenu :
Il y a entre les serres un étroit espace laissé libre pour pouvoir ouvrir et fermer certains ventilateurs, placer et enlever les abris, etc. Ce chemin est cimenté et forme une rigole pouvant contenir environ 25 centimètres de profondeur d’eau, avec des plaques de fonte formant pont de pas en pas. Cet aménagement a un double, et même un triple avantage. L’air qui s’introduit dans les serres pendant l’été par les ventilateurs du bas, y arrive saturé de vapeur d’eau, ce qui est très précieux pour la culture; on sait combien les plantes souffrent le plus souvent de l’air sec et desséchant de l'été. D’autre part,
les murailles, qui sont en briques poreuses, sont ainsi imbibées d’eau et communiquent à la serre une humidité bienfaisante; enfin cela empêche les mulots, les chats, les insectes et autres animaux de circuler entre les serres et de s’y introduire par les prises d’air. Cet avantage mérite également d’être pris en considération.
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LES GRANDES COLLECTIONS D'ORCHIDÉES EN ANGLETERRE
III. — Collection de Sir Trevor Lawrence Bart., M. P., à Burford Lodge, Dorking
La célèbre collection d'Orchidées du Président de la Société Royale d’Horticulture de Londres peut être considérée comme une des premières, sinon la première, de l’Angleterre, tant au point de vue de la bonne culture et du choix des espèces, qu’au point de vue de l’étendue et de la diversité. Les lecteurs du Fournal des Orchidées ont pu voir dans l’article extrait du Gardeners’ Chronicle et dont nous avons publié récemment la traduction, que Sir TREVOR LAWRENCE est partisan des collections d’Orchidées vraiment complètes, et renfermant non seulement les espèces ou les genres les plus brillants, mais à peu près tous les genres représentés au moins par leurs espèces les plus importantes et les plus typiques. Il a réellement atteint ce but, autant que les ressources actuelles de l’horticulture le permettent, et ses serres renferment un nombre considérable d’Orchidées curieuses et peu connues qu’on trouverait diffcilement dans la plupart des autres collections.
Le château de Sir TREVOR LAWRENCE est merveilleusement situé dans la partie la plus pittoresque du comté de Surrey: cette localité, abritée par les célèbres ombrages de Boxhill, est bien connue des botanistes, qui y vont souvent explorer l’un des dépôts les plus riches de la Flore indigène.
La collection d'Orchidées occupe la plus grande partie des constructions vitrées. Nous avons déjà parlé de son étendue; une collection aussi choisie et aussi vaste ne se forme qu’à la longue, et représente de longues années de
recherches et d’acquisitions mûrement réfléchies; celle dont nous nous occupons ici a un passé déjà long de succès et de célébrité, et les noms de ses possesseurs ont figuré glorieusement dans l’histoire des Orchidées depuis plus d’une génération. Aux beaux jours de Chiswick, Mrs. LAWRENCE, mère de Sir TREVOR LAWRENCE, était au premier rang des amateurs qui prenaient part à ces expositions, dont le souvenir est encore vivant dans la mémoire des personnes qui connaissent l’histoire de l’horticulture.
La collection de Burford Lodge mériterait une longue étude, et nous ne pouvons entreprendre d'en donner une description complète dans ce cadre restreint. Nous mentionnerons seulement, parmi les trésors qu’elle contient, les plantes les plus intéressantes et les plus remarquables.
La première serre dans laquelle nous pénétrons renferme un grand nombre de semis de Cypripedium, de Dendrobium etc. Plusieurs des Cypripedium portent des boutons et promettent une floraison prochaine, dans laquelle apparaîtront sans doute quelques belles nouveautés; les rares Dendrobium Huitoni, D. nobile Cooksont, D. n. elegans, D. Watti, D. Rhodostoma, le Pharus tuberculosus, plante réputée d’une culture difficile, portant une floraison magnifique et montrant une vigueur qui ne peut être surpassée à l’état naturel dans les bas-fonds humides de Madagascar. Le Vanda Sanderiana est représenté par un spécimen portant sept pousses, et qui est certainement le plus fort exemplaire existant dans les cultures; nous remarquons également de beaux spécimens de Dendrobium stratiotes et de D. superbiens ; un petit Cypripedium hybride, provenant du C. concolor et du C. Stoner platytoenium, une rareté qui sera problablement un des gains les plus remarquables du genre; les Zygopetalum Lindemiae, Z. rostratum, Trichopilia fragrans, à très grandes fleurs, T. Wagner, etc.
Dans une autre serre, nous admirons une superbe collection de ces Calanthe hybrides dont le Fournal des Orchidées a signalé récemment le grand succès à lun des derniers meetings de Londres, la plupart en pleine floraison : Calanthe X Burfordiensis, C. X rosea, C. X sanguinea, C. X porphyrea, C. X Veschr splendens, très foncé, C. X Vestchi lactea, blanc avec le centre jaune pâle, C. X versicolor, qui constituent des acquisitions de premier ordre; un grand nombre de Barkeria spectabilis, B. Skinneri et B. Lindleyana chargés de fleurs; plusieurs merveilleux spécimens du rare et ravissant Aerides Law-
renceue d’une croissance vigoureuse, un grand spécimen du Vanda (Avrachnanthe) Cathcarti, des Angraecum hyaloides, À. sesquipedale, dont plusieurs plantes portent une trentaine de fleurs, À. polystachia, Saccolabium bellinum, S. violaceum et S. calceolus, Polystachia Ottoniana, à petites fleurs blanches, les Ci7rhopetalum Medusae, avec onze inflorescences, C. ovnatissimum, C. Mastersianum, Spathoglottis Regnieri, Catasetum saccatuin, Coclia bella etc.
La serre suivante contient encore une série de Dendrobium hybrides, à différents degrés de croissance, et tous d’un excellent choix; puis des Pleione concolor et le rare Mormodes Dayanum.
La grande serre centrale renferme une riche collection de Cypripedium, entre autres le C. Sionei platytoenium, bijou presque unique, représenté par un beau spécimen ayant sept pousses, et parmi ceux en fleurs au moment de notre visite, les C. orphanum, C. T. B. Haywood, C. regale, C. Morganae var. Burford Lodge, C. Niobe, C. Amesianum, C. Lecanum giganteum, C. pavoninum, C. praestans, C. Pitcherianum, C. cardinale, C. leucorrhodum, C. Sallieri Hyeanum, C. Lathamianum, C. Maynardi, C. Stonei magnificum, ainsi que plusieurs autres espèces ou hybrides rares, en superbe condition; une série des plus belles espèces de Phalaenopsis, notamment plusieurs P. Schalleriana portant de jeunes pousses vigoureuses sur leurs racines aériennes, ce qui témoigne évidemment de leur vigoureuse santé, et les P. leucorrhoda, P. Micholitzi, P. rosea, P. leucashis, P.intermedia Portesi; des Miltonia Blunt: Lubbersiana, M. s. M. atrorubens, etc. Les Dendrobium sont également bien représentés par de grands et moyens spécimens, tels que le rare Dendrobium palpebrae, à belles fleurs blanc et orange, les D. micans, D. euosmum, et euosmum leucopterum, D. nobile nobihius, D. endocharis, le D. Parishi album et une autre magnifique variété du D. Paris, de coloris sombre, ainsi que plusieurs beaux hybrides obtenus à Burford Lodge, D. Funo, D. luna, D. aurora, D. melanodiscus etc.
Près de cette serre se trouve un compartiment plus petit rempli d'Odontoglossum crispum, O. Pescatorei, O. triumphans, ©. tripudians, O. Uro-Skinneri en spécimens bien cultivés, des spécimens non moins beaux d’'Odontoglossum coronartum, ayant des bulbes d’une taille énorme, et d’une vigueur merveilleuse qui prouve que le secret de leur bien-être est parfaitement compris ici. Près du vitrage sont suspendus un grand nombre de beaux Masdevallia, M. Chimaera grandiflora, M, racemosa Crossi, etc,
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Au centre de la serre suivante, nous trouvons de beaux spécimens de Sobralia, une collection de Lycaste en pleine prospérité, entre autres plusieurs superbes variétés de L. Skinneri alba en fleurs et le L. aurantiaca var. major; des Coelogyne cristata alba d’une floraison magnifique, C. barbata, C. Rossiana, C. asperata, C. speciosa; une série de Cypripedium Lecanum, le célèbre hybride de BURFORD LODGE, en merveilleux état; le Dendrochilum uncatum, et le D. glumaceum portant environ 70 tiges florales; des Epidendrum, notamment l'E. arachnoglossum, portant une vigoureuse tige florale, et l'E. Endresi; de grands spécimens de Cymbidium, entre autres C. elegans et C. affine; des Bulbophyllum, parmi lesquels le B. amplum, en belle végétation, et le B. mandibulare; le Chysis Chelsoni, portant une grappe de neuf fleurs. Puis vient une serre de Cattleya, en condition splendide, renferment beaucoup de variétés hors ligne parmi les C. labrata vera (Warocqueana), et les C. Trianae, C. Mossiae, C. Percivaliana, C. gigas, C. X Parthenia, C. Shinnerr alba, etc.
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Nous traversons une partie de l’élégant jardin pour passer à la serre suivante, dans laquelle nous trouvons, à gauche de l'entrée, un spécimen merveilleux de Grammatophyllum speciosum, à bulbes énormes, et dont la floraison offrirait un spectacle du plus haut intérêt. Nous remarquons encore des Spathogloths Augustorum, une belle série de Dendrobium, entre autres le rare D. X Venus, puis de grands spécimens d’Anthurium hybrides de premier ordre, dont beaucoup ont été obtenus à Burford Lodge.
Une grande serre, qui se trouve à la suite de la précédente, renferme de superbes Cattleya, C. Lawrenceana, C. Bowringiana, C. exontensis, C. maxima, une vingtaine de grappes du C. Warocqueana, parmi lesquelles un certain nombre de variétés splendides, et une série de semis de Cattleya qui promettent beaucoup; puis des Laelia purpurata, en variétés de choix, le rare L. Perrini alba, les L. Leeana, L. autumnalis alba, portant quinze fleurs, L. Gouldiana, avec vingt fleurs, L. Protheroeana, L. stella, etc. des Vanda, V. tricolor, V. tricolor planilabris, V. Amesiana, V. coerulea, V. suauis, le Maxillaria lepidota, portant deux cents fleurs, les Oncidium haematochilum, O. loxense, portant une vigoureuse tige florale, etc.
La serre suivante est consacrée à la culture d’Orchidées froides, entre autres une grande quantité d'Odontoglossum crispum en merveilleuse santé, portant des pousses vigoureuses, des O. Harryanum, O. Rossi en belles variétés,
O. Humeanum, O. Roezli et O. R. album, Mesospinidium vulcanicum grandiflorum, Cochlioda Nützliana, etc. ,
Une autre serre contient une collection magnifique, composée de variétés blanches de Laelia anceps, telles que L. a. Amesiana, Dawsoni, Hilli, Veiichi, etc. dans un état de prospérité remarquable, et dont plusieurs sont chargés de tiges florales, en dépit de la mauvaise saison et du brouillard épais. Nous avions noté, lors d’une précédente visite, de superbes Habenaria malitaris admirablement fleuris, ainsi qu’une série de Cypripedium bien choisis.
Enfin la dernière serre renferme une très vaste et très belle collection de Masdevallia, comprenant toutes les espèces connues, depuis le légendaire M. muscosa jusqu'aux plus grandes et aux plus célèbres espèces, M. cucullata, M. splendida, M. Hincksiana, M. leontoglossa, M. Courtauldiana, M. macrura, toutes plantes admirablement cultivées.
C’est d’ailleurs ce mot qui nous servira de conclusion; non Seront la collection merveilleuse de Burford Lodge est extrêmement complète et d’un choix exquis, mais elle témoigne d’une habileté de culture qui n’est guère égalée ailleurs. Beaucoup d’espèces qui sont considérées comme difficiles à cultiver ou comme rebelles à la floraison dans nos climats atteignent, dans les serres de Sir TREVOR LAWRENCE, une prospérité et une floribondité des plus satisfaisantes. Admirablement secondé d’ailleurs par son excellent chef d'Orchidées, Mr. W. Wuite, Sir TREVOR LAWRENCE a su faire de sa collection, l’une des plus considérables qui existent au monde, la première de toutes au point de vue de la belle culture.