LES ORCHIDÉES A L'ÉTAT NATUREL DANS L'AMÉRIQUE DU SUD
(Suite, voir page 318)
À la base des montagnes aux flancs couverts de Sobralia de diverses nuances, dans de frais endroits ombragés, souvent arrosés par le cristal d’un petit cours d’eau, on trouve, au milieu des Fougères, des Adiantum etc., de larges touffes de Masdevallia. Les indigènes les appellent banderitas (petites
bannières), parce qu’ils apparaissent à distance comme autant de petits
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pavillons se dressant au milieu des frais et beaux feuillages qui les entourent. Les nombreuses espèces qui composent ce genre ne se plaisent pas en plein soleil n1 en pleine lumière. La plus grande partie d’entre elles sont terrestres, et vivent parmi les mousses fraîches et les petites fougères, généralement sur les bords de petits ruisseaux rapides et froids, dans des bois ombreux. Un petit nombre d'espèces à belles fleurs de moyenne taille se rencontrent dans des endroits plus élevés, dans un sol argileux et mélangé de petites pierres, exposées à une lumière abondante; enfin un faible nombre croissent sur les branches des chênes à feuillage persistant, Quercus Humboldti.
Les Masdevallia sont, comme on sait, des Orchidées des régions élevées ; ils ne descendent jamais à une altitude très basse ; par suite ils réclament une température identique à celle de la plupart des Odontoglossum, dont ils se rapprochent d’ailleurs étroitement au point de vue des districts dans lesquels on les collecte. Leurs nuances extrêmement foncées et éclatantes, que le pinceau des artistes n’est guère Jamais parvenu à rendre fidèlement, donnent à la plupart d’entre eux un intérêt spécial, et il est rare de rencontrer dans les parties élevées de la Cordillère Sud-Américaine une fleur dont le coloris pénétrant arrête l'attention et excite l’admiration autant que les Masdevallia.
A côté de ceux-ci, 1l existe beaucoup d'espèces miniatures qui, sans être aussi bien douées au point de vue de la beauté du coloris, sont encore d’un très grand intérêt par leurs formes curieuses et bizarres, rappelant des insectes et d’autres petits animaux. Les Masdevallia, en somme, méritent certainement de figurer dans toutes les collections choisies d’Orchidées, et contribuent à en augmenter notablement la beauté et l'importance par les variations infinies qu’ils présentent au point de vue de la forme et du coloris.
Deux autres genres de grande valeur se rencontrent généralement ensemble dans les mêmes localités. Les Aganisia et les Galeandra se plaisent tout particulièrement dans les régions les plus chaudes de l’Amérique méridionale, au bord des rivières ; la seule différence entre eux consiste en ce que les Aganisia recherchent davantage l’ombre et l'humidité, et reposent le plus souvent sur les tiges moussues des arbres et des arbrisseaux, suspendus au-dessus de l’eau dans les endroits les plus touffus des forêts vierges, dont la végétation extrèmement vigoureuse s'étend souvent à une grande distance au-dessus du lit des torrents. Je recueillais généralement les longues tiges traçantes d’Aganisia en dessous des branches et des troncs d’arbres qui surplombaient ainsi la surface de l’eau et n’en étaient distants que de quelques pieds, de telle sorte que la
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mousse et les matières fibreuses qui entourent les racines des Aganisia sont complètement saturées d'humidité par l’évaporation continuelle de l’eau qui se trouve au-dessous d’elles.
Les minces troncs des petits palmiers, tels que le Leopoldina pulchra, qui croissent dans l’eau ou tout près d’elle, et sont abondamment recouverts d'espèces de fibres, sont l'habitat préféré des Aganisia, auxquels leur coloris particulier, et généralement bleuâtre, donne un charme tout spécial.
Les Galeandra croissent également le long des rives des cours d’eau, mais ils recherchent beaucoup plus le soleil et la lumière; aussi peut-on être certain d'en trouver auprès des immenses bancs de sable, entourés généralement d’un cordon de petits arbres et de palmiers qui laissent circuler de toutes parts la clarté et les rayons du soleil. On les rencontre aussi fréquemment enroulés à la base des tiges de ces palmiers minces recouverts de matières fibreuses.
Exactement dans les mêmes endroits, mais sur les branches les plus hautes des arbres, d’autres Orchidées très curieuses allongent leurs minces bulbes vert foncé, qui pendent comme des faisceaux de cordes au-dessous des branches supérieures des arbres, surtout des arbres isolés ; ce sont les Scuticaria et les Bifrenaria, qui se distinguent entièrement de tous les autres genres d'Orchidées épiphytes par leur manière de pousser et leur port.
Les Scuticaria, tout en n'étant pas rangés parmi ce qu’on peut appeler les plus belles Orchidées, produisent des fleurs d’une bonne grandeur, et l’aspect original des plantes elles-mêmes donne un certain attrait particulier à une collection complète et bien choisie.
J'ai remarqué assez souvent sur les mêmes arbres près des lisières des épaisses forêts, le long des bancs de sable des fleuves Sud-Américains, et toujours dans une exposition très ensoleillée, de belles espèces de Brassavola ; ce genre compte assurément très peu de représentants qui soient dignes de figurer dans les cultures ; mais quelques-uns d’entre eux attirent l’attention par l’abondance de leurs gracieuses fleurs, même sur de petites plantes ; ils apporteront une note intéressante dans les serres, à côté des formes plus précieuses et plus célèbres de la famille.
Le genre Catasetum, qui compte parmi ses nombreuses espèces quelques iormes de grand mérite, habite généralement les clairières des forêts peu touifues qui entourent les lacs et les fleuves des régions basses de l'Amérique du Sud, Les Catasetum recherchent beaucoup moins l'humidité que la plupart des autres Orchidées ; je les rencontrais d’ordinaire en grand nombre sur les
arbres isolés, sur les branches nues et sèches; j'ai vu plus d’une fois des arbres en décomposition, depouillés de tout feuillage, complètement couverts de plantes grandes et petites de Catasetum, exposées en plein aux rayons du soleil. Pendant six mois de l’année, ils ne reçoivent pas d’autre humidité que celle provenant des rosées nocturnes, car on les rencontre principalement dans les régions où la saison des pluies dure six mois, et la saison sèche, l’autre moitié de l’année. Pendant la saison sèche, les Catasetum perdent leurs feuilles, et ils restent dans cet état jusqu’à ce que recommencent les pluies. Ainsi la nature elle-même, une fois de plus, nous indique de quelle façon nous devons les traiter. Ils réclament évidemment un repos de six mois par an, et, quoique l'hiver d'Europe ne corresponde pas exactement à la saison sèche de l'Amérique du Sud, il convient de les accoutumer à végéter dans nos serres pendant l'été, et à se reposer pendant l'hiver.
Quelques espèces du genre Catasetum s'élèvent à une altitude supérieure,
mais elles sont en petit nombre.
(Sera continué.) E. BUNGEROTH, Collecteur de L'HORTICULTURE INTERNATIONALE.
LISSOCHILUS GIGANTEUS
Les voyageurs botanistes qui ont parcouru l’Afrique centrale ont toujours parlé de cette Orchidée comme étant une des plantes les plus extraordinaires du règne végétal. Depuis que nous avons eu la bonne fortune de pouvoir admirer sa floraison dans le magnifique aquarium de M. le Duc DE Massa, au château de Franconville (Seine et Oise), nous pouvons affirmer qu'aucune description enthousiaste ne peut assez vanter les beautés de cette merveilleuse Fleur du Paradis, qui avait développé dans cette fameuse collection un pédoncule érigé de 2"50 de hauteur, supportant une trentaine de superbes et énormes fleurons roses et pourpres.
Grâce au dévouement d’un collecteur belge, M. A. LINDEN, un certain nombre d'exemplaires de cette Orchidée ont été introduits en Europe, mais jusqu’à présent, sa floraison n’avait été signalée qu’une seule fois, chez le célèbre orchidophile anglais Sir TREVOR LAWRENCE, qui avait exposé sa plante fleurie au Temple show de Londres les 17 et 18 mai 1888.
Le Lissochilus giganteus, que l’on prendrait au premier abord pour un glaïeul colossal, croît aux embouchures du fleuve Quillo et de la rivière Zaire au Congo, dans des marécages qui sont submergés d’eau salée pendant les hautes marées.
Ses feuilles ont une longueur de 1®20 à 2 mètres sur 10 à 12 centimètres de largeur, et ses tiges florales atteignent parfois dans leur patrie jusqu’à 4 mètres de hauteur; elles supportent des quantités de magnifiques fleurs, dont la forme rappelle assez celle d’un papillon aux ailes étalées ; leurs sépales et pétales sont d’un beau rose vif, et leur labelle est rouge et rayé de pourpre. Cette Orchidée est une des merveilles du règne végétal. Sa culture est malheureusement assez coûteuse et ne peut guère être entreprise que par les grands amateurs, qui disposent d’un aquarium chaud, où l’on cultive par exemple la Vacioria regia, cette reine des eaux.
Cette remarquable espèce doit être cultivée en pot, dans un compost formé de vase, de gros sable, de tourbe et de sphagnum que l’on mélange avec des tessons et du charbon de bois, afin de le maintenir plus perméable: il est préférable d'ajouter à ce mélange une faible proportion de sel marin, qui, paraît-il, influe beaucoup sur son développement. Pendant la végétation, les pots sont submergés dans l'aquarium et placés dans un endroit exposé en plein soleil; les soins que réclame alors ce Lissochilus consistent simplement à maintenir une température élevée dans la serre et à ne jamais laisser l’eau s’abaisser au-dessous de -L 18° à 20° C. Ce n’est qu’en le cultivant dans ces conditions, que l’on peut espérer d’avoir la satisfaction de pouvoir admirer les dimensions colossales et la floraison majestueuse de cette superbe Orchidée.
ULYSSsE OUDEIS.
ORCHIDÉES EN FLEURS. -- Nous donnons dans la Petite Correspondance
la place nous faisant défaut ici — la liste des Orchidées en fleurs dans la dernière quinzaine de janvier chez M. F. PAUWELS, d'Anvers, liste fort longue et fort bien composée.
La collection de M. PAUWELS est de fondation récente, mais elle promet de prendre une excellente place parmi celle des meilleurs amateurs belges; les plantes qu'elle renferme sont parfaitement cultivées et font honneur au possesseur de cette collection et à son excellent jardinier, M. P. MooNENSs.
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PETITE CORRESPONDANCE
M. P. — A cette saison de l’année, les Calanthe ont terminé leur végétation; les bulbes sont tout à fait formés et müris, et la floraison se prépare ou s’épanouit déjà. Les feuilles se dessèchent et tombent naturellement ; les Calanthe, en effet, perdent toujours leurs
L. P. à D. — Il serait bon que vous nous adressiez des échantillons des feuilles tachées, afin que nous puissions les examiner. Nous n'avons jamais observé de cas semblable à celui que vous nous décrivez.
feuilles l’hiver, et la végétation est suspendue en eux De d’une façon si complète, qu’on peut les retirer du compost et les déposer dans un endroit sec pendant deux F. F. — En effet, en outre des magnifiques Cattleya
mois environ, jusqu’au retour de la belle saison.
Il n’y a donc pas lieu de s'inquiéter des taches qui apparaissent sur les feuilles, non plus que de leur dessication. Mais comme les plantes offrent dans cet état un coup-d'œil assez disgracieux, il vaut mieux couper toutes les feuilles sans plus tarder. Jusqu'au moment où ils devront être dépotés, les Calanthe seront suffisamment ornés par leurs grappes de fleurs.
labiata dont vous parlez, nous avons introduit de la même localité, depuis déjà deux ans, beaucoup d’Orchidées intéressantes, notamment un Miltonia qui a fleuri l’année dernière, et qui est une variété du M. Moreliana, un Cyrtopodium très curicux, et une demi-douzaine d’Epidendrum probablement nouveaux, ainsi que plusieurs Catasetum et Mormodes.
Orchidées en fleurs dans la deuxième quinzaine de Janvier, chez M. J. PAUWELS, à Deurne,
Angraecum eburneum. Cypripedium javanicum.
— — superbum. — Leeanum.
Ansellia africana. — — superbum.
Brassia caudata. — longifolium.
Calanthe vestita. — — Roezli.
Catasetum Bungerothi. — marmorophyllum.
— macrocarpum. — nitens.
Cattleya Trianae. — ænanthum.
— Warocqueana. — Peteri.
Coelogyne cristata. — politum.
— Massangeana. — Schrôderae.
— speciosa. — Sedeni. SES Ashburtoniae. = Spicerianum.
barbatum. — — nigrum.
— callosum. — stenophyllum.
— calophyllum. — tonsum.
— Canhami Mrs Canham. — venustum.
— chloroneurum. — — pardinum.
== Crossianum superbum. = vernixium.
— Dauthieri. — villosum.
— — superbum. = Wallaertianum.
-— Harrisianum. Dendrobium bigibbum.
— — nigrum. — nobile.
— Hartweoï. Gongora maculata.
— Haynaldianum.. | Laelia anceps.
— insigne. — autumnalis.
— — Chantini. | Masdevallia amabilis grandiflora.
= — Maulei. — infracta.
— — sylhetense. — polysticta.
près Anvers.
Masdevallia Shuttleworthi.
— tovarensis.
Mesospinidium sanguineum.
Miltonia Clowesi.
— spectabilis. — Regnelli.
Odontoglossum crispum.
— grande.
Lindleyanum.
— maculatum.
= Pescatorei.
— pulchellum.
Oncidium Krameri.
— macranthum.
— Papilio.
— ornithorhynchum.
pulvinatum.
Phalaenopsis amabilis.
—- orandiflora.
— Schilleriana.
Saccolabium Cambodgeanum.
Trichocentrum albo-purpureum.
Vanda tricolor insignis Warscewiczella discolor.
Zygopetalum intermedium.
— Mackay1.
= rostratum.
Demandes de FLEURS COUPÉES D'ORCHIDÉRS