LES ORCHIDÉES A L'ÉTAT NATUREL DANS L'AMÉRIQUE DU SUD
(Suite, voir page 352)
Presque toujours associées aux Catasetum, on trouve d’autres Orchidées extrêmement bizarres et intéressantes, les Coryanthes, qui affectionnent surtout les arbres de grandeur moyenne et les endroits modérément humides des forêts où le jour pénètre suffisamment. C’est là qu’ils étendent leur ample feuillage et développent leurs fleurs pendantes, d’une forme si étrange; ils occupent généralement l’angle formé par deux ou trois branches, et abritent régulièrement des nids de fourmis dans le réseau compliqué de leurs racines. Je n’ai pas pu enlever une seule fois un Coryanthes de l’arbre où il croissait sans être attaqué par des centaines de ces insectes, qui semblent vraiment protéger les plantes contre les approches des autres animaux et même contre la main de l’homme.
Un autre genre très attrayant, quoique de petite taille, le genre Paphinia, forme un contraste direct avec le précédent; il habite les parties les plus profondes, les plus ombragées et les plus humides des forêts vierges. Les Paphinia occupent invariablement la base ou même le pied des arbres aux troncs couverts de mousse, au bord des cours d’eau. Ces plantes minuscules produisent de très belles fleurs, qui méritent d’exciter l'admiration par leur extrème élégance de formes et de coloris. Ce sont, en quelque sorte, les Odontoglossum des régions chaudes; ils rappellent ces trésors de la zone froide par leur aspect et leur mode de végétation, se présentent dans des conditions semblables, et recherchent une humidité abondante, une lumière atténuée et une abondance de mousse et de matière fibreuse à leurs racines.
Les Trichocentrum, autres épiphytes, méritent également l'attention; ils demandent la même température que les Paphinia, et je les ai presque toujours collectés dans les mêmes régions que ceux-ci. Ils recouvrent d’ordinaire les branches des arbres tels que l’arbre-calebasse (Crescentia), et habitent celui-ci de préférence à tout autre, de même que les Burlingtonia, Comparettia et Rodriguezia. Les Ionopsis également semblent rechercher le Crescentia. J'ai vu
souvent des arbres-calebasses aux branches littéralement recouvertes par diverses espèces des genres que je viens de nommer, mélangées de centaines de plantes du minuscule Oncidium iridifolium, dont les élégantes fleurs jaunesoufre complétaient admirablement un superbe bouquet d’Orchidées, entouré du frais et gracieux feuillage de ce bel arbre.
Parmi les Orchidées terrestres, il est un genre, de port imposant et de croissance robuste, que le collecteur trouve rarement dans les forêts vierges, mais plutôt sur les pentes sèches des montagnes, dans les terrains argileux mélangés de petites pierres; je veux parler des Anguloa. Leur superbe feuillage, qui ne laisse pas que de rappeler celui de certains palmiers, se dresse généralement au-dessous des branches des Mélastomacées et d’autres arbustes analogues, mélangé aux feuilles gracieuses de milliers de Fougères et de Lycopodes.
Les Peristeria se rapprochent beaucoup des précédents. Quoique leurs fleurs massives n'offrent pas les mêmes charmes que beaucoup d’autres Orchidées de premier ordre, elles présentent encore de l'intérêt par leurs formes charnues vraiment étranges et très distinctes, et les meilleurs représentants de ce genre devraient trouver place dans toutes les collections.
Les Lycaste, qui, vus à distance dans les forêts, ressemblent absolument aux Anguloa, se rencontrent presque toujours dans les mêmes endroits que les Stanhopea, sur de grands arbres très élevés, dans des positions chaudes et bien abritées, où la lumière n’est pas très vive et où les rayons du soleil ne pénètrent jamais. J'ai toujours observé là une humidité abondante dans l’air aussi bien que sur le sol, la mousse, et les matières fibreuses qui tapissent le pied des arbres sur lesquels croissaient les Stanhopea et les Lycaste. |
La plupart des plus belles espèces de Zygopetalum et de Warscewiczella se rencontrent exactement dans les mêmes conditions que les genres dont je viens de parler. La grande élégance de leurs fleurs permet de les compter parmi les Orchidées les plus précieuses et leur culture n’est assurément pas si difficile qu’on le croit quelquefois; il suffit de leur donner une humidité abondante et une lumière modérée, de leur éviter tout courant d’air, et d’observer enfin les indications que la nature elle même nous fournit.
E. BUNGEROTH, Collecteur de L'HORTICULTURE INTERNATIONALE.
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PETITE CORRESPONDANCE
Les dernières « Causeries » que nous avons publiées au sujet de « La grande culture pour la fleur coupée » continuent à nous valoir de nombreuses lettres sympathiques nous demandant de nouveaux conseils, nous exprimant l’assentiment de nos lecteurs et leur satisfaction des efforts que nous faisons en vue de répandre partout la fleur d’Orchidée.
Beaucoup de personnes de différents pays, chez qui cette question a excité un vif intérêt, et qui se proposent d'établir des cultures de ce genre, nous écrivent aussi pour nous demander une entrevue ; nous répondons directement à toutes ces lettres, et nous faisons savoir à nos abonnés qu’ils sont presque toujours certains de nous trouver constamment, et de préférenee pendant la matinée, à L'HORTICULTURE INTERNATIONALE; cependant il est prudent de nous prévenir à l’avance des visites projetées.
Nous remercions nos correspondants de la sympathie qu’ils veulent bien témoigner au Journal des Orchidées; nous nous félicitons de penser que nous aurons pu leur être agréables en soulevant cette question. Elle est aujourd’hui bien lancée et nous sommes certain qu’elle fera rapidement son chemin.
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Nous ne croyons pas inutile d’ajouter, à cette occasion, que nous nous mettrons très volontiers à la disposition des amateurs qu’elle intéresserait pour leur fournir des renseignements et des conseils et étudier avec eux des projets et des plans, mais non pas pour participer à la direction d’un nouvel établissement à l'étranger comme on nous le propose de différents côtés. La direction de L’HoRTICULTURE INTERNATIONALE suffit à toute notre activité.
Plusieurs amateurs nous ont exprimé déjà plus d’une fois le désir de nous montrer leurs collections, et nous ont engagé à venir visiter leurs serres. Il nous est, le plus souvent, impossible de nous rendre à ces invitations, et nous prions nos amis de croire à nos sincères regrets ; nos.occupations multiples ne nous permettent, que très rarement, de nous absenter de Bruxelles.