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TRAVAUX DE LA PREMIÈRE QUINZAINE D'AVRIL

Nous continuerons de passer en revue, comme dans le numéro précédent, les points principaux énumérés antérieurement, et sur lesquels doit se porter toute l’attention du cultivateur d’Orchidées à cette époque.

L'état des racines a une importance considérable. Lorsqu'’elles souffrent, la vie de la plante elle même est compromise; si elles meurent, la plante éprouve une diminution de forces notable, et peut succomber aussi. Et comme il est difficile d’inspecter les racines, il arrive parfois que les Orchidées sont atteintes d’un dépérissement dont on ne soupçonne pas la cause et auquel on ne peut pas remédier.

Le malaise des racines provient d'ordinaire de trois causes principales : excès d’eau, dégats des insectes, ou manque d’espace. Il sera bon de vérifñer leur état, à ce triple point de vue, au moment des rempotages.

Il est facile à’éviter l’excès, dans les arrosements, en laissant le compost se dessécher de temps en temps pendant quelques jours, ainsi que nous l’avons conseillé déjà. En outre, il faut entretenir un bon drainage, et faciliter par tous les moyens l’aération du compost, qui active l’évaporation de l’eau; pour cela, n’employer que des pots de terre bien poreuse et non vernie, les espacer suffisamment, les placer sur des tablettes composées de lattes à claire-voie entre lesquelles l’air puisse circuler, et éviter l’usage des cendres dont quelques cultivateurs recouvrent à tort ces tablettes.

Pour la destruction des insectes, nous avons donné à plusieurs reprises, au

cours de l’année dernière, des indications détaillées sur lesquelles nous ne reviendrons pas ici.

Enfin il peut arriver que les racines manquent d’espace lorsqu'elles ont pris assez de développement pour remplir le pot dans lequel la plante est cultivée. On le reconnaîtra bien vite, soit en examinant les racines elles-mêmes, soit simplement d’après l’espace occupé par les bulbes. S'il est nécessaire, on retirera la plante de son récipient, en prenant les plus grandes précautions pour ne pas blesser les racines, et on lui en donnera un plus grand. Cette opération ne peut cependant être pratiquée qu’à l’époque convenable, c’est à dire avant la reprise de la végétation.

Nous avons parlé plus haut de la propreté des tessons qui forment le drainage ; il arrive souvent que les arrosages répétés y entraînent des débris de fibres ou de racines, ou y forment des dépôts. Lorsque ces dépôts sont assez abondants pour empêcher le passage de l’air à travers les pores, il est bon de les enlever ou de renouveler les tessons.

L’utilité du drainage dans le pot consiste à y assurer la circulation de l’air, et en même temps à faire écouler l’eau, recueillie par ces fragments qui lui offrent des pentes diverses et qui, grâce à leurs formes irrégulières, laissent des espaces suffisants pour l'écoulement rapide de l’eau. On conçoit donc qu’il ne suffirait pas de placer au fond du pot un ou deux gros morceaux de matière poreuse ; un assez grand nombre de fragments sont nécessaires. On les choisira plus ou moins volumineux selon la grandeur du pot lui-même.

L’excès d’arrosage est nuisible, mais il ne faut pas priver les plantes. Pendant le repos, elles demandent très peu d’eau pour la plupart; pendant la végétation il en faut assez pour suffire à leur activité. Il est d’ailleurs assez facile, en général de discerner le moment où une plante réclame de l’eau, car le sphagnum sec devient blanc à sa surface. Nous avons dit dans un de nos derniers numéros comment on pouvait mécaniquement se rendre compte du degré d'humidité du compost.

Nous avons indiqué également que la pousse doit avoir été bien mürie au cours de la dernière saison. C’est un point très important pour l’avenir de la plante. Une fois que la pousse s’est bien développée et qu’elle a cessé de grandir, il faut la bien mûrir en lui procurant une abondance de soleil et d’air. Si le bulbe ne se formait pas bien en. temps utile, la floraison serait supprimée ou très affaiblie, et la pousse suivante aurait, elle aussi, beaucoup moins de vigueur,

Il faut que chaque bulbe soit au moins égal, sinon supérieur, à celui de l’année précédente. Lorsque le volume des bulhes diminue, on Dee en conclure que la plante n’est plus en bonne santé.

Le repos doit se produire après la formation du bulbe et compléter sa maturation. Pendant cette période, la plante s’assimule définitivement et élabore la nourriture absorbée pendant la saison de croissance. Sauf un certain nombre d’espèces de serre froide, toutes les Orchidées doivent être tenues à l’état presque sec de deux à cinq mois, et suspendre pendant ce délai leur végétation. S'il en était autrement, si les arrosages étaient maintenus trop fréquents, une nouvelle pousse ne tarderait pas à se développer, et la plante, ayant employé toute sa force à former cette pousse, ne fleurirait pas à la saison suivante. La pousse nouvelle serait elle-même assez faible et ne donnerait qu’un bulbe bien inférieur en volume aux précédents. 2

Bien des échecs éprouvés par des amateurs qui ne peuvent pas obtenir de floraison, et voient ainsi diminuer très notablement le charme de la culture, n’ont pas d’autre origine que celle que nous indiquons ici. La végétation ne peut s’exagérer sans que la floraison en souffre; l’une s’augmente aux dépens de l’autre, car toutes deux absorbent les forces végétatives disponibles, qui se trouvent diminuées d'autant. $

Il est bon de passer de nouveau toutes ces règles en revue au moment où les plantes rentrent de toutes parts en activité, car on vérifiera aisément, en déplaçant les pots et les corbeilles et en examinant ‘ainsi chaque plante à son tour, quels résultats ont donnés les divers traitements, comment se sont comportées celles qui avaient joui d’un repos complet et celles qui ont reçu plus d’humidité, celles dont la pousse était bien mûrie, et celles qui n’avaient pas aussi bien mis à profit la fin de la belle saison.

Ventilation. — Il est bon de ventiler assez souvent, toutes les fois que l’air est assez chaud pour qu’on puisse le laisser entrer librement dans les serres ; mais il faut toujours veiller attentivement aux variations du temps, qui sont particulièrement brusques dans cette saison.

Les ombrages devront être placés dans la plupart des serres au milieu du jour, au moins pendant deux ou trois heures, toutes les fois que le soleil ne sera pas voilé. Pour les Laelia anceps, autumnalis, et leurs voisins, on n’aura besoin de les abriter qu'au moment le plus chaud des belles journées, quand les feuilles seront très chaudes au toucher. La plupart des Orchidées mexicaines supportent le soleil admirablement.

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