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LES VANDA

Le genre Vanda est l’un des plus beaux, et l’un des plus populaires parmi les Orchidées. C’est aussi l’un des plus vastes et des plus caractérisés ; aussi a-t-il donné son nom dans la classification de LINDLEY à une tribu, la plus importante et la plus nombreuse de toutes, celle qui comprend à la fois les Odontoglossum, les Oncidium, les Aerides, les Saccolabium, les Masdevallia, les Calanthe, les Catasetum, etc.

Les Vanda sont des plantes épiphytes, dépourvues de pseudo-bulbes, produisant une tige érigée à feuilles distiques, qui atteint parfois une grande hauteur, et qui produit des racines aériennes sur toute sa longueur. Ils peuvent être cultivés avec succès en panier ; toutefois ce mode de traitement ne serait pas pratiquement commode à cause du volume considérable qu'ils atteignent fréquemment. Les feuilles, généralement longues et étroites, ayant l’apparence du cuir, parfois cylindriques, sont persistantes ; les pédoncules sont formés à l'axe des feuilles, et portent des grappes de fleurs ayant les sépales et pétales égaux et de même forme, et le labelle plus petit que les sépales, vésiculeux ou en éperon à la base.

Les Vanda se rencontrent en général dans l’Asie tropicale et l'archipel malais, où ils croissent sur les arbres et surtout à la partie supérieure, où ils se trouvent exposés directement aux rayons du soleil.

Il en résulte qu’ils devront être cultivés dans la serre chaude, et très peu abrités. Placés à la partie supérieure des tablettes, ou suspendus s'ils sont dans des paniers, on les rapproche autant que possible du vitrage. Moins ils auront d'ombre, mieux ils prospèreront et produiront en abondance leurs élégantes fleurs.

Il convient de donner à la serre des Vanda beaucoup d'humidité atmosphé-

rique; on devra arroser les sentiers, ainsi que les parois des serres, plusieurs fois par jour, mais les feuilles étant assez délicates, il faudra faire peu ou pas de seringages, ainsi que le disait excellemment M. G. WAROCQUÉ dans le n° 3 de ce journal; par le même motif il faudra s'abstenir des fumigations de tabac trop denses.

Les principales espèces et les plus belles sont : le V. syavis, universellement connu pour son extrême élégance, et qui fleurit abondamment pendant une grande partie de l’année; le V. #ricolor, également remarquable, avec des taches plus éclatantes et le labelle rose lilacé pâle, et ses nombreuses variétés : V. &. insignis; V. t. formosa, au coloris plus riche encore; W. £#. Patersom, dont les fleurs de grande taille, sont d’un blanc crême, tacheté de brun, avec ‘ le labelle couleur magenta ; le V. Dennisoniana, dont les fleurs sont d’un blanc si chaste, parfois pointillé de carmin; le V. Roxburghi, dont les fleurs durent si longtemps; V. ieres, d’aspect très curieux, produisant de grandes et belles fleurs ; il demande à être placé dans la partie la plus chaude de la serre; le V. insignis, dont les fleurs, de très grande taille, vertes à l’extérieur, portent des taches rouge brun sur un fond brun jaune; le labelle rose vif, est d’une largeur remarquable ; le V. coerulea, qui demande une température moins élevée que les précédents ; il fleurit à l’automne, et donne des fleurs ravissantes d’un bleu azuré, et qui se conservent longtemps. Il a coûté très cher autrefois, mais le prix s’en est abaissé notablement aujourd’hui; le V. coerulescens, très élégant également, et qui fleurit en mars ou avril; le V. coerulescens Boxalli, curieuse variété du précédent, aux feuilles rigides et aux fleurs très séduisantes ; le V. Hookeriana, belle espèce analogue au V. teres, aux sépales et pétales blancs teintés de rose et de magenta ; le V. Batemanni, aux feuilles ensiformes, d’une longueur remarquable, aux fleurs extérieurement pourpre vif, intérieurement jaune d’or tacheté de cramoisi, passant au violet sur les bords. Il fleurit pendant trois mois, de juillet à septembre; le V. Sanderiana, belle espèce, très analogue au V. cocrulea, et qui produit des fleurs d’une dimension extraordinaire. Elle provient des îles Philippines; elle réussit bien dans la partie la plus fraîche de la serre chaude ou même dans la serre tempérée ; le V. Amesiana et le V. Kimballiana, tous deux peu coûteux, et qui s ’accom-. modent d’une température un peu moins élevée.

Les Vanda peuvent se diviser, soit en séparant les rejetons qui se pro- duisent près de la tige à sa partie inférieure, Soit en coupant la tige elle-même en plusieurs segments, aux endroits où se sont formées des racines.

Enfin l’on ne peut négliger de mentionner le parfum des Vanda, qui est un charme notable de plus; presque toutes les espèces exhalent une odeur douce, qui rendent l’entrée des serres fort agréable. Leur aspect aussi peut-être rendu très gracieux, si l’on sait combiner la majesté un peu raide des Vanda avec des feuillages plus légers, tels que ceux des Fougères.

Baron DE MEYLHAND.

LES ORCHIDÉES POPULAIRES III. — Aganisia cyanea Rchb. f. (Acacallis cyanea Lindi.)

C’est une admirable espèce, qui n’est pas aussi connue qu’elle mériterait de l'être, parce qu’elle était très rare jusqu’à ces derniers temps. Elle est d’ailleurs d'introduction assez récente; c’est en 1887 qu’elle a fleuri pour la première - fois, dans les serres de la Société L'HORTICULTURE INTERNATIONALE, de Bruxelles, qui a réussi à l’importer en bonne condition.

La fleur est tout à fait remarquable; et mérite une place d'honneur parmi les plus belles Orchidées. Elle est relativement de grande taille (égale à celle de l’Odontoglossum Pescatorei, disait LiNDLEY),,et d’une forme extrèmementélégante, avec ses pétales légèrement recourbés auprès du sépale supérieur, de façon à former une sorte de dôme, tandis que les sépales inférieurs écartés affectent une disposition étoilée; tous les segments sont bien développés et à peu près arrondis; le labelle, gracieusement projeté en avant de l'onglet coudé, a une forme exquise.

Mais ce qui rend ces fleurs plus précieuses encore, c’est leur couleur bleue, si rare dans la famille orchidéenne, et qui a suffi à faire la gloire du Vanda coerulea. Les pétales et les sépales sont d’un bleu azuré, légèrement teinté d’indigo sur les bords et la face postérieure, qui s’harmonise d’une façon ravissante avec le labelle et les ailes de la colonne, colorés de rose brun avec un reflet mauve, changeant, et qui rappelle la nuance gorge de pigeon.

La plante est de petite taille, avec les pseudobulbes ovales, allongés, espacés sur un long rhizôme, et produisant une feuille unique d’une grande longueur. Mais elle est éclipsée par la fleur, qui absorbe toute l’attention; c'est un spectacle ravissant que celui de ces paniers suspendus au vitrage en

longue file, et couverts de ces fleurs merveilleuses, gracieusement dressées sur une hampe recourbée, et qui se produisent par grappes de quatre, cinq OU Six.

Cette belle Orchidée provient du Nord du Brésil, où elle croît dans l’intérieur des forêts, collée aux branches supérieures des arbres. Sa culture est facile, et ne nécessite aucun soin particulier; c’est celle de la grande majorité des plantes de la serre chaude; toutefois l’Aganisia cyanea réclame beaucoup d’ombre, et de fréquents arrosages pendant la végétation. Son repos est assez prolongé. Il se cultive bien sur bloc, ou en corbeille avec un léger compost.

GASTON Rivois.

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