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TRAVAUX DE LA DEUXIÈME QUINZAINE D'AVRIL

Le temps s’adoucit enfin, et permet d’aérer plus abondamment. Le soleil a déjà pris une assez grande force, et l’on pourra ouvrir les ventilateurs, même dans la serre tempérée, pendant plusieurs heures par jour; il faut donner aux Orchidées beaucoup d’air et d'humidité; en outre, il est bon d’élever un peu la température dans tous les compartiments, notamment la nuit, car la chaleur

dont s’accommodaient les plantes en repos ne pourrait leur suffire quand elles sont en activité.

Les rayons directs du soleil sont toujours à craindre, car ils brüleraient les feuilles et donneraient aux plantes un aspect disgracieux, si même ils ne causaient pas de plus grands dégâts. Il faut donc ombrer les serres lorsque les rayons deviennent trop chauds, et à mesuré que la saison s’avance, il convient de mettre les abris en place plus tôt et de les enlever plus tard. Dans les serres d’Odontoglossum, ils pourront être conservés de neuf ou dix heures jusqu’à quatre ou cinq.

C'est surtout à cette époque de l’année, ainsi qu’à l’automne, qu’il importe de rapprocher autant que possible les Orchidées du vitrage : la lumière leur est indispensable pour développer leurs pousses comme pour les mürir. C’est pourquoi l'expérience a conduit les cultivateurs de ces plantes à adopter des serres très basses.

On accrochera donc près du vitrage les espèces qui sont cultivées en panier, et même les plantes de petite taille qui occupent des pots assez petits pour pouvoir être suspendus de la même façon; quant aux autres, on s’efforcera de leur procurer le plus possible de lumière, soit en les disposant sur des gradins, soit en rangeant les plantes les plus basses au fond des tablettes, et les plus développées, c’est-à-dire celles qui ont les feuilles les plus longues et les bulbes les plus hauts, sur les bords à l’intérieur de la serre.

Le soleil influe beaucoup sur la floraison; les plantes qui y ont été le plus exposées, celles dont les feuilles ont été rougies (quoiqu'il ne faille pas laisser trop souvent ces symptômes apparaître) sont celles qui donneront les fleurs les plus nombreuses et les plus belles. En même temps, il rend les pousses plus courtes et plus trapues.

Lorsqu'une plante ne fleurit pas, on peut attribuer à ce fait bien des causes

diverses. Cela peut tenir à ce qu’elle est trop faible, ou à ce qu’elle a donné une végétation trop abondante et formé trop de pousses, ou à ce qu’elle a été soumise à une température trop élevée, où À ce que les arrosages ont été exagérés.

Quand une plante produit plusieurs pousses, il peut arriver que cette activité même l’épuise, car elle ne peut suffire à leur donner à toutes la vigueur et toutes restent un peu chétives. Il en résulte que la plante a un plus grand nombre de bulbes, mais que ceux-ci sont peu développés, et la culture, en somme, n'y gagne pas, Car ils ne produisent que très peu à la saison suivante, et l’activité, plus grande en apparence, d’une saison, est compensée par un long retard ultérieur de la végétation.

Il peut donc être utile, dans certains cas, de retrancher quelques-uns des yeux d’une Orchidée qui croît très vigoureusement. En tout cas, cette suppression favorise grandement la floraison des pousses que l’on conserve, et c’est pour les amateurs une grande satisfaction.

Serre chaude. — Les Calanthe qui perdent leurs feuilles, et qui ont passé l’hiver en repos absolu, doivent être rempotés sans tarder. Le compost qui leur convient est plus massif et plus substantiel que celui des épiphytes.

Il convient d’y mélanger de la terre franche, et même un peu de gros sable; nous reviendrons d’ailleurs très prochainement sur ces indications.

Les Vanda et Aerides viennent d’entrer en pleine végétation. Les Cypripedium commencent à se couvrir de fleurs, notamment les C. barbatum, C. callosum, C. Harrisianum, C. Ashburtoniae, etc.

Ventiler prudemment quand le soleil le permettra.

Serre tempérée. — La serre des Cattleya est actuellement dans tout son éclat ; les C. Trianae terminent leur floraison, les C. Mossiae commencent la leur, ainsi que les C. citrina, dont les fleurs gracieusement tombantes parfument délicatement les serres.

Toutes les plantes réclament beaucoup d'humidité, et l’on doit arroser abondamment, non seulement aux racines, mais aussi sur les tablettes et les sentiers.

Donner de l'air au milieu de la journée, lorsque le soleil chauffera et que la température s’élèvera au-dessus de 10° centigrades. Enfin, ombrer à partir de dix heures et demie environ toutes les fois que le soleil se montrera franchement, mais ombrer au moyen de claies mobiles faciles à enlever si:le temps change, et assez espacées pour ne pas supprimer la lumière.

PETITE CORRESPONDANCE

A. L., rue St-Honoré, Paris. — Nous nous proposons

depuis quelque temps de donner dans le Journal des LOrchidées une étude sur le parfum de ces plantes ; mais | ce travail exige des connaissances techniques qui nous | paraissent indispensables. Indiquer simplement toutes les Orchidées odorantes, ce serait faire une liste fasti- | dieuse, très considérable, et qui n’aurait pas beaucoup | d'utilité ; mais d'autre part, il n’est pas toujours facile de comparer un parfum à un autre déjà connu, et d’en faire la classification.

Nous nous conformerons volontiers à ce point de vue } aux indications que vous voudrez bien nous donner.

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M. Mauricio H., à Mahon. — 1° Le degré d'humidité que vous nous indiquez convient parfaitement pour les Cattleya, et pour les Odontoglossum.

2% Les Cypripedium barbatum fleurissent à peu près à toutes les époques de l’année; la fleur se produit au centre de la pousse, au moment où celle-ci est assez avancée. Il est possible que la plante dont vous nous parlez fleurisse cette année plus tard que l’année dermère. D'autre part, ainsi que nous avons eu souvent l’oc- Casion de l’expliquer dans ces colonnes, la floraison a pu être arrêtée, soit par une température trop élevée, soit par une croissance très vigoureuse, soit par d’autres motifs qu’on ne saurait indiquer sans avoir la plante

sous les yeux.

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A. L., Arras. — Les deux fleurs que vous nous avez

adressées sont : la première, un Odontoglossum luteo-

de la Société,

purpureum ; la deuxième, un Odontoglossum Andersoni. Toutes deux appartiennent à de bonnes variétés.

L’O. luteo-purpureum est une des plus belles espèces du genre, connue depuis longtemps et très appréciée. L’0. Andersoni est considéré comme un hybride naturel entre l’O. crispum et l'O. gloriosum; c’est une plante de valeur.

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M. Juan F.T.,à Mahon. — D’après les chiffres que vous nous citez, les Orchidées de serre chaude, Vanda, Aerides, Dendrobium, Cypripedium, Saccolabium, etc., prospèreront parfaitement sous votre climat sans avoir besoin de chauffage pendant l’été ; les espèces tempérées pourront réussir en général, à condition que vous ayez soin de rafraîchir l’air autant que possible. Quant aux Odontoglossum et autres plantes de serre froide, une température moyenne de 24° en été est trop élevée pour elles, et il ne serait pas possible de les cultiver sous votre climat suivant les procédés ordinaires.

Toutefois, nous croyons pouvoir arriver à acclimater les Odontoglossum et à instituer une serre froide dans les climats chauds, et vous trouverez des renseignements à ce sujet dans une étude spéciale que nous publierons très prochainement.

L'article de M. Ed. Ranp que vous trouverez dans la première année du Journal des Orchidées (page 327) vous indiquera très exactement et très complètement comment se comportent sous un climat trop chaud les Orchidées de serre froide ou tempérée ; il sera très utile de vous y reporter.

un Le Catalogue de Z’Æorticuliure Jnlernalionale Mparaîtra du 20 au 25 avril, et sera adressé à toutes les personnes qui en feront la demande, ainsi qu'aux clients

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