DANS LA SERRE
La culture des Orchidées dépend, pour une très large part, de l’air de la serre ; il paraît donc utile de connaître les causes qui modifient la qualité de l’air.
Parmi ces causes, la plus importante est l’évaporation de l’eau, car c’est la quantité de vapeur d’eau contenue dans l’air qui influe le plus sur l’action de la chaleur sur les plantes; par conséquent c’est de la manière plus ou moins convenable dont l’évaporation aura été conduite, que l’on obtiendra des résultats de cultures plus ou moins bons,
L'évaporation est toute différente de l’ébullition; pour que celle-ci ait lieu, il faut toujours que l’eau atteigne une température déterminée pour une même pression atmosphérique. C’est ainsi que quand le baromètre indique une pression de 76 centimètres de mercure, l’eau n'entre en ébullition qu’à 100° cd — 80° R' — 212 F. A partir du moment que l’eau a atteint cette température, elle passe brusquement, par parties, à l’état de vapeur, et avec d’autant plus de rapidité qu’elle est soumise à un feu plus ardent; mais la température de l’eau reste la même, 100° ci — 80 R' — 212 F. pendant tout le temps de l’ébullition, ainsi qu’on peut le vérifier en laissant le thermomètre dans l’eau pendant l’ébullition.
Il est très intéressant de voir que l’eau peut bouillir à une température beaucoup plus basse, quand la pression à laquelle elle est soumise est inférieure à celle indiquée précédemment. Poùr cela; on met de l’eau, aux trois quarts, dans un ballon en verre (prix : 30 centimes) et on la fait bouillir en plaçant le ballon ouvert sur un feu quelconque.
Après quelques minutes d’ébullition, pour qu’une grande partie de l’air qui était au-dessus de l’eau dans le ballon soit expulsée par la vapeur d’eau, on ferme le ballon avec un bouchon préparé d'avance, mais en retirant immé-
diatement le ballon du feu. On verse alors de l’eau froide sur la partie supérieure du ballon; aussitôt la vapeur d’eau, contenue dans cette partie, se condense, c’est à dire redevient de l’eau et par conséquent ne presse plus sur l’eau et celle-ci bout, bien que sa température soit de beaucoup plus basse que celle à laquelle l’eau bout à l'air libre.
Au contraire dans les chaudières à vapeur, l’eau ne bout qu’à une température au-dessus de 100° cd, parce qu’elle est soumise à une pression supérieure à celle de l’atmosphère.
Cette pression, ainsi que la température à laquelle l’eau bout, sont d'autant plus élevées que la machine mue par la vapeur de la chaudière est plus puissante ; ainsi pour üne
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L’évaporation ne se fait jamais brusquement, mais elle à toujours lieu, quelles que soient la température et la pression; elle ne cesse que quand l’air
dans lequel l’eau est exposée contient toute la quantité de vapeur qu'il peut prendre; l’on dit alors que l’air est saturé; dans ce cas l’air est humide.
Il faut donc considérer l’évaporation comme véritable dissolution de l’eau dans l'air, analogue à ce qui se passe quand on met un morceau de sucre dans l’eau. De même que le morceau de sucre devient lentement liquide en se répandant dans toutes les parties -de l’eau ; l’eau exposée à l’air devient lentement gaz ou vapeur en se répandant dans toutes les parties de l’air.
Si l’eau ne contient pas de sucre, la dissolution du morceau qu’on vient d'y mettre se fera très vite au commencement, l’on verra le morceau de sucre disparaître rapidement; mais bientôt l’action se ralentit et pour l’activer on doit remuer le liquide. La même chose a lieu pour l’évaporation de l’eau; si l’air ne contient pas du tout d’eau (ce qui n’a jamais lieu, heureusement, dans notre pays), toutes les matières, inanimées et animées, animaux et végétaux, perdent l’eau qu’elles contiennent, laquelle eau se dissout, se répand, s’évapore dans cet air, avec une rapidité d'autant plus grande qu'il fait plus chaud; de même que le morceau de sucre disparaîtrait plus vite dans de l’eau chaude que dans de l’eau froide.
Evidemment que les animaux et les végétaux soumis un peu de temps à ‘ cette exposition dans un air privé de toute trace d’eau, devraient souffrir et périr; mais si l’air pouvait ne pas être remué, l’évaporation se ralentirait, parce que la couche d’air enveloppant l’être qui y est exposé, arrive à prendre toute l’eau qu’elle peut dissoudre.
Dès ce moment ce sera seulement, au fur et à mesure que cette couche d’air saturée cèdera elle-même de l’eau aux couches d’air de plus en plus éloignées, que l’être lui-même perdra de l’eau pour entretenir la saturation de la couche d’air qui le baigne. Cela se fera donc avec plus de lenteur qu’au commencement, mais cette action sera activée si l’air est agité soit par le vent, soit par le fait d’une différence de température entre l'être et l’air dans lequel il se trouve.
Cela explique pourquoi il faut évitèr avec tant de soin de laisser pénétrer rapidement de l’air dans une serre d’Orchidées, quand cet air est dépourvu d’une quantité suffisante d’eau, et pourquoi il faut au préalable forcer cet air à traverser des corps mouillés, auxquels il prendra de l’eau avant d’arriver
au contact des plantes.