‹ Le journal des orchidéesChapitre 36 sur 192 · PE · texte numérisé non relu

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diverses espèces du genre, je ne crois pas qu’on ait cité autre chose jusqu’à présent que l'O. X Leroyanum. Peut-être, il est vrai, M. DE BossCHERE a-t-il pris pour des produits d’hybridation artificielle les formes assez nombreuses qui tiennent le milieu entre l'O. Alexandrae et les ©. luteo-purpureum, gloriosum, odoratum etc., et que l’on considère généralement comme des hybrides naturels. Qui dira, dans ce groupe infiniment complexe et étendu, où sont les espèces et où sont les hybrides ? Il faut se contenter de les inscrire de la façon la plus méthodique et la plus claire possible. Mais quelle curieuse ironie ! C’est précisément le genre le plus rebelle à nos efforts, le plus fermé à l’hybridation, que l’auteur de cette curieuse notice représente comme transformé par les fécondations artificielles |

Quant aux Maltonia vexillaria, en dehors de M. ALFRED BLEU, je ne crois pas que personne en ait jusqu'ici obtenu des hybrides en fleurs ; l’habile semeur sera bien surpris, sans aucun doute, d'apprendre l'extrême diffusion des produits qu’il est presque seul à posséder actuellement.

Tout en souhaitant que ces magnifiques progrès se réalisent dans un avenir prochain, tout en l’espérant fermement, je crois qu’il est bon de mettre les amateurs d'Orchidées qui débutent dans cette attrayante étude, en garde contre l'erreur de les croire déjà effectués.

L'article du Bulletin de la Société Linnéenne est, à ce point de vue, écrit pour l’avenir, et son auteur était assurément inspiré, en l’écrivant, par une vision prophétique. Il faut lui savoir gré de nous avoir à l’avance indiqué ce que deviendront les Orchidées sous l'influence du progrès, ce qui ne peut qu’accroître le courage de ceux qui les étudient et les cultivent. Mais il est bon aussi de prévenir les commençants de la façon dont ils doivent le comprendre, et de leur indiquer que « la scène se passe vers 1910. » M. DE BOSSCHERE, nous l’avons remarqué, n’est pas un historien, mais c’est un novateur ; l’horticulture fin de siècle, ne lui suffisait évidemment pas, et c’est l’horticulture commencement de siècle, qu’il vient de prévoir.

Malheureusement, la profession de prophète a ses déboires, et ne permet d'atteindre qu’à une gloire posthume. Qui sait? Peut-être l’auteur de cette brochure sera-t-il considéré dans vingt ans comme un grand inventeur, par les Orchidophiles au moins; en fait de géographie je n'ose le croire; Cheapside, une 7we de Londres, a si peu de chances de devenir une ville même dans des siècles !

Comte DE MoRAN.

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