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REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEUMCONNUES

MORMODES LAWRENCEANUM ROLFE. — Belle espèce de ce genre intéressant, importée de la Nouvelle-Grenade par MM. LiINDEN, de L’Hor- TICULTURE INTERNATIONALE, Bruxelles, et qui a fleuri dans cet établissement au mois de janvier dernier. Elle est alliée au M. Cartoni HooKk., mais elle a les segments plus aigus et le labelle distinctement pubescent. Les racèmes érigés portent de nombreuses fleurs, qui ont les sépales et les pétales lignés de brun sur fond plus pâle et le labelle jaune-ocre clair avec un petit nombre de taches brun clair.

Cette nouvelle espèce est dédiée à Sir TREVOR LAWRENCE, de Dorking. Lindenia, planche 273.

ZYGOPETALUM LINDENIAE ROLFE. — Ravissante espèce, très analogue comme port au Z. rostyatum, mais appartenant à une section différente du même genre. Il a les fleurs amples, groupées par deux ou trois sur un racème | GTR les sépales et les pétales sont rose pâle, le labelle porte un grand nombre de lignes rose pourpre sur fond blanc. La crête charnue, volumineuse, colorée de pourpre, permet de classer cette espèce dans la section Euzygopetalum. ,

Il a été découverte par M. BUNGEROTH au Vénézuela, et importée par MM. LiINDEN, de Bruxelles. Lindemia, planche 275.

LAELIA ANCEPS VAR. HOLOCHILA ROLFE. — Variété distincte et très remarquable, ayant le labelle entier ; c’est évidemment une forme péloriée de l’espèce. Les sépales et les pétales sont lilas, le labelle pourpre clair, avec le disque blanc et des stries jaunes à la base. Les pétales sont assez étroits, et le labelle lancéolé elliptique, long de plus de cinq centimètres, a deux centimètres de largeur. Cette variété a été introduite par la Liverpool Horticultural Company, en même temps que le Laela anceps morada. Il en existe plusieurs

plantes, présentant toutes le même caractère, et qui pourraient bien provenir d’un même pied. Gard. Chron., 4 avril, p. 426; Garden and Forest, 15 avril, DD 72078 ie oi: à

CYPRIPEDIUM X DAUTHIERI VAR. POGGIO GHERARDO Ross. — Forme très pâle du C. Dautheri, dans laquelle le brun pourpré du sépale dorsal est limité à la moitié inférieure, et la partie supérieure est verte avec une bordure blanche; les pétales et le labelle sont aussi plus pâles que d'ordinaire. Elle a fait son apparition dans la collection de M. H. J. Ross, de Florence, Italie. Gard. Chron., 4 avril, p. 426.

CYCNOCHES ROSSIANUM ROLFE. — Espèce très intéressante de ce genre fécond en bizarreries, qui a fleuri à plusieurs reprises dans la collection de M. H. J. Ross, de Florence, Italie. En 1880, il produisit des fleurs mâles et des fleurs femelles, de part et d’autre du même pseudobulbe ; jusque là il n'avait donné que des fleurs mâles. Les racèmes mâles sont pendants, longs et grêles, et les fleurs y sont assez espacées; elles sont d’un jaune verdâtre, barré de brun-rouge; la fleur femelle était solitaire, érigée, beaucoup plus grande et entièrement verte.

Cette plante avait été achetée sous le nom de C. Warscewiczi, mais elle se distingue nettement de cette espèce, dont les racèmes mâles sont beaucoup plus touffus, et les fleurs entièrement vertes.

C’est au moins la cinquième espèce dont on connaît les deux sexes. Gard. Chron., 11 avril, p. 456. |

MASDEVALLIA ROLFEANA KRANZLIN. — (Gracieuse espèce alliée au M. velifera Res. F., et qui a fleuri chez M. SANDER et Ci au mois de juillet dernier. Les fleurs ont un riche coloris brun-chocolat, excepté la base du tube, qui est couleur de miel; elles ont plus de quinze centimètres de longueur, dont plus de la moitié formée par les pointes. Son pays d’origine n’est pas indiqué. Gard. Chron., 18 avril, p. 488.

He

ODONTOGLOSSUM *X DELLENSE O’BRIEN. — Forme ravissante de l'O. X excellens, dans laquelle les sépales et les pétales sont plus abondamment tachetés que de coutume. Elle a fait son apparition dans la collection de M. le baron ScHRÔDER, de The Dell, Egham. La variabilité de l’O. excellens

est aujourd’hui bien établie. On assigne généralement comme parents à la

plante nouvelle l'O. Pescatorei et l'O. praemitens, mais après en avoir comparé © une fleur authentique avec le Bot. Mag., pl. 6229, je suis convaincu que c’est l'O. triumphans, et non l'O. praemtens, qui est le second parent. Le labelle du

rare ©. praenitens est tout à fait distinct. Gard. Chron., 25 avril, p. 521.

‘MASDEVALLIA MACROCHILA REGEL. — Décrit et figuré comme une espèce nouvelle, alliée au M. bella Rcug. Fr. Il me paraît être identique avec le M. Chestertons Reus. Fr. Il a le périanthe un peu moins tacheté que la fleur figurée dans le Botanical Magazine, pl. 6977, mais cette espèce est variable à ce point de vue. Gartenflora, XL, p. 170, pl. 1344, fig. 4-5.

STANHOPEA GRAVEOLENS VAR. LIETZEI REGEL. — Forme jaune pâle de cette espèce assez variable, ayant le lobe antérieur du labelle abondamment tacheté de rouge-brun et une étroite bande orange autour de l’hypochile. Il aurait été importé du Brésil. Gartenflora, XL, p. 207, t. 1345.

CATTLEYA %X VEDASTI PERRENOUD. — Hybride produit dans la collection de M. PERRENOUD, de Paris, entre le Catïtleya Loddigesi et une forme du Laelia pumila (celle qui a reçu le nom de C. Prneli marginata), ce dernier étant le porte-pollen. Il a fleuri pour la première fois en novembre 1880, de graines semées. en 1883. Les fleurs ont dix centimètres de diamètre aux pétales ; elles sont rose pourpré clair, teintées d’un rose plus foncé ; le labelle, presque entier, ondulé, a le lobe antérieur pourpre cramoisi avec une bordure plus pâle, les lobes latéraux bordés de rose pourpré clair, et le disque assez pâle avec des veines pourpres. Orchidophile, février 1891, p. 48, avec une planche coloriée.

CATTLEYA %X PARTHENIA A. BLEU. — Très bel hybride du second degré provenant du C. X fimbriata fécondé avec le C. Mossiae par M. ALFRED BLeu, de Paris. Les fleurs sont blanches, le disque du labelle jaune vif, et le lobe antérieur rose pourpré clair, relevé ainsi que le disque, de veines pourpres plus foncées. Différentes plantes ont fleuri à différentes saisons de l’année, d’avril à novembre. La plante mère, le C. X fimbriata, provenait du C. sntermedia fécondé par le C. Aclandiae, de sorte que trois espèces figurent dans la création de l’hybride nouveau. Lindenia, pl. 276. R. A. ROLFE,.

CAUSERIE SUR LES ORCHIDÉES XVIII — Le charbon de bois et la théorie d’'Ed. Morren

J'ai dernièrement, à propos du charbon de bois dans la culture des Orchidées, cité une autorité de haute valeur, et des expériences, les unes poursuivies avec un incontestable succès, et d’autres (les miennes) abandonnées presque aussitôt qu’entreprises. La question a, dans ces derniers temps, pris une certaine importance, et le Yournal des Orchidées a ouvert une enquête d’où il est résulté que l'introduction de cet agent dans le compost est sans utilité appréciable. Je le crois volontiers et je ne vois même pas trop que le mélange dans le même but d’autres corps durs, fragments de pots ou de briques, etc., hors comme drainage, soit d’une utilité mieux démontrée.

Mais ce que je voudrais remettre en discussion, c’ést une théorie bien autrement radicale, celle de l’emploi exclusif du charbon de bois dans la culture des épiphytes vraies. Et quand je dis charbon de bois, je n’entends pas la braise, mais le charbon industriel, charbon de face, comme on dit chez nous, en gros et longs morceaux.

Les Orchidées franchement épiphytes croissent au mieux sur bois, écorce de liège, troncs de fougère en arbre etc., pourvu que l’atmosphère de la serre soit toujours suffisamment humide et qu’il s’y mêle certains gaz nutritifs, mais outre que ces conditions ne sont pas toujours faciles à réaliser, une telle culture demande des soins très attentifs et ne trouve pas place dans toutes les serres. Ajoutons que l’effet de ces bois bruts, si original qu'il soit, n’est.pas moins disgracieux souvent.

La culture des épiphytes en pots, mais avec le charbon de bois exclusivement, n’est qu’un autre mode de ce que j’appelais les équivalents de l’horticulture. Celui-ci n’est-il pas rationnel? Faut-il le juger sans valeur ou recommencer l'expérience? La question se reproduisant, j'ai voulu tenter une nouvelle épreuve, et... qui vivra verra.

Voici comment je m'y suis pris. J'ai choisi une demi-douzaine d'espèces diverses, de celles dont la végétation ou la floraison laissaient à désirer. L'expérience en sera plus lente mais plus concluante. Je leur ai donné des

pots un peu grands pour leur taille; sur le trou du fond, j'ai posé un simple fragment de poterie, puis j'ai placé debout des morceaux de charbon de bois assez gros et de toute la hauteur du pot, entremêlés, çà et là de fragments plus courts. Ils sont disposés de manière que l'air y circule librement et que l’eau des arrosements n’y soit nulle part retenue. Quand j'arrose, elle coule immédiatement par le fond presque tout entière. Il en résulte qu’on doit arroser assez souvent et qu’il n’y a nul excès à craindre.

Les racines vivantes sont disposées de manière à se trouver en contact avec le charbon, et la plante étant en place, je couvre la surface d’un peu de sphagnum haché; voilà tout. Il ne faut pas, pour cet empotage, le dixième du temps qu’exige le nettoyage de la mousse et de la terre fibreuse, la réduction de ces matières en fragments, la préparation variée des composts, et tout ce qui s’en suit. Quel jardinier n’a pas perdu patience en opérant de la sorte?

Le charbon de bois serait-il antipathique aux Orchidées? La collection que j'ai citée prouve suffisamment le contraire. Je pourrais, au besoin, montrer de gros morceaux sur lesquels les Orchidées ont incrusté leurs racines au point qu’on n’a pu les en détacher.

Ce charbon n’est nullement spongieux, sa surface absorbe peu d’eau, mais enfermé dans un pot, et sous un peu de sphagnum, il en garde assez pour la plante ; assez, mais non trop, puisqu'elle ne s’y accumule nulle part. La circulation de l’air entre les racines est assurée; il y a donc là trois éléments essentiels; l’air, l’eau et le support solide. Mais la nourriture, d’où viendra-t-elle ? Précisément de ces trois éléments combinés : eau, air, charbon. Que trouve de plus l’Orchidée posée sur une motte compacte de fibre végétale et de mousse, et n'ayant souvent de racines saines que celles qui rampent à la surface ou qui flottent librement dans l'air ?

Le charbon de bois est un antiseptique, il ne peut qu’assainir le milieu où on l’enferme. Sur du bois mort ainsi empoté et tenu humide, la pourriture ne tarde pas à se manifester et il se développe des champignons; la décomposition du charbon est excessivement lente, et il ne nourrit guère de cryptogames.

Beaucoup d'amateurs font entrer dans leurs composts le charbon de bois en menus morceaux, et même à l’état presque pulvérulent. Dans ce dernier cas, il a sans doute pour objet de combattre la pourriture du compost, si fatale aux racines et qui oblige à de fréquents dépotements. D’autres l’emploient à titre de corps dur, divisant et aérant la masse, et aussi pour offrir une prise solide aux racines. Le but est-il atteint? Il est permis d’en douter.

Ce dont je doute moins, c’est la supériorité du mode de plantation que je décris, sur le morceau de bois brut ou même de planche rabotée sur lequel on fait croître tant d’épiphytes.

A tout ceci il faut une conclusion. Je n’entends conseiller à personne de renoncer à la culture dans la terre fibreuse et le sphagnum, mais dans le débat soulevé à propos de charbon, j’apporte une note nouvelle, l'emploi du charbon seul et non comme auxiliaire. J'en ai vu de très bons résultats; je conserve ainsi traité un Cattleya qui n’a plus été rempoté depuis huit ans, et qui se porte aussi bien qu’un autre. Ses racines n’ont aucune tendance à se projeter au dehors. J'avais perdu de vue cette expérience, je viens de la renouveler sur d’autres genres. Je conseille aux amateurs qui ont du loisir d’en tenter quelques autres. Ce mode de plantation ne fût-il bon que pour un petit nombre d’espèces, ce serait toujours une grande simplification dans le traitement de celles-là.

| P. E. DE PUYDT.

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