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III. — Description botanique et affinités de la famille

En résumant ce que nous connaissons déjà des Orchidées, et en y ajoutant quelques caractères empruntés aux organes de végétation, dont nous nous sommes peu occupés jusqu'ici, nous pouvons décrire cette famille comme suit :

APPAREIL VÉGÉTATIF. — Les Orchidées sont des plantes vivaces, herbacées, tantôt terrestres, tantôt épiphytes (voyez p. 14). Celles des pays froids ou tempérés sont terrestres, et leur partie souterraine seule est vivace; elles ont un rhizome court émettant de grosses racines fasciculées, et souvent elles forment chaque année un tubercule qui reproduit la tige l’année suivante. Celles des pays chauds sont le plus souvent épiphytes, et émettent alors de nombreuses racines aériennes, à l’aide desquelles elles se fixent sur le tronc ou les branches des arbres; dans ce cas, elles ont un rhizome souvent allongé et rameux, duquel partent des tiges dont les entre-nœuds inférieurs se renflent fréquemment en pseudo-bulbes de forme variée; parfois aussi, comme dans les Vanilles, ces tiges s’allongent beaucoup et deviennent grimpantes.

Les feuilles sont toujours simples, indivises, à nervures parallèles et à base presque toujours engaînante; parfois ramassées à la base de la tige, parfois même uniques au sommet de celle-ci, elles sont généralement alternes, et souvent dshiques, c’est-à-dire disposées en deux rangées opposées le long de la tige ou des rameaux.

FLEUR. — Les fleurs, presque toujours hermaphrodites et irrégulières, sont parfois solitaires, mais plus souvent groupées en épi, en grappe ou en panicule.

Le périanthe, qui naît sur l'ovaire, est formé de six pièces pétaloïdes (ayant l’aspect de pétales), disposées sur deux rangs et représentant ainsi un calice et une corolle. Le calice comprend trois sépales, dont deux sont pairs et placés latéralement; le troisième, impair, placé dans le plan médian de la fleur, est

généralement tourné vers le haut. Des trois pièces intérieures qui forment la corolle, il y en a deux qui sont latérales et semblables entre elles, et elles conservent le nom de pétales; la troisième, située dans le plan médian de la fleur et le plus souvent dirigée vers le bas, diffère presque toujours considérablement des autres et se nomme labelle. Dans le plus jeune âge de la fleur, le sépale médian ou impair était tourné vers le bas, et le labelle vers le haut; mais bientôt, par suite de la torsion soit du pédoncule ou de l’ovaire, soit même de ces deux organes à la fois, la fleur fait un demi-tour sur elle-même et le sépale impair devient postérieur et supérieur, tandis que le labelle est porté en bas et en avant; parfois cependant, cette torsion ne se produit pas et le labelle reste supérieur, comme dans les Goodyera, les Spiranthes, certains Epidendrum, les formes unisexuées du Catasetum macrocarpum; ou bien la torsion est d’un tour complet, et le labelle revient ainsi à sa position primitive, comme dans les Microstylis, les Haemaria (voyez p. 12), l'Angraecum eburneum. Au centre de la fleur et au sommet de l’ovaire, s’élève une sorte de colonne nommée gynostème, dont la face antérieure, tournée vers Le labelle, est constituée par la substance du style, et la face postérieure contient les filets des étamines. On admet que les étamines sont théoriquement au nombre de six; mais il n’est guère possible d’en reconnaître que trois; encore deux de celles-ci, celles qui sont placées latéralement, sont-elles généralement réduites à un staminode à peine perceptible; la troisième ou supérieure seule est normalement développée et porte une anthère (nous avons constaté l’exception présentée par les Cypripédiées; voir p. 45). L’anthère, à deux loges ou cavités, est souvent plongée dans une fossette (clnandre) creusée au sommet du gynostème; le pollen est rassemblé en deux, quatre, six ou huit masses polliniques, dont nous avons déjà étudié en détail la structure. Le pistil comprend un ovaire infère, contenant le plus souvent une seule cavité, mais formé de trois pièces ou carpelles; dans l'ovaire, on trouve un très grand nombre d’ovules, attachés aux parois de l’ovaire le long de trois lignes nommées placentas; le style, qui, comme nous l’avons déjà dit, occupe la face antérieure du gynostème, est terminé par un stigmate trilobé : les deux lobes latéraux sont généralement mucilagineux; le lobe supérieur, plus développé que les autres, est complètement modifié et transformé en rostellum.

FRUIT ET GRAINE. — Le fruit est une capsule souvent courte et sèche, mais allongée et charnue dans les Vanilles; il s'ouvre généralement en six pièces, alternativement plus larges et plus étroites, qui se séparent parfois

depuis le haut jusqu’à la base, par où seulement elles se trouvent alors attachées, mais qui le plus souvent restent unies aussi par leur sommet.

Les graines, très nombreuses, sont extrêmement fines et d'une orgänisation des plus simples, car leur enveloppe ne contient qu'un petit embryon homogène, sans aucune trace d’albumen.

AFFINITÉS. — Les caractères qui précèdent montrent que les Orchidées appartiennent au grand embranchement des PHANÉROGAMES, comprenant toutes les plantes munies de vraies fleurs, celle-ci étant constituées essentiellement par des étamines et des pistils. Par l’ensemble de leur organisation, spécialement par leurs fleurs, dont toutes les parties sont au nombre de trois, leurs feuilles à nervures parallèles et leur embryon homogène, elles rentrent dans la classe des MONOCOTYLÉDONES.

La présenc du gynostème formé par la soudure des étamines avec le style et le stigmate, de même que l’organisation du pollen réuni en masses, distingue les Orchidées non seulement des autres Monocotylédones, mais encore de

toutes les autres familles du règne végétal.

(Sera continué.) A. COGNIAUX.

PESTVORCHIDÉES CÉEZNELLES

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