‹ Le journal des orchidéesChapitre 69 sur 192 · XX. — Le charbon de bois et les épiphytes · texte numérisé non relu

XX. — Le charbon de bois et les épiphytes

…. Parmi les réponses publiées par le Yournal des Orchidées à la Question du charbon de bois, l’une avait attiré particulièrement mon attention. C'était la seule qui fût favorable au charbon; toutefois ce n’était pas cette opposition à l'opinion générale, et à la mienne aussi, qui m'avait frappé, mais surtout une idée très simple qui y était exprimée; voici quelle était cette idée : si le charbon ‘conserve trop l’humidité, il est facile d’écarter cet inconvénient en superposant un nombre suffisant de morceaux; de cette façon, l’excès d’eau descendra au fond, et les racines trouveront à la partie supérieure un milieu modérément humide, où l’air circulera aisément.

… Je me proposais de revenir sur cette observation, lorsque j'ai lu la dernière “causerie de feu M. DE Puypr, qui exprimait à peu près l’avis que je voulais ‘émettre. Sans être entièrement d’accord avec la théorie de mon si regretté collègue, je crains que les quelques réflexions que j'ai à soumettre aux lecteurs du Journal des Orchidées ne deviennent à peu près inutiles.

D En fait, voici bien nettement précisé le rôle du charbon de bois dans Îla culture des Orchidées. Dans le compost, soit en petits morceaux, soit en poussière, il ne paraît appelé à rendre aucun service; bien loin de diviser ou d'aérer le compost, comme on le croyait autrefois, il l’obstrue par la présence “de corps compacts, impénétrables à l’air et conservant l'humidité beaucoup plus que la mousse, qui comme le disait fort bien le Yournal des Orchidées, est bien un peu elle-même un drainage ; quant à la poussière, rien n’expliquerait son utilité. He |

Mais seul, et disposé comme je viens de le dire, le charbon de bois peut

fort bien être admis, dans certains cas, bien entendu.

” Ilest évident qu’il ne pourra jamais suppléer le compost de sphagnum et de terre fibreuse, ni fournir aux racines une nourriture qu’il ne renferme pas; mais il pourra servir, comme corps poreux, à recevoir de l’eau dont il laissera s’écouler l'excès, et dont il conservera une petite provision, qui, grâce à la

circulation de l’air, se vaporisera peu à peu et entretiendra une humidité constante.

Voilà les services qu’on peut attendre du charbon de bois, et que les tessons rendent également au cultivateur ; toutefois le charbon a un inconvénient et un. avantage. L’inconvénient, c’est de retenir trop d'humidité ; on y remédiera en superposant des morceaux en assez grande épaisseur pour que le haut soit toujours à peu près dégagé; l'avantage, c’est d’être moins lourd et moins encombrant que les tessons. , “

JE crois donc qu’on pourra tirer parti du charbon, mais uniquement dans le cas des Orchidées épiphytes, qui n’exigent pas de compost, car le charbon ne peut pas se combiner avéc le compost. Les plantes, placées au-dessus de cet amas de matériaux frais, pourront y développer leurs racines dans une atmosphère humide; elles se fixeront après le charbon, s’il n’est pas trop mous ou peut-être elles resteront libres, peu importe; mais elles végéteront, à mon avis, tout aussi bien que lorsqu'on les suspend dans l’air, attachées seulement à un fil, ou fixées sur une planchette : elles se trouveront en somme dans les

mêmes conditions.

Comme le disait d’ailleurs M. DE Puypr, il est certain que les plantes ainsi traitées donneront beaucoup moins de peine aux jardiniers, surtout par le motif. qu’elles n’exigeront guère de rempotages. Le charbon n'aura besoin d’être remplacé qu’au bout d’un très long service, car la seule cause qui pourrait le mettre hors d’usage serait le dépôt de conferves ou de matières calcaires provenant de l’eau d'arrosage; si cette eau est bien choisie, 1l pourra servir indéfiniment.

Mais il me semble que dans tout cela la constitution chimique du charbon. n'apparait en aucune façon; il est employé uniquement comme corps poreux retenant de l’eau et la laissant peu à peu évaporer autour des racines. Dès lors, ne pourrait-on pas lui substituer une foule de matières analogues? L’imagination des amateurs peut se donner libre carrière, elle n’aura que l’embarras du choix.

Comte DE MoRAN.

- NOTRE EXCELLENT CONFRÈRE « L'Orchidophile » constate, dans son dernier numéro, que le centre orchidophile se déplace de Londres à Bruxelles. Les derniers grands concours de L'ORCHIDÉENNE ont démontré que la vogue des Orchidées s’accentue chaque année sur le continent et que Bruxelles est admirablement placé comme centre orchidéen européen. Qui l’aurait pensé, il y a cinq ans?

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