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LA COMPAGNIE GÉNÉRALE DES CHAUFFAGES

L'hiver rigoureux que nous venons de traverser a montré combien il existait peu de systèmes de chauffage des serres sur lesquels on püût réellement compter. De tous côtés on s’est plaint d’accidents survenus aux chaudières, accidents qui, dans quelques cas, se sont traduits par des pertes importantes, faute de précautions prises à l'avance. Cette insuffisance des procédés employés jusqu'ici a donné à plusieurs amateurs et horticulteurs l’idée de se grouper et de fonder une Société Anonyme ayant pour objet principal l'étude et la construction de chaudières (thermosiphons) nouvelles, assez perfectionnées pour être à l’äbri des accidents signalés récemment.

Cette société s’est fondée le 30 mai dernier, sous la dénomination de « Compagnie générale des Chauffages. » Elle comprend vingt-cinq membres fondateurs. Le Conseil d'administration est composé de la façon suivante :

Président : M. LUCIEN LINDEN.

Administrateur délégué : M. V. BRASSEUR.

Administrateurs : MM. MASSANGE DE LOUVREX.

A. VAN IMSCHOOT.

MAURICE OTLET.

L'usine de la Compagnie, installée à Marloie (Province de Luxembourg) sera avant six semaines en état de produire; elle est admirablement conçue et occupe un personnel de choix.

Je viens de voir dans les bureaux de M. LUCIEN LINDEN les maquettes de

trois chaudières nouvelles dont il est l'inventeur, et qui me paraissent destinées à révolutionner cette importante industrie. Le Directeur de L'HORTICULTURE

INTERNATIONALE, qui s’est occupé en quelque sorte toute sa vie des questions de chauffage, a acquis dans cette matière une expérience et une compétence qu'il a pleinement mises à profit dans ces utiles découvertes.

Le premier système, celui que le président de la nouvelle compagnie appelle son grand appareil, est d’une ingéniosité et d’une simplicité merveilleuses. Son originalité consiste principalement en ce que, d’une part, chaque chaudière

comprend trois foyers que l’on peut allumer tous ensemble ou par deux ou isolément, de façon à régler le chauffage selon les besoins ; et d’autre part, la flamme et les gaz de la combustion sont forcés de parcourir entièrement toute l’étendue des retours de flammes et des tuyaux remplis d’eau, placés d’une façon ingénieuse; ils sont utilisés, par conséquent, autant que possible. Cet aménagement assure donc une économie considérable de combustible et en même temps une puissance de chauffe remarquable ; aussi ce système conviendra-t-il surtout aux jardins d'hiver et aux grandes installations, exigeant un déploiement de 2000 à 10,000 mètres de tuyaux. Je ne doute pas qu’on ne le voie fonctionner avant peu dans tous les grands établissements et les installations complètes. Il vient d’être breveté récemment.

Je ne puis entrer dans des détails en ce qui concerne les deux autres appareils, dont les brevets ne sont pas encore pris, mais vont l’être dans quelques jours, dès que les études nécessaires seront terminées. Tous deux conviennent à des installations plus modestes, et promettent de donner des résultats extraordinaires. M. LUCIEN LINDEN a surtout recherché dans ses appareils le grand pouvoir de chauffe et l’économie du combustible.

D'autre part, la Compagnie a eu la bonne fortune de pouvoir s'assurer le concours, comme administrateur-délégué, de M. V. BRASSEUR, d’une notoriété et d’une compétence bien connues; elle a acquis la propriété de son fameux « système Brasseur, » dont on a tant parlé il y a trois ou quatre ans, et qui vient d’être encore perfectionné. Ce sera le système à recommander tout spécialement aux amateurs qui n’ont pas de chauffeur en service pendant la nuit, et certainement la meilleure des chaudières verticales.

La Société nouvelle a donc tout prévu et sera en état de satisfaire à toutes les exigences de la façon la plus pratique et la plus économique. Elle se chargera égalernent du placement des tuyaux, et centralisera par conséquent tous les services d’une industrie si importante pour l’horticulture, et qui n’avait réellement pas atteint jusqu'ici l’état de perfection désirable. Aujourd’hui je crois qu’on est bien près d’y toucher, et je suis sorti vraiment émerveillé de ma visite chez M. LINDEN.

Les nouveaux systèmes vont être mis immédiatement en construction, et soumis à des expériences publiques qui permettront à toutes les personnes intéressés dans ces matières de se rendre compte de leur fonctionnement et de leur mérite. Ces expériences auront lieu dans plusieurs endroits, et notamment à L’HORTICULTURE INTERNATIONALE, à Bruxelles,

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