DO CDILION ANGLAISE ET UNE AMÉRICAINE
es» =
25 shillings pour
Pages
Chronique Orchidéenne mensuelle. LEE 117 Causenie sur les Orchidées. "XI M 0 . RDS Te NE NRA E Re 0)
Les Zy: gopet: um. 125
Le retour à la vogue des Macder ne 127 Les Orchidées populaires. — IV. 129 Travaux à effectuer pendant l'été. 131
L'ORCHIDÉENNE
SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES
Présidents d'Honneur
MM. le baron 0e BLEICHRÔDER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte pu BUYSSON, auteur de l’Orchidophile, pour la France; pe LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas.
Comité Directeur
Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique ; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de Z’Horticulture Internationale. Trésorier : M, 1. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire.
Les meetings sont suspendus pendant les mois
de Juin, Jet et Août
Le prochain meeting aura lieu les Dimanche et Lundi 15 el 14 Septembre
LES MEMBRES DU JURY DE « L'ORCHIDÉENNE » pour l’année 1890-1891 sont MM. comte À. be Bousies, Juzes Hve, F. Kecezyan, A. LarcLemand, D. Massance 4
DE Louvrex, G. Mireau, J. Morns, Ên. Ponicas, D' Van CauwerarrT, À. van Imscmoor, E. WazzarrrT et À. Wincoz.
CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE
ORCHIDÉE MONOÏQUE. — Nous avons eu l’occasion de parler déjà, à propos d’une intéressante brochure de notre collaborateur M. RoLFe, de la séparation des sexes dans le genre Catasetum. M. ROLFE en signale un nouveau cas des plus intéressants, qui s’est produit dans le genre Cycnoches. On sait que plusieurs Cycnoches, les C. ventricosum, C. Loddigesi, C. pentadactylon et C. Warscewiczi, étaient déjà connus comme dioïques; une autre espèce, se trouvant dans la collection de M. J. Ross, de Florence (Italie), et qui avait fleuri à plusieurs reprises sans présenter aucune particularité, produisit en 1889 un racème de fleurs mâles et un autre de fleurs femelles sur le même pseudobulbe.
Les fleurs des deux sexes sont complètement distinctes, et les fleurs femelles sont deux fois aussi grandes que les mâles.
La nouvelle espèce, signalée dans le numéro précédent, a reçu le nom de Cycnoches Rossianum RoLrE. C’est une addition des plus curieuses à ce genre si intéressant, et qui est peut-être appelée à jeter un jour nouveau sur la constitution physiologique des Orchidées.
LA FLORAISON DE L’ONCIDIUM MACRANTHUM, si remarquable au point de vue de la grandeur et de l’éclatant coloris des fleurs, peut en outre atteindre à une abondance remarquable. Un journal anglais mentionne une plante de cette éspèce, appartenant à la collection de M"° ARBUTHNOT, de Bexley, dont l’inflorescence s’est développée pendant un espace de plus de six mois et, près de s’ouvrir, atteint une longueur de plusieurs mètres, avec vingt-
cinq ramifications. C’est un des plus beaux exemples que nous ayons vu citer
dans le genre Oncidium, l’un des plus favorisés cependant à ce point de vue.
KuX#
CATTLEYA X PARTHENIA A. BLEU. — Voici la description que M. A. BLEU, l’auteur de ce croisement, a bien voulu nous donner de cette
intéressante Orchidée, mentionnée par M. ROLFE dans sa Revue du numéro précédent, et dont la Lindemia vient de publier une belle reproduction :
« Plante à pseudobulbes hauts de o"20, fusiformes, allongés et déprimés, « parfois monophylles, mais plus souvent diphylles, rappelant un jeune Laelia « Schilleriana. La feuille, longue de 0"16 à o"18, large de o"o4, est lancéolée « elliptique; la fleur, dont toutes les divisions sont du maintien le plus irré- « prochable, a les sépales rigides, de contexture charnue, succulente, longs « de o"o7, larges de o"ors du blanc le plus pur; les pétales, également longs « de o"o7 sur o"o3 de large, sont blanc nacré, ovales, gracieusement ondulés « et légèrement nuancés de rose vers la périphérie; le labelle est élégamment « fimbrié et relevé au haut de la gorge; celle-ci est blanc porcelaine à l’exté- « rieur; l’intérieur, jaune soufre à la base, est marqué au milieu de quatre « lignes carminées; le jaune, qui s’avance vers les deux tiers du pavillon, est « remplacé par une fraîche couleur rose violacé complètement strié de « carmin. »
ODONTOGLOSSUM LUTEO-PURPUREUM VAR. BOXMANNI L. LINDEN. — M. J. DE LANSBERGE a bien voulu nous adresser la description suivante de cette belle variété : |
« Sépales et pétales entièrement bruns-rouges, la base seulement jaunâtre « dans la partie qui touche à la colonne, les pétales fortement dentés et frangés, « les franges à extrémité jaunâtre. Labelle brun-rouge, sa partie terminale « seulement jaune citron, fortement crispée et frangée. Callus jaune safran « fortement frangé.
« Cette variété, exposée par moi à l'Exposition internationale d’Utrecht et « dédiée par M. LUCIEN LINDEX à M. BoxMaAN, grand amateur d’Orchidées, et « membre de la Commission organisatrice, provient des serres de L'HoRri- « CULTURE INTERNATIONALE. Elle m'a semblé assez agréable pour mériter
une description détaillée. »
DEUX CATTLEYA MOSSIAE admirables étaient en fleurs au commencement de juin chez M. HOUZEAU DE LEHAIE, l'amateur Montois bien connu et membre de la Chambre des Représentants, qui a eu l’obligeance de nous apporter une fleur de chacun, Le premier avait les sépales et les pétales d’un rosé mauve pâle, ces derniers remarquablement larges, et le labelle très étalé,
avec deux macules blanches des deux côtés de la gorge. Quant au second, c'était une forme géante d’une beauté incomparable.
LES NOMS LATINS D'ORCHIDÉES. — L'usage semble s’être établi depuis quelque temps dans plusieurs journaux anglais de faire accorder, dans les noms donnés aux Orchidées, l’adjectif épithète de la variété avec le mot vurietas, et de mettre par exemple : Cypripedium Boxalli var. atrata. Nous ne verrions aucun inconvénient à cette façon d'écrire, d’ailleurs aussi logique et aussi correcte que l’autre, si on employait toujours le mot varietas. Mais comme on le passe toujours en désignant une plante, et que l’on dit constamment Cypripedium Boxalli atratum, on s'expose à produire des confusions et à dérouter complètement tous les jardiniers qui ne savent pas le latin. Ils entendent dire atratum, ils lisent atratum, mais deux lignes plus loin ils lisent afrata; ils n’y comprennent plus rien, et les mots étrangers leur paraissent tout à fait incohérents. Ne vaudrait-il pas mieux adopter un usage fixe et adapté à tous les cas ? (
COMPAGNIE GÉNÉRALE DES CHAUFFAGES. — L'article de notre collaborateur Max GARNIER sur la constitution de cette Société nous a valu, tant à nous qu'à son administrateur délégué, de nombreuses lettres nous demandant des renseignements sur les chaudières nouvelles, leurs prix, etc.
La nouvelle Société ne sera à même de répondre utilement à toutes ces questions que dans quelques semaines. |
Le Fournal des Orchidées publiera dans un de ses prochains numéros une
étude sur les nouvelles chaudières, avec dessins et plans.
ke” *#
BIBLIOGRAPHIE. — M. ANGIoLO Pucci, professeur à l’École de Pomologie et d'Horticulture de Florence, vient de publier sous le titre : les Cypripedium et genres affines, un ouvrage qui rendra des services aux amateurs de ce genre si étendu et si complexe; il y a placé, en outre d'indications générales sur la culture et la distribution géographique des Cypripedium et Selenipedium, une liste très complète (au 15 mai 1891) des espèces et hybrides existant dans les cultures, avec références et indication des ouvrages où on peut les trouver figurés. Malgré quelques légères erreurs, bien difficiles à éviter dans un recueil de ce genre, l’ouvrage de M. Puccr offre un intérêt documentaire très
appréciable.
CAUSERIE SUR LES ORCHIDÉES
XXI. — Une visite en mai à « L'HORTICULTURE INTERNATIONALE, » à Bruxelles
(Extrait du journal américain Garden and Forest du 27 mai 1891.)
Cette puissante Société horticole a été fondée il y a quatre ans, pour prendre la suite de l'établissement de M. J. LINDEN, qui avait acquis une réputation considérable à Gand, et avait, pendant près d’un demi-siècle, travaillé à l’introduction et à la culture de belles plantes exotiques de toutes sortes. Ce que Veircx, Low et quelques autres ont fait pour l’horticulture anglaise, LINDEN l’a fait pour l’horticulture belge.
Mais Gand est la province, et MM. LINDEN pensaient trouver à Bruxelles des conditions plus favorables au succès de leur vaste entreprise. Leur confiance a été plus que justifiée, car non seulement la Société anonyme qu’ils ont fondée comprend plusieurs des plus riches et des plus influents parmi les amateurs belges et étrangers, mais le résultat de cette création a été de faire naître parmi les personnes riches de Bruxelles et de toute la Belgique la passion des Orchidées, qui est actuellement en voie de se développer dans ce pays au moins autant qu’en Angleterre.
Le directeur de la Compagnie est M. LUCIEN LINDEN, son père se réserve le grand contrôle du collectage et de l'introduction des plantes nouvelles. L'établissement est très considérable; il est entièrement consacré à la culture des plantes de serre, et disposé de façon à offrir à la fois aux plantes les conditions de culture les plus favorables et aux visiteurs le spectacle le plus agréable. Depuis l'entrée jusqu'aux chaudières, tout s’y trouve dans un ordre admirable; soit que le visiteur passe en revue les Palmiers géants et les Fougères arborescentes dans les galeries, ou les Orchidées tropicales dans les serres, soit qu’il parcoure la galerie du travail, merveilleusement aménagée, dans laquelle se font les emballages, nettoyages, rempotages etc., il ne peut s'empêcher d'admirer l’ordre excellent et la propreté qui règnent dans toutes les parties de cet établissement parfaitement organisé. C’est un gigantesque
1 JUILLET MMS 121
salon, rempli de merveilles que l’on peut examiner avec une commodité et un charme extrêmes. C’est, à mon avis, l’une des premières attractions que la belle ville de Bruxelles peut offrir à ses visiteurs.
Je n’ai parlé jusqu'ici que de l'extérieur; mais quels trésors sont continuellement exposés à L’HORTICULTURE INTERNATIONALE!
Les attractions qu'offre cet établissement aux cultivateurs de plantes exotiques sont aux moins égales à celles des plus grands que je connais. La collection d’Orchidées est très considérable. Toutes les meilleures espèces de serre sont cultivées en nombres énormes, et magnifiquement cultivées. Les Odontoglossum, Masdevallia, Cattleya, Laelia, Vanda, Aerides, Dendrobium, sont one par des milliers de plantes, et tous si pleins de vigueur qu’on a peine à se retenir du désir de les acheter. Les serres sont toutes très grandes, et quelques-unes d’une longueur exceptionnelle. Elles sont construites légèrement avec des tablettes régnant contre le vitrage, parallèlement aux côtés: les sentiers sont en dalles cannelées; sous les tablettes se trouvent des bassins ouverts contenant de l’eau de pluie. Les appareils à abriter consistent en lattes minces et sont construits de façon à laisser les rayons du soleil arriver sur les plantes, mais à ne les laisser jamais reposer sur un point assez longtemps pour pouvoir brûler.
Le compost employé pour la plupart des Orchidées est un mélange de sphagnum haché, fin et de fibre haché, formé de racines de Polypode, et non pas de la grosse fougère (Brake fern) dont on se sert communément en Angleterre. Les arrosages sont bien plus abondants qu’on ne les voit pratiquer d’ordinaire même pour les Orchidées; certaines, notamment les Odontoglossum et Vanda, sont seringuées amplement plusieurs fois par semaine, même au printemps. Ce sont ces procédés et ces aménagements, autant que je puis m'en rendre compte, qui donnent les merveilleux résultats constatés à l'établissement. Il faut encore ajouter, il est vrai, l’activité et l'expérience du cultivateur. M. LUCIEN LINDEN est son propre chef de culture, mais il sait l'avantage qu'il y a à posséder un nombreux faisceau d'employés permanents. Très peu de ceux qu’il emploie sont ce qu’on appelle des hommes à la journée.
Je ne saurais négliger de mentionner un point très important des procédés de culture de M. LiINDEN, je veux dire l'emploi du tabac pour détruire les insectes, qui gâtent et ruinent la grande majorité des collections d'Orchidées. Le tabac est un insecticide ancien, mais il n’est pas souvent utilisé comme le fait M. LINDEN. Dans toutes les serres, se trouve une couche de côtes de tabac
et de débris de feuilles, placée sur les tuyaux de chauffage et retenue par un grillage métallique; ces débris se vendent en Belgique à peu près à sept francs les cent kilos. On les arrose une ou deux fois par jour, et la vapeur qui s’en dégage, toute imprégnée de nicotine, se répand dans toute l’atmosphère des serres et chasse ou détruit les insectes. Elle ne nuit pas aux plantes même les plus délicates, mais elle éloigne si bien la vermine que M. LINDEN a très rarement besoin de faire nettoyer ses plantes. On évite ainsi beaucoup de peine, et les plantes sont préservées. Bien plus, on évite aussi d’avoir à laver et à éponger les feuilles des Orchidées délicates, ce qui leur fait souvent du tort.
En Angleterre le tabac est trop cher pour qu’on puisse l’employer de cette façon, mais il ne serait pas difficile de trouver quelque procédé pour obtenir la nicotine à bon marché et dans un état où elle pût être utilisée convenablement. Ce sont peut-être de petits détails, mais qui ont beaucoup plus d'importance que beaucoup de cultivateurs ne se l’imaginent.
Une des serres renferme quelques mille magnifiques plantes d’Angraecum sesquipedale, importées il y a quelques mois à peine, mais aussi saines de feuillage, aussi vigoureuses, aussi bien pourvues de racines que si elles étaient depuis plusieurs années à l'établissement. Une autre grande serre est remplie de Laelia purpurata, quelques-uns en grands spécimens. Un lot important de Saccolabrum coeleste, l’une des plus splendides Orchidées à fleurs bleues, dans un bel état de santé, nous est désigné comme étant « tout ce qui reste » d’une très heureuse importation de cette espèce, si difficile à importer.
En fait d’'Odontoglossum, j'ai admiré là un certain nombre des plus superbes espèces ou variétés que j'aie jamais eu l’occasion de voir. Leurs noms étaient légion ; leur valeur, dans bien des cas, était énorme; quant à leur exquise beauté, on ne saurait la décrire. Il est évident, d’après ce que j'ai vu, que MM. LiNDEN ont découvert une veine exceptionnellement riche d’Odontoglossum crispum. L'un de leurs derniers grands succès, le Cattleya Warocqueana, qu'ils considèrent, ainsi qu’ils me le répétaient, comme le /abiata autumnalis, a révélé une série extraordinaire de variétés splendides, différant entre elles comme port, comme forme de fleurs et comme coloris.
C'est une Orchidée du plus grand mérite, de croissance vigoureuse. MM. LINDEN m'ont fait remarquer que le petit nombre des plantes qui restent, des milliers qu’ils avaient d’abord importées, prouve bien l'estime dans laquelle les amateurs tiennent cette belle et précieuse Orchidée.
MM, LiNDEN père et fils me montrent encore une serre contenant des
milliers de Dendrobium du Nord de l'Australie, tous en magnifique état, et beaucoup prêts à fleurir, dont ils font le plus grand cas et parmi lesquels ils comptent voir se révéler avant peu de temps des trésors dans le genre des D. Phalaenopsis, D. Goldiei, etc. Un lot important de Catitleya Buyssoniana, un autre du nouveau Coryanthes Bungerothi, un autre de Grammatophyllum Ellisi, un autre du nouveau Coelogyne peltastes, de Bornéo, passent encore sous mes yeux. Cette énumération peut donner une idée de la richesse de la collection que je contemplais de serre en serre; elle montre également l'importance de l’œuvre de la Société qui introduit ces nouveautés, car ce sont toutes des plantes nouvelles découvertes par les collecteurs de MM. LINDEN, sous leur direction, en Australie, à Bornéo, à Madagascar et dans l'Amérique du Sud. Cinq collecteurs, actuellement, sont employés uniquement à la recherche des Orchidées et plantes nouvelles diverses, et deux autres sont occupés à recueillir les Orchidées les plus demandées par la grande culture, telles qu'Odontoglossum et Cattleya.
Des serres plus petites contiennent un grand nombre de raretés qui charment la vue d’un connaisseur d’Orchidées. Je note entre autres des plantes vivantes de ces beaux Telipogon, qui rivaliseraient avec les plus beaux Masdevallia si les cultivateurs pouvaient arriver à les conserver ; des Trichoceros muralhs, des Lassochilus giganteus, des Haemaria Otletae, espèce voisine des Anaectochilus, et ornée de réticulations ravissantes, le Cattleya Rex, que MM. LiNDEN déclarent le plus beau des Cattleya, et qui a été vu par le collecteur, chargé de quatorze fleurs sur une grappe; le Caétleya Gibeziae, variété blanche du C. 2ntermedia; l'Oncidium Leopoldianum, l’une des découvertes récentes les plus splendides. Je pourrais, en continuant, faire l’'énumération de toutes les plus belles Orchidées décrites jusqu'ici, et y ajouter près de cinquante espèces nouvelles, non décrites encore, qui sont cultivées là sous l’œil vigilant de MM. LINDEN; mais je n'aurais pas encore épuisé la liste des Orchidées intéressantes que l’on peut contempler dans ce vaste établissement.
Quoique les Orchidées en constituent la principale spécialité, beaucoup d’autres plantes sont également l’objet des soins attentifs de MM. LINDEX. Les Nepenthes de toutes les espèces sont cultivés en très grand nombre dans une vaste serre qui en est entièrement remplie, autant que la surface du vitrage peut en abriter. Les plantes d'appartement de toutes sortes, Aroïdées, Palmiers, Fougères, ainsi que beaucoup de plantes à fleurs, sont représentées par beaucoup de très belles espèces, parmi lesquelles un nombre considérable de
nouveautés. MM. LINDEN s'intéressent particulièrement à cette catégorie de plantes, qui ont beaucoup perdu dans la faveur du public, surtout parce que les collecteurs les ont négligées pour les Orchidées. Ils ont déjà introduit un grand nombre d’espèces nouvelles qui, selon toute propabilité, auront évidemment un jour un très grand succès auprès des amateurs de plantes exotiques. Pour le moment je ne puis en parler que d’une façon générale.
L'œuvre considérable accomplie par MM. LINDEN comme introducteurs de plantes qu’ils répandent dans les cultures, leur a valu une réputation de premier ordre parmi les horticulteurs européens. Mais ce n’est pas tout ; ils ont encore enrichi la littérature horticole par leurs publications, parmi lesquelles la Lindenia est la plus illustre; L'Illustration Horticole et le Fournal des Orchidées sont également précieux au point de vue pratique. Enfin M. LUCIEN LINDEN a aussi inventé une chaudière pour le chauffage des serres, appareil qui deviendra sans doute un redoutable rival pour les meilleurs systèmes en usage actuellement. On peut le décrire comme une chaudière tubulaire, avec une disposition permettant d'utiliser toute la chaleur développée, et d'économiser le combustible. Pour de vastes constructions, où il faut un grand développement de tuyaux, cette chaudière deviendra évidemment populaire.
Je recommande la visite de l'établissement de MM. LINDEN aux personnes qui désireraient voir toutes les plus belles Orchidées cultivées comme bien peu savent le faire. Au total, cet établissement est un des plus instructifs, comme aussi l’un des plus agréables à voir, que l’on puisse trouver en Europe ().
LA LINDENIA termine ce mois-ci son sixième. volume et commencera son septième le 1“ août prochain. Elle a publié jusqu'ici 288 planches coloriées et a paru chaque mois à la date fixée avec une rigoureuse régularité.
Un de nos plus grands et plus aimables confrères gantois se souvient-il de sa gracieuse prédiction : « Cet ouvrage de luxe ne serait qu'éphémère et cesserait sa publication avec son 1% volume ? » N'’insistons pas.
(1) Nous avons reproduit cet article, dû à la plume du chef des cultures d’un des plus grands jardins botaniques du monde, pour montrer en quelle faveur est tenue l’horticulture belge au delà des mers. Nous savions qu'il intéresserait une grande partie de nos lecteurs,
IATUILLET ‘TOME 125
LES ZYGOPETALUM
Le genre Zygopetalum comprend un assez grand nombre d'espèces, de vingt à vingt-cinq environ, sans compter quelques formes voisines qui sont aujourd’hui rattachées définitivement à d’autres genres (Pescatorea, Warrea).
Les Zygopetalum en général sont des Orchidées robustes, de floraison abondante et très agréable; leurs fleurs, qui se produisent pendant l'hiver ou au commencement du printemps, présentent presque toutes un coloris bleu ou violet plus ou moins prononcé, qui leur donne un prix particulier.
Une espèce cependant fait exception à ce point de vue, et c’est la plus splendide de toutes. Elle est d'apparition toute récente, d’ailleurs ; sa découverte est venue jeter sur ce genre un éclat inattendu. Nous voulons parler du Zygopetalum Lindeniae, figuré récemment dans la Lindenia, et qui, exposé au meeting de L'ORCHIDÉENNE du 12 mai, y a excité l'admiration générale.
Le Z. Lindeniae a les bulbes de taille moyenne, produits sur un rhizôme traçant. Ses fleurs, de grande dimension, ont les pétales et les sépales d’un rose vif, érigés et formant étoile à la partie supérieure, tandis que le labelle, large, à peu près cordiforme et allongé en pointe vers le bas, est blanc strié de fines lignes parallèles serrées d’un beau rose vif ou rouge pourpre. La colonne, longue et dressée, est blanche avec de fines stries roses à la partie inférieure; la large crête charnue du labelle est également teintée de la même couleur.
Cette magnifique espèce est originaire du Venezuela. Elle a obtenu au vingthuitième meeting de L'ORCHIDÉENNE un diplôme d’honneur de 1° classe à l’unanimité.
Le Z. rostratum est l'espèce dont se rapproche le plus la précédente; elle se distingue des autres par son coloris. Les pétales et les sépales sont blancs, teintés de vert à leur extrémité, et légèrement rayés de brun pâle. Le labelle est blanc, avec une teinte lilacée à la crête, et quelquefois quatre ou cinq courtes lignes de la même nuance, rayonnant à partir de cet organe.
Plusieurs autres espèces sont fréquemment confondues ensemble dans les cultures, et il n’est pas toujours facile de les séparer.
Le Z. Machayr, l’un des plus anciens du genre, a été introduit vers 1830. Il
est de croissance très vigoureuse, et ses bulbes de grande taille, à larges feuilles retombantes, forment souvent des massifs superbes. La tige florale assez longue porte une grappe de fleurs de grande dimension aux sépales et pétales jaune verdâtre tachetés de brun pourpré très sombre, au labelle blanc couvert de lignes serrées d’un bleu vif avec la crête de la même nuance. Originaire du Brésil.
Le Z. intermedium, le Z. crinitum et le Z. brachypetalum sont très analogues au précédent, et il serait assez malaisé de mentionner des caractères botaniques permettant de les en distinguer. Ils proviennent également du Brésil.
Le Z. maxillare, autre belle espèce du même groupe, se reconnaît facilement au développement exceptionnel de la crête du labelle; en outre celui-ci est entièrement teinté de bleu pourpré.
Le Z. Gautieri est d’une grande floribondité, et ses fleurs, un peu plus petites que celles des espèces que nous venons de nommer, sont extrêmement attrayantes. Les sépales et les pétales sont larges, vert clair maculé de brun; le labelle est d'un beau bleu indigo, avec la crête d’une teinte plus sombre. Il provient du Brésil (voir également la Lindenia, pl. 284).
Le Z. Burkei, originaire de la Guyane, produit une tige florale très longue, chargée de fleurs de moyenne grandeur..Les sépales et pétales sont verts, curieusement tachetés et rayés de brun foncé. Le labelle est blanc, avec la crête rouge. Le 7. Murrayanum, proche allié de celui-ci, est originaire du Roraima.
Trois nouveautés, qui ont fait leur apparition depuis un an à peine, présentent un intérêt tout particulier; ce sont le Z. caulescens, dont le port caulescent est une nouveauté sans précédent dans ce genre; le Z. Yorisianum; dont la Lindemia a donné une belle reproduction dans son 5"° volume, et qui a le labelle blanc avec les lobes latéraux jaune vif et la gorge d’un brun-rouge vif; enfin le Z. Lindeniae, dont nous avons parlé plus haut.
Le genre Zygopetalum a également fourni des hybrides de valeur, le 7. X Clay, analogue au Z. maxillare, le Z. X Sedeni(Z. maxillare X Z. Mackayi), à peu près intermédiaire entre ses deux parents, le Z. X leopardinum et le Zygocolax Veitchi.
La culture des Zygopetalum n'offre pas de difficultés spéciales ; la température qui leur convient est celle de la serre tempérée, sauf le Z. Burkei et le Z. rostrabum qui exigent un peu plus de chaleur. On peut sans inconvénient, à l’époque où ils sont en pleine floraison, les transporter dans un appartement et les y laisser pendant trois à quatre semaines. Ils demandent beaucoup d’humidité, et devront, par suite, recevoir un bon drainage.
Le compost à leur donner est à peu près le même que celui des Lycaste; un mélange de sphagnum et de terre fibreuse, avec un peu de terre franche.
Les Zygopetalum se prêtent bien à un mode de culture extrêmement décoratif : comme leurs rhizômes sont traçants et portent des bulbes assez espacés, on peut les disposer sur des morceaux de troncs de Fougères, et obtenir ainsi des groupes qui donnent aux serres un aspect très attrayant. Nous ne saurions trop recommander aux amateurs de s’attacher à en varier ainsi constamment les dispositions et le coup-d’œil; un peu d’ingéniosité suffit, avec très peu de peine, à augmenter considérablement les plaisirs du collectionneur. Aïnsi que l'indiquait M. BUNGEROTH dans son récent article (page 7), il serait facile . d'obtenir dans cette voie des effets tout à fait nouveaux et splendides, et la culture même en bénéficierait probablement, au moins en ce qui concerne certains genres.