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TRAVAUX A EFFECTUER PENDANT L ÉTÉ

Les soins du jardinier pendant l’été consistent principalement à arroser. Toutefois il faut éviter la grande humidité continuelle et laisser parfois le compost se dessécher, ainsi que nous l'avons déjà dit plusieurs fois. On arrosera donc la plupart des espèces plusieurs fois par semaine ou journellement, si c’est nécessaire; mais tous les quinze jours on laissera les plantes sans eau pendant quatre à cinq jours. On pourra également seringuer légèrement, quand le temps sera très chaud, les plantes qui ne sont pas en fleurs ; il est préférable de faire les seringages dans la matinée, vers dix ou onze heures, afin que le soleil ait le temps de sécher l’eau dans la journée; si les gouttes séjournaient trop longtemps, surtout au cœur des feuilles, celles-ci risqueraient de se pourrir. Aussi ne faut-il seringuer qu'avec beaucoup de prudence, même les espèces cultivées sur bloc.

Quant aux plantes qui sont en fleurs, il faut éviter de les seringuer, parce que l’eau souillerait les fleurs et les ferait périr en quelques heures, ce qui enlèverait aux serres leur principal charme.

En même temps que l’on fournit aux plantes directement l’eau dont elles ont besoin, il faut entretenir dans l’air une humidité abondante, et ceci n’est pas moins important que les arrosages ; car si l'air se dessèche, l’évaporation des

tissus végétaux augmente proportionnellement, les feuilles jaunissent et perdent de leur substance. Il faut donc verser de l’eau en abondance sur les sentiers et les tablèttes, et la renouveler plusieurs fois par jour s’il est nécessaire, à mesure qu’elle s’évapore. Les scories et les matières poreuses dont les sentiers doivent être recouverts ont pour utilité de rendre très facile et très abondante cette évaporation.

Elle sera d’autant plus rapide que l’on devra aérer, dans cette saison, assez fréquemment.

L'air renfermé, quelque soin que l’on prenne d’écarter tout ce qui pourrait le vicier, n’est jamais aussi favorable à la bonne culture que l’air renouvelé de temps en temps. Pendant les mois de juillet, août et septembre, il faut ouvrir les ventilateurs presque continuellement dans les serres froides et tempérées, et dans les serres chaudes lorsque le besoin s’en fait sentir. En principe, il est bon d'ouvrir les ventilateurs du haut et du bas en même temps, pendant l’été, pour renouveler l’air et dans les serres froides pour établir un courant d’air plus rapide.

Dans la serre froide, en ouvrant les ventilateurs, non seulement on renouvelle l'air, mais encore on active l’évaporation de l’eau dans les sentiers et sur les tablettes; les Odontoglossum, Masdevallia etc. se trouvent ainsi baignés d’une brise humide analogue à celle à laquelle ils sont exposés dans les montagnes de l'Amérique, et très favorable pour leur végétation.

Enfin un autre point qui doit attirer toute l'attention du cultivateur, c’est l’ombrage des serres. Les espèces qui supportent bien les rayons directs du soleil sont très rares, et ne constituent qu’une exception, tandis que la plupart risqueraient de perdre leurs feuilles et de succomber si elles y restaient exposées. D'autre part, il ne faut pas placer les Orchidées dans l’ombre complète, car toutes exigent autant de lumière et de jour possible. Il faut donc adopter un abri facile à enlever dès que le soleil se voile ou baisse, et qui, même en place, n’intercepte pas totalement les rayons.

Si l’on est surpris à l’improviste par un brusque changement de temps et que l’on voie ses Orchidées, exposées au soleil, risquer de brûler, le premier soin doit être d'ouvrir tout, ventilateurs et portes, avant même de commencer à mettre les abris en place. Les plantes sont alors rafraîchies par l’air qui circule abondamment autour d’elles, et on arrive à éviter de cette façon de très graves dégâts qui se produisent parfois en quelques minutes.

PETITE CORRESPONDANCE

Cte ne Moran. — 1° Votre intéressante causerie « Une interview avec le l'ère des Orchidées » nous arrive trop tard pour paraître dans ce numéro. Nous l’avons remise au prochain numéro et avons pris bonne note du reste.

29 En 1839, pensons-nous.

3° Exactement 34.

Vite pe N., à Nantes. — 1° Quelles sont les dimensions à donner aux vasistas que je veux faire établir dans le haut du vitrage pour ventiler une serre ?

R. — Cela dépend de la grandeur de la serre elle même, et du genre de culture qui doit y être pratiqué. Il faut, en principe, pouvoir renouveler l’air suffisamment et pouvoir y établir une circulation suffisante pour éviter les inconvénients d’une ardeur solaire excessive. Mais les plantes cultivées en serre chaude à l’étouffée ont besoin de beaucoup moins d’air que les Cattleya, par exemple, ou, à plus forte raison, que les Odontoglossum. On peut considérer comme suffisant de donner aux ventilateurs une surface équivalente à 1, de la surface de la serre dans le premier cas, et t/, ou plus encore dans le dernier. On pourra d’ailleurs n’ouvrir qu’une partie de ces ventilateurs ou les ouvrir entièrement, selon le besoin.

Il ne suffit pas de placer des ventilateurs au sommet, il en faut aussi au bas de la serre.

Vous trouverez ces indications complétées très prochainement dans un article spécial.

2° Un tuyau en cuivre ne pourrait pas être placé sans inconvénient dans les bassins à eau d'arrosage. Il s’oxyderait très rapidement et gâterait l’eau. Il vaut mieux employer des tuyaux en fer ou en fonte; le danger dont vous parlez n’est pas à craindre. La dilatation atomique est insignifiante; si la fonte laisse passer des gaz (quand elle est chauffée au rouge) elle ne laisse jamais suinter l’eau (qui ne peut jamais être chauffée à plus de 100 et queloues degrés centigrades).

— Merci de vos compliments, auxquels le Journal des Orchidées est vivement sensible. Nous espérons être à même de faire prochainement ce que vous nous demandez.

M. 0. S. — Votre plante est le Saccolabium coeleste, ainsi nommé à cause du bleu d'azur (bleu céleste), qui orne si gracieusement l’extrémité des pétales et des sépales, ainsi que le labelle tout entier. Les fleurs, d’une forme et d’un coloris exquis, disposées en grappe serrée d’une harmonieuse courbure, forment une des plus ravissantes parures de la serre chaude ; elles se conservent très longtemps.

Cette magnifique Orchidée est d'introduction récente, Elle a reçu également le nom de Rhynchostylis coelestis, mais nous ne pensons pas que le nom universellement connu aujourd’hui soit remplacé dans la coutume par cet épouvantable mot. Le genre Rhynchostylis ne comprendrait d’ailleurs que deux espèces,

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À. B. R., à Paris. — Vous pouvez ajouter, comme espèces convenant admirablement pour la fleur coupée, le Dendrobium Statterianum, très florifère, dont les fleurs sont d’une superbe couleur rouge lilacé et se conservent jusqu’à cinq semaines en pleine fraicheur.

20 La plupart des Masdevallia fleurissent à toutes les époques de l’année ; toutes les variétés de M. Harryana et de M. Lindeni, les M. ignea, M. amabilis, M. Macrura, M. civilis, M. coccinea, M. coriacea, M. Estradae, M.Chimaera, M. Houtteana, M.macrura, M. bella, M. Veitchi, M. Trochilus, M. spectrum sont tous en fleurs actuellement.

V. D., à Vienne. — C’est un auteur-horticulteur anglais qui, mû par un sentiment que vous qualifiez parfaitement, évite de prononcer le nom de Linden quand il s’agit des espèces introduites par lui, nomme les collecteurs qui ont recueilli une Orchidée sans mentionner que les collecteurs étaient dirigés par M. Linden, enfin cite tous les journaux ou ouvrages spéciaux comme référence, sauf la Lindenia dont il ne parle jamais. Vous jugerez aisément de la valeur de cette manière de faire de la concurrence ; quant à nous, nous n’avons jamais songé à rayer de nos Catalogues le nom du Calanthe Veitchi parce qu’il porte le nom d’un autre horticulteur, ni à débaptiser le Cypripedium selligerum parce qu’un autre que nous l’a nommé.

Il y avait, le siècle dernier, beaucoup de personnes qui disaient « Hya » pour ne pas se blesser la langue en prononçant les trois syllabes subversives de « Saint - Hyacinthe. » On n’en parle plus aujourd’hui que pour

en rire; ainsi de ceux qui marchent sur leurs traces. *k

DE M., à V. — En prenant quelques soins, il est très probable que les graines müriront bien et seront fécondes, puisqu’elles ont été formées à l'état naturel et importées avec les plantes. Toutefois, elles ne reproduiront sans doute pas autre chose que la plante mère, car vous savez que dans les Chysis l’autofécondation est très fréquente ; et dans ce cas, pensez-vous que les soins infinis que demande la germination et l’éducation des semis trouveront une compensation sufisante dans le résultat ?

P. R., à Londres. — C'est précisément celte année qui permettra de juger le Cattleya Warocqueana ; nous nous avions prévu qu'il pourrait se produire des floraisons au printemps ; aucune n’a été signalée. De même nous avons dit que certaines formes fleuriront sans doute en été, et nous ne serions pas surpris devoir apparaître en effet quelques variétés dans un ou deux mois, en août et septembre. Mais la grande masse, ainsi que nous l'avons annoncé, fleurira d'octobre à décembre prochain; sur ce point il n’y a aucun doute possible, croyons-nous.

CypRIPEDIUM, à Gand. — Nous ne comprenons pas ce que vous voulez dire. En relatant cette réflexion très juste, à notre avis, de « L’Orchidophile » que le centre Orchidéen se déplace de plus en plus de Londres vers ruxelles, nous n’avons nullement songé à parler de « décadence » de l’'Horticulture gantoise. Et même nous

sommes persuadés qu’il est injuste de dire : décadence. L'Horticulture gantoise est aussi prospère qu'elle a Jamais été, seulement elle a changé ses procédés et au lieu de cultiver les plantes rares et les nouveautés, elle s’est consacrée à la production en gros de plantes marchandes. Nous regretterions beaucoup qu’on pût nous attribuer une autre pensée.

E. F. — La Reichenbachia a été fondée trois mois après la Lindenia, et non récemment, avec le même programme : paraître régulièrement chaque mois et publier quatre planches mensuellement. Mais, tandis que la Zindenia paraissait exactement tous les mois, et donnait 6 volumes complets et 288 planches en 6 ans, la Reichenbachia n’a publié dans la même période que 2 volumes complets, 5 livraisons du 3m%e volume et 116 planches.

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