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IV. — Lycaste Skinneri

Les Lycaste sont des Orchidées éminemment recommandables pour les débutants ; ils sont de culture facile, ne réclament qu’une température peu élevée, et peuvent même être cultivés dans une serre ordinaire de plantes d'appartement ; ils ne perdent pas leurs feuilles l’hiver, et par suite offrent un aspect moins disgracieux, à l’époque du repos, que les Calanthe, Anguloa et autres genres voisins. Enfin ils sont extrêmement décoratifs pour la plupart, et ornent splendidement les serres depuis la fin de mars jusqu’à la fin de mai.

Au premier rang des Lycaste, il faut placer le L. Skinneri, l’une des plus ravissantes Orchidées qui existent. Comme forme, il est moins énorme et plus séduisant que ses congénères ; comme coloris, il possède une élégance exquise. Les pétales ovales recourbés au-dessus de la colonne, avec les extrémités supérieures seulement redressées, forment une sorte de gorge avec le labelle proéminent, tandis que les sépales très amples, également ovales, mais avec

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les pointes recourbées en arrière, s’étalent en donnant à la fleur une apparence étoilée et quelque peu géométrique, sauf l’arrondissement harmonieux des lignes. Les segments sont d’un rose plus ou moins vif, et le labelle rose pâle ou blanc tacheté de rose vif. L'ensemble est d’une très grande beauté.

Il existe également une variété blanche (") de cette espèce, variété encore rare et très recherchée des collectionneurs. Elle a été remarquablement figurée dans la Lindenia, vol. IV, pl. 153.

Cette variété, découverte par J. LINDEN, en 1840 (avant la forme type) avait été nommée par lui Maxillaria virginalis ; elle fut introduite en Angleterre quelques années après, débaptisée, selon la coutume trop fréquente dans ce pays, et reçut le nouveau nom de Maxillaria Skinneri; plus tard, LiNDLEY rattacha l'espèce au genre Lycaste refondu et réorganisé par lui.

Les Lycaste en général croissent à l’état naturel dans toute la région tropicale de l'Amérique, depuis le Mexique jusqu’au Pérou.

Le Lycaste Skinneri est une des Orchidées les plus faciles à cultiver; pourvu qu'il soit bien empoté, qu’il ait beaucoup d'humidité et beaucoup de fraîcheur, il réussira parfaitement ; une serre froide, dans les mêmes conditions que les serres de plantes d'appartement, lui convient bien; on la maintiendra aussi fraiche que possible l’été et l’automne, et il suffira de la chauffer lévèrement en hiver ainsi qu’au printemps, à l’époque où la végétation reparaît. Donner beaucoup de lumière, mais préserver les plantes des rayons directs du soleil.

Les Lycaste sont des Orchidées semi-terrestres. Le compost qui leur convient est un peu plus substantiel que celui des autres espèces de serre froide en général; la terre fibreuse doit y dominer, plutôt que le sphagnum; on peut même y mélanger un peu de terre de bruyère. En outre, on peut leur donner de l’engrais une ou deux fois par an, à l’époque de la croissance ; nous recommanderons surtout l’emploi de la bouse de vache, en petits fragments que l’on mélange au compost, près de la surface, et que les arrosages dissolvent en entraînant dans toute la masse des matériaux les gaz nourrissants qu'ils contiennent.

Une fois que la pousse est achevée, on diminue la quantité d'humidité donnée aux plantes, sans cependant laisser jamais le compost se sécher complètement.

1) Il est assez curieux de noter que c'est précisément par cette variété très rare que l’espèce a été connue à l'origine. DU

Quand les fleurs apparaissent, il faut avoir soin de cesser les seringages, qui pourraient les tacher et les faire périr; moins l’atmosphère sera chargée d'humidité, plus les fleurs se conserveront longtemps fraîches. Il va sans dire, cependant, qu’il ne faut pas que la plante soit privée et que les bulbes se vident à l'excès.

La variété L. Shinneri alba, dont nous avons parlé plus haut, et qui est actuellement très recherchée, atteint dans les ventes des prix qui la rendent inabordable aux petits amateurs ou aux débutants. Toutefois elle est d’un tempérament aussi robuste et aussi accommodant que l’espèce type; il est donc permis d’espérer qu’elle ne tardera pas à se répandre en plus grand nombre dans les cultures, et par suite, à diminuer de prix.

Baron DE MEYLHAND.

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