ENCORË LE CHARBON DE BOIS
Pérmettez-moi de venir dire aussi mon mot dans la question du jour, je veux dire la question de l’emploi du charbon de bois dans la culture des Orchidées.
J'emploie le charbon en petits morceaux, pour les miennes, mais seulement comme drainage au fond des pots, c’est-à-dire à un endroit où les racines ne pénètrent guère ; je l’ai proscrit depuis longtemps comme partie intégrante du compost.
La question à examiner, ainsi que vous l’avez posée, n’a trait qu’à l'emploi du charbon dans le compost; je crois qu’on pourrait établir les degrés suivants :
1° Le charbon est-il utile comme compost ?
2° At-il seulement une utilité indirecte comme corps antiseptique ?
- Est-il indifférent ?
° Est-il nuisible ?
ï a été amplement établi qu’il n’a pas dblite propre, car il ne renferme notoirement aucun élément nutritif.
Pour la seconde question, on est tenté d’y répondre affirmativement, car le charbon possède la qualité importante d’absorber tous les gaz putréfiants, d'empêcher par suite la'corruption du compost et de tenir en parfaite santé le voisinage des racines. Mais tout a une fin; le pouvoir absorbant du charbon est limité; or, quand il est entièrement saturé, il n’a plus aucune valeur. Il faudrait donc le renouveler souvent, dès que ses propriétés utiles seraient épuisées. Sous cette réserve, on pourrait tirer de l’emploi du charbon un certain profit ; mais ici se pose une question grave :
Le charbon absorbe les gaz, et aussi l'humidité. Les gaz absorbés, mis en contact avec l’eau déjà absorbée, ne pourront-ils pas former des combinaisons chimiques ou des dialyses utiles à la nourriture de la plante ?()
Un chimiste seul pourrait nous renseigner sur ce point; mais dans le cas où
(1) La réponse négative ne nous paraît pas douteuse. L’azote, l'acide carbonique, l’ammoniaque,
l'oxygène, l'hydrogène ne pourraient former que des dissolutions. Celles-ci, d’ailleurs, se produiront
aussi bien au contact du sphagnum humide, L. L.
sa réponse sérait affrmative, notre deuxième question se trouverait en même temps résolue affirmativement.
Malgré tout, je craindrais que nos Orchidées ne fûssent quelque peu gênées si l’on employait le charbon comme partie intégrante de leur compost.
Rien ne prouve, selon moi, que les Orchidées se trouvent, au point de vue physiologique, soumises à d’autres lois que les autres végétaux de notre planète. Or à l’état naturel, nous ne voyons ni champignons, ni mousses, ni phanérogames d’aucune sorte, ni même aucune bactérie élire domicile sur du charbon, là même où les conditions de chaleur et d'humidité sont le plus favorables. Tout le monde a vu dans les forêts les vieux morceaux de charbon abandonnés rester libres de toute végétation, même au bout de plusieurs années; tout le monde a constaté qu’il faut très longtemps pour que la propriété que possède le charbon de détruire les germes cède et s’épuise, et pour que les places où se trouve le charbon puissent être envahies par la végétation. Les endroits où s’exploite la fabrication industrielle du charbon de bois restent de longues années désolés, une fois que le sol est suffisamment couvert de sa poussière. : ,
C’est pourquoi j'aurais peine à croire que le charbon puisse être utile ou seulement indifférent pour la culture des Orchidées, alors qu’il est manifestement nuisible à tout autre élément végétatif. Pour moi, le fait qu’une cellule végétale ne peut en aucune façon se fixer et se développer sur du charbon, est un argument préjudiciel irréfutable dans le débat.
Je tiens à répéter, en terminant, que je parle exclusivement du charbon de bois, et non pas des cendres, qui sont un engrais parfait.
O. DE KIRCHSBERG.
Cet article si intéressant est le dernier que nous publierons sur l’emploi du charbon de bois dans la culture des Orchidées. Nous ne pouvons éterniser cette . question, qui est aujourd’hui jugée.
LES SERRES A 'ORCHIDÉES I. — Construction et aménagement.
(Suite, voir page 74.)
Les tuyaux qui traversent les bassins, qu’ils soient en fer ou en fonte, doivent être recouverts d’une couche de peinture; ils seraient promptement rouillés s’ils n'étaient pas ainsi préservés du contact de l’eau à l’extérieur.
Voici comment on procède généralement : on recouvre d’abord les tuyaux d’une ou deux couches de minium, pour bien empâter, et ensuite on met la couleur définitive (généralement noire), que l’on laisse sécher complètement avant de remplir le bassin. La peinture bien sèche ne produit dans l’eau aucune odeur nuisible.
Je n’ai pas parlé jusqu'ici de la ventilation. C’est une des nécessités importantes de la culture; elle a deux utilités considérables.
D'une part, il est nécessaire de renouveler l’air que respirent les plantes, aussi bien que celui que respirent les êtres humains. Les végétaux absorbent dans l’atmosphère une partie importante de leur nourriture; il faut remplacer ces éléments nutritifs à mesure qu’ils sont utilisés.
D'autre part, il est bon d’établir dans l'air de la serre une circulation constante, au moins en temps chaud. L’atmosphère, quand elle est surchauffée par les rayons du soleil, atteint une température très élevée, et les feuilles des plantes seraient brûlées en peu de temps si elles n'étaient rafraichies par le mouvement des couches d’air qui, successivement, viennent les baigner.
Voilà l'utilité des ventilateurs, et l’on comprendra aisément, par conséquent, qu'ils doivent être placés de côtés différents et combinés de façon à faire parcourir à l’air le plus d'espace possible dans la serre.
Comme l'air chaud s'élève toujours vers les couches supérieures, la température d’un local fermé et chauffé serait, si l’on n’y remédiait pas, très irrégulière. Les racines et la base des plantes se trouveraient soumis à une température inférieure de plusieurs degrés à celle des feuilles supérieures et du haut de la tige. On évite cet inconvénient en plaçant des ventilateurs au
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sommet de la serre; l’air chaud s'échappe alors à l'extérieur, et l’air du
dehors, descendant vers les parties basses, se mélange peu à peu à celui de la serre.
Toutefois, on ne peut pas toujours ventiler par le haut. Quand la température extérieure est. basse, le refroidissement de l’atmosphère serait trop brusque et trop complet; il faut avoir aussi des ouvertures au bas de la serre; en les combinant d’ailleurs avec celles du haut, on obtiendra une circulation d’air plus complète. |
Les ventilateurs du bas servent surtout au printemps et à l’automne, lorsque le temps est froid, et qu’il serait dangereux de laisser arriver sur les plantes l'air du dehors en douche glacée ; cet air, en entrant par le bas, ne se mélange pas directement à celui de la serre; il forme une couche inférieure, qui ne s'élève pas plus haut que les ouvertures, comme une couche d’eau sous une couche d’huile. Et ce n’est que peu à peu, par le contact de la région chaude, et surtout des tuyaux de chauffage, qui doivent passer près des ventilateurs, ce n’est que peu à peu, dis-je, que cet air s’échauffe et se mélange au reste, en abaissant modérément la température de la serre et en y apportant des éléments vivifiants nouveaux.
Il reste à examiner le nombre des ventilateurs et l’étendue à leur donner.
Il est bon d’en faire établir de chaque côté de la serre, ainsi que je le disais plus haut, et de distance en distance, afin que tout l’air puisse être renouvelé. Comme dimensions, on ne peut sans doute donner des chiffres absolument rigoureux ; mais l’observation a fait adopter les règles suivantes : à peu près ‘l de la surface de la serre dans les serres chaudes, où la culture se fait à l’étouffée, et où la chaleur solaire n’est guère à craindre; ‘/,, de la surface dans les serres où on laisse entrer le plus possible de lumière et où la température est moins élevée.
II est à peine besoin d’ajouter que l’expérience seule fera discerner au cultivateur les moments où il faut ventiler, et la plus ou moins grande ouverture à donner au ventilateurs. On s’en servira peu dans la serre des Vanda; dans celle des Odontoglossum on les laissera presque constamment ouverts pendant l'été.
Max GARNIER.
(Sera continué.)
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