‹ Le journal des orchidéesChapitre 93 sur 192 · RE · texte numérisé non relu

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ést vitrée au-dessus de la maçonnerie dont j'ai parlé; mais les vitres sont recouvertes d’une légère couche de peinture blanche. Le coup d’œil qui s’offre au visiteur est ainsi beaucoup plus gracieux; on ne voit, d’un bout à l’autre de la vaste galerie, qu’une muraille pleine, en quelque sorte, et de place en place, une porte ouvrant à l’œil une éclaircie, à l’entrée de chaque serre, sur les longues tablettes couvertes de belles Orchidées et les superbes groupes de fleurs qui ornent toujours l'entrée.

Sur les deux côtés longs de la serre, la partie vitrée verticale n’a qu’une hauteur très faible, 67 centimètres. Immédiatement au-dessus commence la toiture vitrée. Celle-ci comprend, en longueur, 85 vitres séparées par des lattes de 3 centimètres d'épaisseur; de cinq en cinq, une travée plus forte, ayant 55 millimètres d'épaisseur, forme clef de voute et est reliée à celle de l’autre plan incliné par un arceau métallique.

On voit avec quelle abondance le jour pénètre dans cette construction; chaque vitre ayant 28 centimètres de largeur, l’espace éclairé est de 24 mètres environ pour 1 mètre seulement de charpente faisant ombre; mais d’autre part la solidité de l’ensemble est parfaite, grâce au choix des matériaux et à leur habile combinaison.

La partie maçonnée, ainsi que je l'ai dit plus haut, s'élève à 86 centimètres. Au dessus sont placées les tablettes, qu règnent dans toute la serre contre les parois, et ne sont interrompues qu’à l’encadrement des portes. Ces tablettes ont 97 centimètres de largeur. Elles sont formées de lattes de bois de 7 centimètres de largeur, disposées parallèlement entre elles et à la paroi de la serre, et espacées de 2 centimètres. De cette façon l’air peut circuler abondamment autour des plantes, et l’air chaud qui monte des tuyaux peut aussi les baigner toutes. Enfin les tablettes portent en avant une bordure verticale de 8 centimètres de hauteur, qui retient les pots.

Dans une autre des grandes serres froides, il existe une disposition un peu différente. Les tablettes horizontales sont remplacées par des gradins formés de lattes de la même largeur, espacées en hauteur de 3 1/2 centimètres et en largeur de 3 centimètres, et s’élevant jusqu’au vitrage.

Le centre de la serre, dans les deux cas, est occupé par un large bassin dont les parois maçonnées ont la même hauteur que le mur extérieur de la serre. Ce bassin a 22"55 de longueur sur 225 de largeur. Il reste donc entre les tablettes et lui, un chemin de 1"35 de largeur, qui sufñit largement à la circulation des visiteurs et même des visiteuses. Il renferme une provi-

sion d’eau de pluie destinée aux arrosages, et dont l’évaporation entretient une humidité abondante dans l’atmosphère.

Sur les murs du bassin repose un gradin élevé qui supporte ds milliers de plantes. Ce gradin est formé de lattes larges de 11 centimètres, espacées en hauteur de 5 centimètres et en largeur de 2 1/2 centimètres.

On voit qu’il n’y a pas la moindre place perdue dans cet arrangement, qui n'offre à l’œil rien de choquant, ne gène nullement les mouvements des visiteurs ou des jardiniers, et en même temps s’accommode admirablement aux nécessités de la culture. J'ai dit que la partie vitrée verticale, entre les murailles et la toiture, était très basse. De cette façon les Orchidées disposées sur les tablettes sont aussi près que possible du vitrage. Elles ont précisément l’espace nécessaire pour se développer; les plantes de grande taille peuvent être mises sur le gradin central.

De même, l'aménagement de ces dernières sur des tablettes qui vont s’élevant de plus en plus comme la toiture elle-même, permet d'éviter qu’elles soient jamais éloignées du vitrage.

Les pots sont disposés tout le long des tablettes avec un intervalle entre eux de 7 à 10 centimètres environ, pour que les plantes puissent se développer sans se gêner mutuellement. Sur chaque tablette, les pots se placent dans l'intervalle entre ceux de la tablette inférieure, de façon à former une sorte de quinconce, et à utiliser le plus d’espace possible.

Le chauffage s'effectue au moyen de deux rangs de tuyaux fixés paralèllement, à 35 centimètres du sol, au-dessous des tablettes, tout autour de la serre. Ces tuyaux ont 0"284 de diamètre extérieur; le premier est à 15 centimètres du mur, le second à 55 centimètres environ du premier, tout près du bord de la tablette. De cette façon l'air chaud baigne également toutes les plantes placées sur la tablette.

Deux tuyaux semblables sont disposés également autour du bassin central, le premier à 25 centimètres du sol, le second à 5 centimètres environ au-dessus du premier ; enfin un seul, de diamètre un peu supérieur à celui des précédents, traverse le bassin et contribue à maintenir l’eau des arrosages à la même : température que l’air de la serre.

Des clefs, placées à une extrémité, permettent de fermer à volonté chacun des tuyaux, et par suite de réduire progressivement ou de supprimer le chauffage.

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