LES PANIERS EN TOILE MÉTALLIQUE DÉCONSEILLÉS
J'ai lu les deux causeries de M. le Comte pu Buysson dans le 1° volume du Journal des Orchidées, et j'y ai recueilli plus d’une observation intéressante ; mais je dois avouer que je n’ai pu approuver la partie relative à l'emploi de toile métallique dans les paniers pour le rempotage des Orchidées. Cette pratique me paraît incommode et même funeste, et Je vais essayer d’expliquer pourquoi. De
Le premier et le plus grave inconvénient du fil de fer, même galvanisé, c’est de produire promptement la rouille, qui le détruit et qui nuit beaucoup aux racines. La toile galvanisée résiste plus longtemps, il est vrai; mais tout le monde sait que sa durée n’est pas encore bien longue; en effet, soit que le dépôt de zinc protecteur n’ait pas partout une épaisseur suffisante, soit que le frottement des fils entre eux ou contre les clous les use en certains endroits,
le fer est bientôt mis à nu; or, une fois qu’un seul point est attaqué, le fer
galvanisé s’oxyde avec une rapidité beaucoup plus grande que le fer ordinaire, en raison de la décomposition de l’eau par la pile électrique formée au contact du zinc et du fer. ;
Il faudra donc remplacer la toile métallique au bout d’un temps assez court, et cette opération sera d'autant plus nécessaire qu’elle supporte tout le poids du drainage. Mais il ne sera pas facile de dégager les racines, si celles-ci, comme paraît le souhaiter M. pu BuyssoN, ont envahi la toile et se sont fixées sur elle. J’admets qu’on parviendra aisément à désagréger les fils de fer; mais que faire des racines ainsi recourbées et tordues en mille replis? Les introduire dans un autre panier, c’est augmenter considérablement son volume,
et je ne conseillerais guère l’emploi de grands récipients. Les tirer hors du
panier et les amener à l’extérieur, est ce-bien possible? Et combien de racines résisteront à ces tractions ? Une pareille opération me semble un tour de force presque irréalisable en pratique.
Je suis persuadé, d’ailleurs, que les racines, bien loin de rechercher le fil de fer, s’en éloignent autant qu’elles le peuvent, et que partout où elles se trouvent en contact avec lui, elles dépérissent. J'ai vu plus d’une fois la preuve de cette
incompatibilité dans toutes les serres où se trouvaient des plantes cultivées sur blocs, et surtout de fortes plantes, Cattleya, Laelia, etc. Les fils de laiton (non pas de fer) qui les retiennent Sont fixés, en général, à des clous plantés dans le bois. Combien ai-je vu de racines vigoureuses, qui rampaient le long de celui-ci, s'arrêter net dès qu’elles arrivaient à toucher les clous! Tous les cultivateurs d’Orchidées pourront aisément vérifier ce fait, qui, je le répète, est fréquent dans les cultures.
Bien loin de penser, comme M. le Comte Du Buysson, que le moment n’est pas loin où les paniers de fer galvanisé remplaceront ceux de bois, je crois que le fer ne sera plus jamais utilisé dans les récipients destinés aux Orchidées, et cela par une raison des plus valables : c’est que l'expérience a été faite, et qu’elle a conclu à l’abandon complet du fer. Je me souviens bien qu’il y a quelque trente ou quarante ans, on avait essayé de cultiver les Orchidées dans des paniers de toile métallique; on commença par le fer, qui donna de mauvais résultats ; on y renonça bientôt, pour lui substituer le laiton, qui présentait moins d’inconvénients; mais celui-ci ne tarda pas à être remplacé à son tour par les paniers de bois, qui furent aussitôt reconnus bien meilleurs, et firent supprimer en peu de temps tout l’attirail des tâtonnements du début.
C’est donc, il me semble, le progrès qui a chassé la toile métallique ét fait adopter les paniers de bois ; j’ai peine à croire que de nouvelles raisons apparaissent de ressusciter le passé et, qu’on me permette ce mot, de retourner
en arrière, / G. DIRETTI.
LE CYPRIPEDIUM LAWRENCEANUM VAR. HYEANUM est figuré dans la livraison de la Reichenbachia qui vient de paraître (6° du 3° volume). Quiconque a vu en fleurs cette admirable variété (et M. JuLEs Hye le premier, croyons-nous), refusera de la reconnaître dans cette planche grisâtre, boueuse et vraiment abominable. On se demanderait presque s’il ne s’agit pas d’une forme différente, d'autant plus qu’on lit avec stupéfaction dans la description française : « variété que nous avons dédiée à M. Jues Hve. » Cependant l'inscription de la première page, portant : L. Lind. et Rod., permet de penser qu'il s’agit bien de la variété nommée par MM. Lucien LiINDEN et Ropicas ?