‹ Le journal philosophique de BerkeleyChapitre 31 sur 55 · Question — Est-ce que le minimum visibile est fixe · texte numérisé non relu

Question — Est-ce que le minimum visibile est fixe

559. Chaque particule de matière, si elle est étendue, doit être infiniment étendue, ou posséder une série infinie d'étendue.

(p. 472.) — 560. Si Ton accorde que Funivers est fait de matière, (il faut avouer) que c'est l'esprit qui lui donne beauté et harmonie.

561. Ce que j'ai dit prouve simplement qu'il n'y a, ni toujours, ni chez tous les hommes, de proportion entre un pouce visible et un pouce tangible.

.562. L'étendue visible et l'étendue tangible sont hétérogènes, parce qu'elles n'ont pas de commune mesure ; parce que leurs éléments, ou parlies constituantes les plus simples, à savoir le punctum visibile et le punctum iangibile sont spécifiquement différents. N. B. La première raison ne me paraît pas bonne.

563. Par l'immatérialisme^ on résout le problème de la cohésion des corps, ou plutôt la discussion cesse. (p. 63).

564. L'idée que nous appelons étendue n'est d'aucune manière susceptible d'être infinie : elle n'est ni infiniment grande, ni infiniment petite.

565. La plus grande étendue possible est vue sous un angle moindre que 180 degrés dont les côtés viennent des extrémités de celte étendue.

566. En accordant qu'il existe des substances étendues, solides, en dehors de l'esprit, il est impossible que l'esprit puisse les connaître ou les percevoir, car, de l'aveu des matérialistes eux-mêmes, il ne perçoit que les impressions faites sur le cerveau, ou plutôt les idées qui accompagnent ces impressions.

567. L'unité in abstracto n'est pas divisible, puisqu'elle n'est, pour ainsi dire, qu'un point, ou, d'après Barrow, rien du tout ; elle n'est pas in concreto divisible aa in fini him, car aucune idée ne peut être démontrée ad infinitum.

568. Tout sujet peut posséder chaque sorte de qualités premières, mais seulement une qualité particulière à la fois. Locke, L. IV, c. 3, s. 15.

569. Avons-nous une idée claire des grands nombres, ou seulement de leurs relations?

570. Sur l'idée de solidité, voir Locke, Liv. III, c. 4, s, 1,5, 6.

Si quolcpfun demande ce qu'est la solidité, qu'il prenne une pierre entre les mains et il le saura. L'étendue du corps est la continuité de solide ; l'étendue de l'espace est la continuité du non-solide, etc,

571. Pourcjuoi ne pourrais-je pas dire que Telendue visible est une continuité de points visibles, que Tétendue tangible est une continuité de poinis tangibles ?

572. Remarquer que je ne suis pas d'accord avec les sceptiques, Fardella, etc., en ce que je suis assuré de Texistence des corps, dont ils doutent.

(p. 473). — 573. Je suis plus assuré de l'existence et de la réalité des corps que Mr Locke, parce qu'il n'aspire qu'à ce qu'il appelle la connaissance sensible, tandis que je crois avoir une connaissance démonstrative de l'existence des corps par lesquels je veux désigner une combinaison de pouvoirs dans un substratum inconnu. (p. 64)

574. Les idées que nous appelons figure et étendue ne sont pas les images de la ligure et de l'étendue de la matière, cellesci (à supposer toutefois qu'elles existent,) étant infiniment divisibles, celles-là au contraire ne le sont pas.

575. 11 est impossible qu'un cube matériel puisse exister, parce que les arêtes d'un cube apparaîtront douées de largeur à une vue perçante.

576. Nous mourons, ou tombons dans l'annihilation, souvent dans un môme jour.

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