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La diagonale est mesurable par le côté

757. D'après Malebranche, Locke et mes premiers raisonnements, on ne peut pas prouver que l'étendue n'est pas dans la matière.

Par les arguments de Locke on ne peut pas prouver que les couleurs ne sont pas dans les corps.

(p. 488.) — 758. Memorandum. (Juc j'étais défiant dès l'âge

de huit ans, et, par suite, naturellement porté vers ces nouvelles théories.

759. Comment une ligne formée d'un nombre inégal de points serait-elle divisiblefac/ infiniliim) en deux parties égales ?

760. Exposer avec abondance comment et pourquoi nous ne voyons pas les tableaux.

761. Si Ton concède que les étendues existent dans la matière, nous ne pouvons même pas connaître leurs proportions, contrairement à Topinion de Malebranche.

762. Je m'étonne qu'on ne puisse voir une vérité si évidente, à savoir que l'étendue ne peut exister sans une substance pensante.

763. Les catégories de choses sensibles sont l'œuvre de Tintelligence. Gela se démontre en donnant à nos yeux le [)ouvoir grossissant ou diminuant.

76 t. Votre minimum visible est par hypothèse plus pel il (jue le mien. Qu'une troisième personne ait une idée pari'aile de nos deux minimums. L'idée qu'elle a de mon minimum visible comprend son idée de votre minimum et quelque chose de plus. Il est donc composé de parties : c'est pourquoi l'idée ((u'elle a de mon minimum visibile n'est pas parfaite ou juste, ce (pii renverse 1 hypothèse.

765. Question. Est-ce que le minimum visible ou tangible est étendu ?

766. Singulière erreur où nous tombons au sujet des peintures Nous les jugeons peu étendues, parce que, si nous supposons un homme qui les verrait, leur image n'occuperait que peu de place au fond de Fœil.

767. Il semble que toutes les lignes paissent être divisées en deux parties égales. Examiner comment les géomètres prouvent le contraire. (p. 80.)

768. Il est impossible qu'il existe un minimum visible plus petit que le mien. S'il en existe un, le mien peut Tégaler, (parce qu'ils sont homogènes], en en retranchant une partie ou quelques parties. Mais il n'est pas formé de parties, donc. . . .

(p. 489). — 769. Supposons une lunette donnant des images renversées, adaptée aux yeux d'un enfant et conservée jusqu'à son âge mûr : quand il regardera en haut, ou quand il lèvera la tête, il verra ce que nous appelons le dessous.

770. Je ne m'étonne pas de la sagacité (dont je fais preuve) en découvrant la vérité évidente bien que surprenante ; je m'étonne bien plutôt de la stupide inadvertance qui m'a empêché de la découvrir auparavant : il n'y a pas de sortilège à voir.

771 . Nos idées simples sont autant de pensées ou perceptions simples : une perception ne peut exister sans une chose qui la perçoive, ou plus longtemps qu'elle n'est perçue ; une pensée ne peut exister dans une substance non pensante ; une pensée uniforme et simple ne peut ressembler qu a une autre pensée uniforme et simple. Les pensées complexes ou idées ne sont qu'un assemblage d'idées simples ; elles ne peuvent être l'image de rien, ou ressembler à rien qu'à un autre assemblage d'idées simples, etc. . .

772. L'opinion des Cartésiens sur la lumière et les couleurs est regardée comme assez orthodoxe, même par ceux qui croient que l'expression de l'Ecriture favorise l'opinion commune. Pourquoi mon opinion ne serait-elle pas regardée de même aussi ? Mais il n'y a rien dans l'Ecriture qui puisse être mis en œuvre contre moi, tandis qu'il y a beaucoup de choses en ma faveur.

773. Les corps existent, que nous pensions à eux ou non, car ils sont pris dans un double sens :

lo Comme des collections de pensées,

2° Comme collections de forces pouvant produire ces pensées. Ces dernières forces existent, quoique peut-être ce soit a parte rei^ un pouvoir parfait simple.

774. Est ce que l'étendue d'une plaine vue droite ou obliquement, minutieusement et distinctement examinée, ou vue d'un seul coup dans l'ensemble et confusément, est la même plaine ? N. B. On suppose que la plaine reste à la même distance.

(p. 490). — 775. Les idées que nous avons à la suite d'une inspection successive et curieuse des plus petites parties d'une plaine ne paraissent pas constituer l'étendue de cette plaine parcourue et considérée tout ensemble. (p. 81).

776. L'ignorance serait, en quelque sorte, chose requise de la part de celui qui refuserait de reconnaître le Principe.

777. Les pensées signifient très exactement ou représentent, la plupart, les opérations intérieures de Tesprit, dans lesquelles l'esprit est actif. Celles qui n'obéissent pas aux actes de volition et dans lesquelles Tesprit est passif, sont plus proprement appelés sensations ou perceptions.

Mais tout cela n'est qu'une question de mots. (*)

778. L'étendue étant la collection ou la coexistence distincte de minimums, c'est-à-dire de perceptions dues à la vue ou au toucher, ne peut être conçue sans une substance percevante.

779. Malebranche ne prouve pas que les figures et les étendues n'existent pas, quand elles ne sont pas perçues. Par suite il ne prouve pas et il ne peut pas être prouvé par ses principes que les qualités sont l'œuvre de l'intelligence et ne sont que dans l'intelligence.

780. Le grand argument servant à prouver que l'étendue ne peut se trouver dans une substance non pensante, c'est que nous ne pouvons la concevoir séparée ou privée de toute qualité tangible ou visible.

781. Quoique la matière soit étendue, indéfiniment étendue, c'est l'esprit qui crée les qualités. Elles n'existaient pas avant d'être perçues par l'esprit, et alors même, elles n'existent pas en dehors de Tesprit.

782. Il y a un grand danger à faire exister l'étendue hors de l'esprit : s'il en était ainsi, il faudrait reconnaître que cette étendue est infinie, immuable, éternelle, ce qui équivaut à faire de Dieu un Etre étendu, (chose que je trouve dangereuse.) ou qu'elle constitue, à côté de Dieu, un Etre éternel, immuable, incréé.

7^3. La limitation de notre intelligence ne peut servir d'excuse aux géomètres.

784. Le Principe peut se démontrer aisément par un grand nombre d'arguments ad absurdum.

(p. 491). — 785. Double sens du mot corps :

1° combinaison de pensées ;

2'' combinaison de forces pouvant faire naître ces pensées.

Ce deuxième sens, rattaché à l'idée des particules homogènes, peut résoudre les objections tirées de la création, bien mieux que l'hypothèse de l'existence de la matière. D'après celte hypothèse, je ne crois pas qu'elles puissent être résolues. (p. 82

(1) 1871, Ed. lacune.

786. Considérés comme pouvoirs, les corps existent, quand ils ne sont pas perçus ; mais leur existence n'est pas actuelle. Quand je dis qu'un pouvoir existe, je ne veux pas dire autre chose que, si, pendant le jour, j'ouvre les yeux, et regarde de ce côté, je verrai cette chose, le corps

787. Question. Est-ce que l'aveugle (avant que la vue lui soit rendue,) ne peut pas avoir une idée de la lumière et des couleurs et de rétendue visible, de la même manière que nous les percevons nous-mêmes, les yeux fermés, ou dansTobscurité, sans les imaginer, mais, en quelque sorte, en les voyant?

788. L'étendue visible ne peut être conçue comme s'ajoutant à l'étendue tangible. Les points visibles et les points tangibles ne

Eeuvent être additionnés : c'est pourquoi ces deux étendues sont étérogènes.

789. Bonne méthode pour juger s'il y a, dans la vision rapprochée, une plus grande distance que d'ordinaire, entre le cristallin et le fond de l'œil, ou si le cristallin ne fait qu'augmenter de convexité. Dans le premier cas, la sphère visuelle est agrandie el le minimum visibile correspond à moins de 30" ou à une mesure moindre que d'ordinaire.

790. Les mesures fixes : pouces, pieds, etc, appartiennent à l'étendue tangible, non à l'étendue visible.

791. Locke, More, Raphson, etc, paraissent faire de Dieu un Etre étendu ; il est néanmoins de la plus grande utilité pour la religion de faire disparaître l'étendue de l'idée de Dieu, et de la remplacer par l'idée de pouvoir. Il semble qu'il soit dangereux de supposer en Dieu l'étendue qui est manifestement inactive.

(p. 492.) — 792. Mais, direz- vous, la pensée ou perception que j'appelle étendue, ne se trouve pas elle-même dans une chose non pensante ou matière, mais elle ressemble à quelque chose qui est dans la matière. Je vous réponds : comprenezvous ou concevez-vous à quoi ressemble cette étendue, ou non ?

Si c'est le dernier cas, comment savez-vous que les deux choses se ressemblent? Comment pouvez-vous comparer autre chose que vos propres idées ?

Si c'est le premier cas, cette chose doit être une idée ou une perception, une pensée, ou bien une sensation qu'il est contradictoire de placer dans une chose non percevante. (p. 83.)

793. J'évite tout style fleuri et les tournures recherchées : j'emploie des comparaisons claires et simples, car j'ai souvent éprouvé des difficultés à comprendre ceux qui imitent le langage élevé de Platon, ou la subtilité des scolastiques.

794. Tout ce qui possède quelqu'une de nos idées doit percevoir ; cette possession même, cetîe reconnaissance passive des idées, donne à l'esprit sa qualité de sujet percevant, car telle est la véritable essence de la perception ou ce en quoi la perception consiste,

795. La couleur faible qui change l'aspect de la lune à Thorizon provient plutôt de la quantité ou de la densité de l'atmosphère interposée, que de quelque changement de dislance qui n'est pas peut-être assez considérable pour être la cause totale, bien qu'elle puisse être la cause partielle du phénomène. N. B. L'angle visuel est moindre à cause de l'horizon (^)

796. Nous jugeons de la distance des corps par différentes choses, mais aussi par la situation de leurs images dans Tœil, ou, (ce qui revient au même), selon qu'elles apparaissent plus haut ou plus bas. Celles qui paraissent plus hautes sont plus éloignées.

797. Question. Pourquoi voyons-nous les objets plus grands dans l'obscurité ? Peut-on résoudre celte difficulté autrement que par mes principes ?

798. La philosophie opposée à mon Principe a introduit le scepticisme.

799. N. B. D'après mes Principes, il y a une réalité; il y a des choses ; il y a une rerwii natura.

(p. 493 ) — 800. Memorandum. Quantités incommensurables; cube double, etc.

801. Nous croyons que, si la vue venait de nous être donnée, nous jugerions de la distance et de la grandeur des objels comme en ce moment. Il en est de même des nolions si posilives que nous avons sur la situation des objets.

802. La méthode de Hays et de Keill (*) pour prouver les infinitésimaux de 3® ordre, est absurde et absolument contradictoire. (3)

803. Les angles de contact et en réalité tous les angles mesurés par une ligne droite ou une courbe ne peuvent pas être mesurés, car les arcs interceptés ne sonl pas semblables, (p. 84)

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