‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 116 sur 321 · Chartier, ch. 247. — Vallet de Viriv., III, 2G7 et s · texte numérisé non relu

Chartier, ch. 247. — Vallet de Viriv., III, 2G7 et s

4. Avec son clerc Jacques Charrier. En 1428, nous trouvons un Guil-

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pour malversations et faux en écritures publiques, il fui, comme Cœur, soustrait à la justice ordinaire, jugé par commissaires et condamné à la prison et à la confiscation ^ Ce dernier point est capital, dans le procès de Cœur aussi bien que dans celui de Saincoins. En effet, à l'un comme à l'autre, tout le monde devait à la cour 2, soit pour de simples prêts non remboursés, soit aussi pour fournitures non payées ^ Et ce n'étaient pas seulement des vieux routiers sans scrupules, comme Uammartin, des courtiers avides et complaisants, comme les Gouffier et les Villequier, qui se trouvaient dans celle situation. C'étaient des personnages estimés, appartenant à tous les rangs de la société, comme les frères Bureau, Jacob de Litemont peintre du Roi^ Berry le roi d'armes, Brézé et Dunois^ le duc d'Alençon et d'autres princes et princesses. C'était enfin le Roi lui-même, que nous avons déjà vu profitant de la chute de La Trémoille pour s'enrichir sans payer ses dettes'''. Cela étant, il n'y a rien de bien extraordinaire à entendre accuser aussi Jean de Bueil d'avoir participé avec tant d'autres à la curée.

laume Charrier, receveur général en Languedoc et Languedoïl. — V., P. Just., en 1428.

1. Le 9 juin 1451, par la bouche du chancelier. Il fui condamné injustement, suivant toute apparence. Les termes de Cliartier sont cependant beaucoup plus afUrmalifs en ce qui concerne la culpabilité de Saincoins qu'en ce qui concerne celle de Jacques Cœur. — Le IG juin, le Roi étant àLusignan, Bueil est présent au conseil. De même à Poitiers, au l" décembre. — Ordonnances, XIV, p. 135, 137, 187 et ss.

2. Comme cela avait été le cas pour La Trémoille (v. plus haut, p. Iv et s. etlix). — Cœur avait aussi de nombreux créanciers. Clément, /. c, il, 176.

3. Cœur était fournisseur de la cour, aussi bien que fonctionnaire. En effet, sa charge d'argentier, ou d'intendant de la liste civile, l'obligeait à tenir, contre paiement, à la disposition de la maison du Roi, toutes les marchanilises nécessaires. — Vallet de Viriv.

4. Comiite de la vente des biens de Jacques Cœur, Arch. nat., KK. 328 (509 folios, papier), fol. 469 r°. — Clément, /, c, II, p. 355.

5. Dunois roçul, en cadeau, le bel hôtel de Tours, apiiartenant à Saincoins (5, rue Colbert), qui devait plus tard devenir la demeure du malheureux Seinblaiiçay. — Charlier et Mêm. de la Soc. archéol. de Touraine, .M, 310. — Pour les allaires de Dunois avec Cœur, v. un peu plus bas, mt^me ch. — De m(!^ine pour Brézé.

6. V. plus haut note 2. — Le Roi eut 60,000 écus sur les biens de Saincoins et 400,000 sur ceux de Jac(|ues Cœur, sans parler de la conliscalion.

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D'après Vallet de Viriville, Jean V, débiteur de Saincoins, aurait été tenu quitte de sa dette et aurait accepté, sur les biens confisqués, une terre en Anjou ^ Nous avons parcouru les sources indiquées par notre auteur, sans y trouver de preuves à l'appui de cette accusation 2. Nous n'avons pas non plus rencontré, dans nos investigations, le moindre indice qui pût nous mettre sur la voie 3,

En ce qui concerne le cas de Jacques Cœur, on n'a porté, contre Jean de Bueil, aucune accusation formelle; mais, comme son nom se trouve mêlé à ce procès, il nous paraît nécessaire d'examiner s'il doit être rangé parmi les coupables.

Il est malheureusement certain que Bueil et ceux qui jouaient alors le rôle de conseillers du Roi, s'ils n'ont pas tous approuvé la condamnation du célèbre financier, ont du moins laissé commettre cette injustice sans s'y opposera En outre, nous trou-

1. Hist., III, 270. — Goufïier s'attribua la terre d'Oiron en Poitou. A propos de ce dernier, il convient de relever une erreur de Vallet de Vir., qui est peut-être l'origine de l'accusation portée contre Bueil. Guill'. Gouffier, chambellan, bailli de Touraine, seigneur de Boisy (ou Boissi), avait épousé (Tours, 8 avril 1450) Louise d'Amboise, fille de Pierre de Chaumont, beau-frère lui-même de Bueil (par sa femme Anne de Bueil). Gouffier était donc le neveu par alliance de Jean V et non, comme le prétend Vallet de Vir., son propre beau-frère. — Chastellain, édit. Kervyn III, 294. — Vallet de Vir., III, 190. — Clément, II, 394. — Anselme v' 607, et VII, 124. — Busserolle, à Gouffier et Amboise. '

2. Notamment les mss. fr. 8438, fol. 81 et Nouv. Acquêts 2497, fol. 29 v — Ms. Gaignières 771, fol. 114. — Mém. de la Soc. archéol. de Touraine, 1859, t. XI, p. 310.

3. Voici les seules mentions du nom de Saincoins que nous ayons rencontrées dans nos recherches : 1° dans une quittance, donnée à J. de Saincoins receveur général des finances, de la somme de 600 1. t., payée à Bueil, pour ses gages d'une année, comme capitaine de la ville d'Issoudun {Coll. de P. orig., à Bueil, I, 109), en juillet 1449; 2° nous verrons aussi Bueil intervenir, en 1456, dans les affaires de son beau-frère de Montejean, pour régler la situation de ce dernier, vis-à-vis d'Eslissac et de Pierre de Saincoins (parent et probablement frère de Jean de Samcoms). — V. plus bas, ch. xiii, et P. Just., au 18 mars 1456.

4. Ann.-Bulleiin de la Soc. d'Hist. de France, 1882, Fragment d'un registre du Conseil, publié par M. N. Valois, page 286. — Séance du 2 mai 1455 (à Mehun-sur-Yèvre), présents les comtes de Dunois, de Sancerre, de Dammartin, le sénéchal de Poitou, m= Jean Bureau, etc. Sont entendus : 1° Beauvau, envoyé par le roi René, pour disculper son gouverne-

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vons le nom de Jean V couché, sur l'inventaire des papiers de Jacques Cœur, pour plusieurs sommes dues aux associés de ce dernier et se montant à un total de neuf cent quatre-vingt-un écus et cent vingt livres*. L'existence de cette dette ne consti-

incnt accusé d'avoir favorisé l'évasion de Jacques Cœur et empêché les poursuites faites contre les complices de celui-ci; 2» les commissaires envoyés par le Roi en Provence, pour rechercher lesdits complices. Le Conseil fait retirer l'envoyé du roi René, pour entendre une communication secrète, concernant les agissements du gouvernement provençal en cette ailaire. Ce fait, ainsi que tous les détails de la séance, montrent que les conseillers présents (y compris Bueil, ancien serviteur de René) marchaient d'accord avec le roi de France et n'approuvaient pas la conduite honorahle des Provençaux.

1. V. Clément, l. c, II, 31 et 35 et, surtout, I, P. Just. 5, p. 284 et 286, pièce tirée d'un Inventaire des papiers de Cœur (contenu, en 18G3, à la Bibliothèque nationale, dans une liasse intitulée Portefeuille de Jacques Cœur), qui doit être distingué de celui qui est contenu dans le ms. fr. 2497, nouv. acq. En effet, ce dernier manuscrit est seul de son espèce et les mss. voisins du catalogue ne concernent pas Cœur. Enlin, il ne renferme pas la mention des deux obligations de Bueil que nous donnons ici, d'après Clément {l. c.) : « Une lettre obligatoire, passée « à Tours, signée Pichot et scellée du scel dudit lieu, comme il appert, « donnée le 14° jour de février 1447, par laquelle apparoit que noble et « puissant Jehan, seigneur de Bueil, estre tenu, envers Guillaume de « Varye, en la somme de vm'^ écus d'or pour vente de certaines brigan- « dines... — Une autre cédule en parchemin, donnée le xxiii' jour de « septembre 1447, par laquelle Jehan, seigneur de Bueil, confesse devoir « audit Guillaume de Varye ix"-^ i écus d'or... » Guillaume de Varye était, comme on sait, le fidèle et principal associé de Cœur (Clément, II, 397, et La Thaumassière, ffist. de Berry, liv. XII, ch. lxxxv). — Dans la môme pièce, une troisième cédule (Clément, I, 288), datée du 13 avril 1449. après Pâques, concerne VA7niral, c.-à-d. Coetivy, mort en fonctions en août 1450 (v. ])lus haut, fin du ch. ix, au siège de Cherbourg), et non Jean de Bueil, ainsi que le dit à tort Clément (II, p. 35). Le nom de Coetivy revient, en effet, fréquemment sur les livres de Cœur et on trouve plus bas, dans la môme pièce {Ibid., p. 289), la mention de feu l'Amiral. — Quant au ms. 2497, nouv. acq., cité plus haut et intitulé Partie d'un Inventaire des papiers de Jacques Cœur et de Varye, nous y trouvons aussi des mentions d'un Ainiral qui nous parait être encore Coetivy (v. fol. 9 V" el 12, non datée, mais de 1450 au plus tard). Nous trouvons aussi (fol. 30) la mention suivante : « Une feuille de i)apier, par laquelle « appert nigr de Bueil devoir à Guillaume de Varye, depuis le derrenier « compte fait le 23" jour de septembre 1447, en six i>arlies, 981 écus et « 120 livres, 11 sous, 3 deniers, et n'est point ledit compte signé. «Cette note, (jui se réfère aux deux cédules ci-dessus et leur est supérieure de 120 livres, parait indiquer la somme totale due, par Jean V, à Cœur, pour autant, du moins, que l'état du manuscrit nous permet d'en juger. En effet, la partie inférieure de beaucoup de feuillets fait défaut, ce registre

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tue pas, cependant, à l'égard de Bueil, une véritable présomption de culpabilité. En effet, les innombrables débiteurs de Cœur, qui, pour mille raisons diverses, étaient notés sur son livre, ne sauraient être, tous el pour ce seul fait, accusés d'avoir contribué à la chute et à la condamnation de l'argentier. Ceci est surtout vrai de ceux qui, comme Bueil, n'étaient débiteurs que de sommes peu considérables. Quant aux terres et seigneuries de Jacques Cœur, aucune, à notre connaissance, n'a jamais appartenu à Bueil '.

Jusqu'ici donc, rien de grave. Mais on pourrait plus facilement trouver, dans l'histoire assez curieuse de deux prisonniers anglais, un prétexte à accusation contre la mémoire de Jean V.

Nous avons vu, en effet, que, lors de la capitulation de Rouen (1449), les fils de lord Bergavenny et du comte d'Ormond se trouvaient au nombre des otages livrés par les Anglais. Ces deux personnages servaient môme de garantie spéciale, avec les fils de lord de Roos et de Thomas Gower, aux sommes dues par les vaincus, l'un des prisonniers devant être mis en liberté à chacune des échéances , après paiement 2. Depuis lors , les Anglais n'avaient pas tenu leurs engagements, et Ormond, ainsi que Bergavenny ou Berquigny, comme on l'appelait en France ^ étaient demeurés prisonniers. Ils étaient, en outre, devenus la propriété privée de Dunois et de Jacques Cœur, soit en garantie d'avances faites au Roi, soit à litre de récompense

ayant été déchiré par le milieu, sans doute par manière d'acquit, lorsque les papiers de Cœur et une partie de ses biens furent, d'après les ordres de Charles VII, restitués aux héritiers, contre renonciation au reste de l'héritage. — Lettres du Roi, de Coursilles, près Souvigny, 5 août 1457. Ms. fr. 2497, fol. 1. — Clément, /. c, il, pièce 18. - 11 n'est fait mention de Bueil ni parmi les débiteurs de Cœur exemptés de payer leurs dettes (mêmes Lettres), ni parmi ceux qui sont sommés de payer par le Roi (Arch. nat., KK 328, fol. 390 v° et 434 v°). - Ajoutons qu il était dû par le sire de Montejean, beau -frère de Jean V, 140 écus, pour fournitures prises à l'argenterie. — Clément, II, 34, et pièce 18. — Arch. nat., KK 328, fol. 436 r°.

1. Pour les seigneuries possédées par Cœur, v. La Thaumassière, Hist. de Berry, liv. I, ch. lxxxii, et Clément, /. c, p. 191, 393, 405 et ss.

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