‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 136 sur 321 · Escouchy, II · texte numérisé non relu

Escouchy, II

2. Ses allégations sont confirmées par ce fait que ce fut Bueil qui signa, avec le chef anglais Camois, la capitulation de Bordeaux. — V. plus bas.

3. Plus de deux mois après l'arrivée de l'armée de l'Est à Lormont, soit au commencement d'octobre, d'après Escouchy. Or, la capitulation de Bordeaux eut lieu le 8 du môme mois.

4. Basin (1. V, ch. vi) dit, en effet, que le Roi avait retenu le commandement supérieur à cause de la connaissance des lieux par lui acquise dans l'expédition de Tartas. A ce motif, l'on peut ajouter le désir de prévenir les rivalités de ses capitaines. — Quant aux autres services de l'armée, les frères Bureau avalent la charge de l'artillerie, des fortifications et des vivres. Tristan l'Hermite, prévôt des maréchaux, dirigeait la justice. — Ghartier, ch. 264. — D'après Tringant, la haute situation de Bucil est symbolisée, dans le Jouiencel, par le mariage du héros do roman, devenu régent du royaume, avec la fille du roi Amidas. On y trouve aussi des allusions à la Hotte de Lormont. D'autres passages de ce morceau se rapportent, comme nous l'avons vu, à l'expédition de 1444. — Jouv., 2" partie, ch. xxv et xxvi : 3° partie, ch. ni.

5. En effet, Bueil est à peine nommé par Ghartier, à propos de Lormont. Au cx)ntraire, sans parler de Tringant, Berry (p. 472), le liosier des Guerres (/. c.) et les Vigilles de Charles VU (2 vol.; Paris, 1724. p. 143 et 155) le nomment, avec. Lohéar, |)armi les plus méritants. — Quant à la C/iron. Martin., son récit confirme aussi, indirectement, l'importance du rAlo de Bueil.

1453J INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. ccvij

début de son ouvrage ^, que la plupart des hauts faits inscrits dans le Jouvencel ont été accomplis par son maître, tandis que d'autres s'en sont donné gloire. Dans le cas présent, rien d'étonnant à ce que la querelle qui s'était élevée, après Castillon, entre l'amiral et le grand maître, ait laissé quelques traces dans les récits du temps. Soit partialité pour les Ghabannes, soit gêne pour formuler un jugement sur un point délicat , les historiens ont passé sous silence les exploits de Jean de BueiP.

Au milieu même du siège de Bordeaux, ce dernier, mandé par le^Roi, dut se rendre, en toute hâte, de Lormont à Libourne, pour rendre compte de sa conduite 3. Il est probable que cette nouvelle affaire n'était pas en rapport direct avec la querelle de Castillon. En effet, Jacques de Ghabannes venait de mourir, et le différend devait entrer dans une phase moins aiguë *. Il s'agissait, en réalité, d'accusations plus graves qui touchaient à la fidélité de Bueil envers le souverain, et qui ébranlèrent un instant la haute situation de l'amiral. Profondément blessé de la défiance qu'on lui montrait, Bueil supplia son maître de le décharger de sa lieutenance et de nommer à sa place quelque homme de bien pour recevoir les serments des capitaines et soldats de Lormont. « Adonc congnut le « Roy, ditTringant, qu'il n'estoit rien desdits rapportz; et en « fut très content, en donnant plus de puissance que devant à « mondit maistre le JouvenceP. » Ainsi que nous le verrons,

Page 1