Troisième partie ou partie politique (3 chapitres
On y voit le héros du roman exerçant avec succès les grandes charges qui sont l'apanage des princes ou des capitaines de génie 2. Après avoir, comme début, occupé la ville de Don, le Jouvencel Uvre bataille à l'ennemi et le met en complète déroute*. Mais Amydas est arrêté par la place du Sap. Pendant qu'on forge de la grosse artillerie, on propose au Roi de lui faire prendre la ville par trahison^. Cette ouverture est aussitôt repoussée avec indignation. Un noble roi, dit Amydas, doit tout entreprendre au grand jour. « Il doit désirer que le soleil luy luyse sur son garde-braz affîn que tout le monde le voye de loing. » Toutefois, par un compromis qui est bien de l'époque, il laisse à entendre que, si quelque audacieux compagnon tente l'entreprise à son insu, sa dignité royale n'en souffrira pas trop. Le Jouvencel en parle à mots couverts au maréchal, qui s'empare du Sap et obtient facilement son pardon^.
Quoi qu'on en puisse penser, cet épisode ne renferme aucune intention satirique; mais de pareils traits, que le roi Louis XI n'eût pas désavoués, caractérisent bien un siècle où l'on échangeait volontiers la peau du lion contre celle du renard. Ils nous font mieux comprendre comment des capitaines, ayant quelques peccadilles sur la conscience, pouvaient, sans se démentir, composer les pages les plus éloquentes sur l'art de la guerre et les devoirs des gens d'armes. Bien que ces contrastes soient un peu