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prudence est beaucoup plus raffinée que celle du JouvenceV . A l'instar des rhéteurs de la décadence, l'auteur s'amuse à poser des cas difficiles ou même invraisemblables, pour avoir le plaisir de les résoudre. En revanche, il n'est pas dit dans cet ouvrage un seul mot de tactique ou de stratégie 2.
Le ïiosier des Guerres a été écrit pour l'instruction du Dauphin, plus tard Charles VIII ^. Il est à peu près contemporain du Jouvencel, avec lequel la première partie présente seule quelque analogie*. Mais on peut facilement se convaincre que
1. V., par ex., ms. fr. 587, fol. 2 : 0 Si ung chappelain est assaly « portant le corps de Dieu à ung malade, s'il le doit lesser et soy « défendre? »
1. Le Livre de faits d'armes et de chevalerie, de Christine de Pisan, un peu postérieur k ÏArbre des batailles, n'est qu'une compilation de ce dernier ouvrage, ainsi que de Végèce et Fronlin. Il renferme cependant un traité original sur les sièges. — V. le Manuel de Brunet à Christine de P. — Delisle, Invent., l. c, II, 259. — P. Paris, Mss. de la Bibl. du Roi, V, 94 et 133.
3. Le Rosier a été imprimé pour la première fois, chez I^noir, en 1421.
— V., Catal. de la première vente A. -F. Didot, juin 1878, n" 607, et Quatrième Vente, juin 1882, n° 250. — Brunet, Manuel du libraire, IV, 1440. — Delisle, Inventaire, II, 185. — Bibliothèque nationale, entre autres, le ms. fr. 442 (anc. 7032), qui est un exemplaire de dédicace offert au Roi, et mss. fr. 1240 et 4986, qui contiennent seuls, à la fin d'une pièce de vers, un anagramme renfermant le nom de l'auteur.
— Le Rosier a été attribué, tour à tour, à Estienne Porchier, au roi Louis XI et à Pierre Choisnet, médecin et astrologue de ce roi, mort en 1476. M. Kaulek paraît avoir démontré que l'auteur est bien Choisnet, dont le nom se retrouve dans l'anagramme, « reproche n'y siet, » aussi bien que celui d^Eslicnnc Porchier. — V. P. Paris, Mss. de la Bibl. du Roi, IV, p. IIG, au ms. 7032. — Catalogue de la première vente Didot, l. c., n° 39, au Livre des trois âges. — J. Kaulek, Louis XI est-il l'auteur du Rosier? [Revue historique, mars-avril 1883, p. 312 à 322). — Quant ;\ la date de la composition du Rosier, M. Kaulek pense qu'il a été écrit vers le milieu du règne de Louis XI. Ce qui est certain, c'est que cet ouvrage, destiné au Dauphin, depuis Charles vm, ne saurait remonter au del;\ de 1470. année de la naissance de ce dernier. Il serait ainsi tout à fait contemporain du Jouvencel. — Le marquis de Paulmy a donné, princi|)aiement au point de vue du co.stume militaire, une analyse du Rosier dans les Mélanges tirés d'une grande liilil. (I, 22, Paris, 1780).
4. En cil'et, la seconde partie (ix" chapitre), (jui est le véritable Rosier historial, ne coiititMil (ju'un résumé succinct de l'Iiisloire de France, à l'usage ilu Dauiihin, assez intéressant pour ce (|ui concerne le règne de Charles VII. Ce sont lA, à i)roprement parler, les roses dont le Dauphin doit respirer clia(|ue jour le parfum pour son instruction (uis. fr. 442, fol. 17 v). Nous avons fait usage. i\ i>lusieurs reprises, dans
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le mérite de ces deux livres est très inégal. En premier lieu, il n'y a aucune unité dans la composition du Rosier, formé de deux parties qui n'ont aucun rapport entre elles. Si le Jouvencel a des longueurs, on peut dire que le Rosier est interminable. Ce ne sont que plates déclamations, et plus d'un chapitre peut être franchi à pieds joints, sans qu'on s'aperçoive de l'omission.
L'auteur, qui débute par un long prologue, parle, d'une façon très générale, des devoirs des rois et des princes ainsi que de la justice. Il est aussi très vague en ce qui concerne les chevaliers, sauf lorsqu'il précise leurs qualités physiques et qu'il affirme doctoralement qu'ils doivent avoir longs doigts et petit ventre ^ Après d'autres discours tout aussi insignifiants, on arrive enfin aux principes de l'art de la guerre 2. C'est ici qu'éclate la supériorité du Jouvencel. Les élucubrations du Rosier se développent en longs préceptes didactiques, aussi dénués de grâce que de précision. Il n'y a presque rien à apprendre pour nous dans cet ouvrage sur l'art militaire du xv^ siècle. Au Jouvencel, au contraire, nous trouvons, dans un cadre romanesque et sous une forme agréable, des données, généralement très exactes, sur la manière de combattre des contemporains, sans parler de ce que nous apprenons, chemin faisant, sur leurs mœurs, leurs sentiments et leur histoire 3.
Le Traité de la conquête d'un pays, par Béraud Stuart d'Aubigny*, qui date probablement du règne de François I", n'a rien
notre Introd. biogr., de cette partie du Rosier, dont les dates ne sont pas toutes exactes.