‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 21 sur 321 · V. plus haut p. XX vj · texte numérisé non relu

V. plus haut p. XX vj

4. Cependant, Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoiret de Montafillant (Pesche, IV, 783. — Chartier, ch. xxiii), resta fidèle à Richement, qui, en 1424 et en 1425, lui avait confié, ainsi qu'à Raiz, la garde de la place (V. Dom Lobineau, Hist. de Bretagne, l, 571, et plus haut, ch. II, le siège du Lude, etc.). A partir de 1427, l'influence du connétable était en baisse dans l'Ouest, à cause de l'abandon où il laissait le Maine pour travailler contre La Trémoille, et de la défection de la Bretagne. Le favori substitua alors son autorité à celle de Richemont dans les places frontières (Bourdigné, II, 156). — Raiz avait assisté au siège d'Orléans. Au contraire, les partisans du connétable, comme Beaumanoir, venus de l'Ouest avec les garnisons du Maine (entre autres celle de Sablé), ne rejoignirent le Roi qu'à Beaugency, après la levée du siège (Gruel, Mémoires de Richemont, p. 272 et suiv.). Après la bataille de Patay, lorsque le connétable dut se retirer, Beaumanoir fut un des deux envoyés de ce dernier auprès du Roi. C'est dans l'automne de 1429 que Raiz reprit sa place à Sablé, au même moment où, la campagne terminée, Bueil se rendait à Chàteau-l'Hermitage (V. la note du Jouvencel, p. 63). Cet abandon de la Pucelle, reproché à Raiz par Vallet de Viriv. (II, 412), s'explique donc fort bien. En effet, les gens du Maine, rendus libres par la dissolution de l'armée royale, regagnaient au plus vite leur province menacée. — V., Bibl. de l'Éc- des chartes, 2° série, III, 500 et s., la Chronique inédite du siège, publiée par A. Salmon.

xxxiv INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1430

la région qui fussent en mains françaises, auraient dû vivre en bonne inleiligence, mais il n'en fut rien. ♦ En effet, les princes de la maison d'Anjou étaient en mauvais termes avec La ïrémoille, que Charles d'Anjou devait, deux ans plus tard, remplacer au pouvoir. Comtes du Maine et seigneurs de Sablé, eux et leurs gens souffraient avec peine de voir cette dernière place aux mains d'une créature de leur ennemi ' . D'autre part, le favori du Roi et son client Raiz ne pouvaient pas non plus voir avec plaisir de fidèles Angevins et Tourangeaux s'établir à Château-l'Hermitage. De là, l'épisode raconté au Jouvencel, que, sur la foi de Tringant, nous pouvons considérer en grande partie comme historique.

Une belle nuit, le Jouvencel, enhardi par ses succès, sort de Luc pour quelque entreprise ^. Il apprend tout à coup, par ses espions, l'approche d'un fort parti ennemi, qui, venant de Crathor^, se dirige droit sur Luc*. Sa résolution est bientôt prise. Il revient aussitôt en arrière pour prévenir ses amis du danger qui les menace^. Malheureusement les ennemis sont déjà devant la place, et il ne faut pas songer à y pénétrer. Le Jouvencel cache sa troupe dans les environs et se glisse vers les remparts*^, cherchant à entrer dans le fossé pour se faire entendre

^'l. D'autant qu'à la fin du xiv' s., Sablé, vendu sous clause de ra<Aat par la famille d'Anjou, avait appartenu quelque temps aux Craon, l)arents de llaiz et de La Trémoille (Pesche, ^ablé). Au contraire, la inaisun d'Anjou était dans les meilleurs termes avec Richemont, récemment échappé à une tentative d'assassinat, ourdie par La Trémoille durant l'kiver de 1430. — Gruel, p. 281 et s.

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