‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 22 sur 321 · Chateau-l'Ilcrmitage · texte numérisé non relu

Chateau-l'Ilcrmitage

5. « Car. » dit le maréchal, « je me double que ce ribattlt (le com- ( mandant de Sablé), de qui tousjours ay eu souspeçon, m'ayt pourchassé « quoique trahison. J'en ai mainteffois adverly le cappitaine (de Châ- « leau-l'HermilaRc), mais, pour ce qu'il est ung rapporteur et un llatteur. « il en est si allolé qu'il ne m'en voulloil croire. » Ces lifinos du Jouvencel (p. ()7), qui se rapportent à la trahison d'un ami et non à l'attaque d'nn loyal ennemi tel que le capitaine de Crathor, n'ont pas grand sous, si elles ne sont une allusion aux méfaits de Gilles de Raiz.

6. Il s'avance lui cinquième. Jouv. — Tringant dit : lui quatrième.

1430] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. xxxv

de la sentinelle placée sur l'autre bord. A ce moment, un détachement ennemi s'approche et notre héros se voit découvert et perdu. Il n'hésite cependant pas à alarmer la garde, en lui criant que la place est trahie. Peu s'en faut alors que, dans leur ressentiment, les ennemis n'égorgent leur captif. Le Jouvencel est prisonnier, mais Châleau-l'Hermitage est sauvé.

Le sire de Raiz emmena Bueil à Sablé 2 et l'enferma dans une des principales tours de la ville ^. Un autre se fût découragé, mais Bueil, qui, du haut de sa prison, voyait une partie des remparts, occupa les loisirs de sa captivité à combiner un plan d'attaque de Sablé. Ce fut là sa vengeance. A peine libéré, il le mit à exécution ^ avec l'aide de ses camarades de Ghâteau-l'Hermitage. Si nous en croyons le roman du Jouvencel, l'escalade du château fut préparée dans le plus grand secret et exécutée de nuit, sans coup férir. Au jour, la ville, qui communiquait avec ce réduit, fut envahie sans résistance et le Jouvencel mis en lieu et place de son persécuteur.

Ceci résulte, non plus des détails du roman, mais d'un acte authentique qui nous montre, au 26 octobre -1430 ^ Jean de Bueil installé dans Sablé, oii il commande, comme lieutenant de Charles d'Anjou, comte de Mortaing «, une compagnie de cent

1. Jouvencel, p. 69. Ces détails, qui rappellent l'épisode du chevalier d'Assas, doivent être historiques.

2. Tringant, l. c, et Jouvencel, 2» part., p. 63, note marginale.

4. V. Tringant. — Jouvencel, l. c. Le plan d'attaque (qui se rapporte peut-être à Sablé) est décrit p. 78 et s. On y lira avec intérêt tous les détails dune escalade au xv' siècle.

5. V. P. Just. à cette date, le vidimus A.a procès-verbal du serment de Bueil prête à Angers. — Tous les faits que nous venons de raconter et qui concernent soit Château-lHerniitage, soit Sablé, sont compris entre la dissolution de l'armée royale, après la tentative sur Paris (sept 1429) et l'installation de Bueil à Sablé (26 oct. 1430). Bueil n'assistait donc pas au siège de Compiègne (20 mai -23 oct. 1430), ainsi que pourrait le faire supposer un passage du Jouvencel (2« part., ch. xvi).

6. Et, comme nous lavons dit, lieutenant général des Rois de France et de Sicile. Bueil représentait donc à Sablé, à la fois, l'autorité ducale ^T^r ^i?"**^ ^'^^^^^^ ~~ Tringant, XXI. - Monstrelet. - D'après Pesche (IV, 764), Guillaume de Bueil (oncle de Jean V), écuyer de Charles VI, aurait été déjà, en 1392, gouverneur de Sablé.

xxiTJ DfTRODUCnON BIOGRAPHIQUE. [1430

vingt-ai gens (Tarmes el de Irait ^. Pour obiraiir ce commandement. Bueil avait dû prêter, à Angere, à la reine douairière el régeole ainfi qu a ses enfants, le serment solennel de conserver la place de SaLlé a la maison d'Anjou et de n'y laisser entrer nul pins puissant que lui, fors le Roi. Bien que Bueil, comme gouT^neur militaire et lieutenant, eût la première place à SaMéy U n'y était pas le seul mpTéseatmi de laulorilé ducale. SaUé avait, en effet, comme Tours el d autres cités, un capi' tome di> la vUU, qui était alors Bertrand de Beauvau *.

V De Sablé, » dit Tringant', « fist mon maistre de grants cbousps et btmiKH^les. > Ce témoignage , rendu à Bueil par son seniteor, n'a rien d'exagéré. Toutefois. U faut ajouter, pour être odmplet, que les prédécesseurs de Bueil dans celte place lui avaient montré le chemin.

Xous avons déjà nonmié Raiz et Beaumanoir. Il nous reste à parler tf Ambroise de Loré'', des longtemps l'adversaire infatigable des Aurais dans ces régions. Vassal et seniteur du due

1. C'était, é'aftht BOtre |Mèee, le chil&e habituel de La garnison de SdUé.

2. Bertnad, setgnev deBeanTaa (Maine-et-Loire, arr. de BaagéX are de Préôgné (Sartbe, caaL de Sabléj, et, par acquisition (vers 1454;. seignenr de Pressipiy 'clu-L de caaL, arr. de Loebes), 2' fils de Jean, né daas les |ireai^^«s aanées dn siècle, mort le 30 sept. 1474, «errilear de la maisoa d'Aqoo et eoBseîlIer iatime de Cbarles VU. Il &it sénéchal d'Anjoa et baiUi de Toaiaise. Mêlé à toutes les afEaires diplomatiques dn temps, il fÊl poorBiiÎTÎ (1450^ dans le procès de Saincoios. Une de se» quatre feaâes, Fraaçoîse, était sœur de Pierre de Brézé. La dernière, Blanche d^joa, iUe Batardle dn roi René, Ini qiporta tm. dot 'noT. 1467) la ■fief lie de Mîrebean. Il se mina en prodigalités artistiques et dot ▼eadre à «n fils Aulaine (27 juin 1466/ sa baroonie de Siiié. — Port, ait. Beaavan. — Vallel de Mr., III, 268, et passim. — Bnsserolle, à Presâgo}. — LauibroD, Mém. de la Soc. arc/uol. de Towame, XI, 317 et 319. — Bourdigne. II, 158.

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