‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 217 sur 321 · Var. : « croissent et aguisent. » Éd. Vérard · texte numérisé non relu

Var. : « croissent et aguisent. » Éd. Vérard

5. Var. : « Et sont à présent de plusieurs trouvez les engins plus subtils et les faiz plus agus, dont les aultres prédécesseurs n'eurent oncques congnoissance. » Id.

c'est ce que j'ay disposé d'escripre en ce Prologue, pour parvenir et succéder à l'introitte et commencement de ce livre, ainsi qu'il s'ensuyt.

Cy fine le Prologue de l'acteur et commence le premier chappitre de ce présent livre.

CHAPPITRE I.

Comment, en ce premier chappitre de la première partie nommée monostique, Facteur de ce livre se recommande à Dieu et à ses Saincts ; et en quel temps fut commencié ce dit livre ; et comme ce dit chevallier, en allant en voyage quil avait neccessairement à faire, passa à saulf-conduit par certain pats moult destruit de guerre, où estaient plusieurs chasteaulx et forteresses de povre cdiffice, entre lesqueh en y avoit deux, Vun nommé Luc et Vautre Verset, de longtemps contraires Vun à Vautre.

Ou nom du Père et du Filz et du Sainct-Esperit, de la benoite Vierge Marie, de monseigneur sainct Michiel l'angle et de tous angles et archangles, ay commencié ce livre à la gloire de Dieu et doctrine des gens de guerre, ainsi que cy après s'ensieut.

Vray est que , ou moys de mars , qui est commencement du printemps, (c'est le moys oîi les oyseaulx, par la doulceur de leurs voix, causent leur son doulx et mellodieux parmy les prez, les bois et les forests, qui commencent à verdoier, et toutes choses naturellement se resjouissent et renouvellent par l'aménité'

\. Var. : « la mcuUe. » B. E. — « la meureté. » C. F.

et suavité du temps ; les fleurettes^ par l'humeur de la terre eschauffée et reprenant la vigeur de génération procédant des influences du solleil, qui lors sont modérées et attrempées, pour ce que le cercle equinecial est en egalle portion vers orient et vers occident, décorent et embellissent- les prez pour adoulcir les pasturages=^ aux bestes mues;) le xxiv'^jour d'icellui moys, que la solempnité est célébrée en laquelle fut commencée la conception de Nostre-Seigneur Jhesus-CristS advint que j'estoie party d'une place, en laquelle j'avoie longuement séjourné, pour aller en voyage nécessaire. Et, en passant mon chemin, me trouvay en pays moult desollé et désert, pour tant que longtemps y avoit eu guerre entre les habitans du pais, qui moult estoient povres et en petit nombre ; car, pour vous dire, ce sembloit mieulx réceptacles de bestes sauvaiges qu'il ne sembloit estre habitation de gens. Néantmoins y avoit aucune conversation de menu pueple, ainsi qu'il y a souvent ou plat pais, et aucuns lieux habitez de povres gentilzhommes, c'est assavoir chasteaulx et forteresses, qui pas n'estoient de grant edifïîce, mais de povre closture et de vieille façon. Entre lesquelz en estoient deux assis l'un auprès ^ de l'autre et assez semblables en povreté ; mais de tant

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