Var. : « courroiez. » G. D. — « coureez. » Éd. Vérard
CHAPPITRE IIP.
Cy parle du commencement et des entreprinses dujeusne homme, de la bonne conduitte quil avait, et d'aucuns exemples servans à ce propos.
Cellui qui vuelt parvenir à bonne fin, ne doit pas au commencement trop entreprendre, mais doit procéder par mesure et persévérer en accroissant, ainsi que fist le jeune gentilhomme, dont nous avons parlé. Car premièrement, avant qu'il f'ust nouvelles de lui, il prinst la hardiesse d'aller seul, fors la compaignie de son paige, en guettant et visitant s'il trouveroit aucun peu d'acquest sur ceulx du party contraire ^
Si alla et vint tant de fois qu'il conquesta les chièvres de la forteresse de Verset. Mais à tant ne se tint pas : ainçois gaingna la buée dont il fit son jacque^ ; de quoy ceulx de Verset'' s'esmerveillerent. Et une fois entre les autres se advisa d'appeler ung autre avecques soy, et approucha si près de Verset, qu'il trouva la vache au cappitaine, qui estoit en pasturage. Si la
1. Dans l'édition de Vérard tout ce chapitre est rejeté après lo suivant.
2. Var. : a Et, comme nous dirons, il prenoit son adresse, en laissant aucunelVois aller son paige devant, en puetaut et visitant se il trouveroit aucun peu d'acquest sur ceulx du parti contraire. » Éd. Vérard.
3. Jacque, justaucorps de cuir, rembourré de vieux lingo ou do bourn», à l'éprouve de l'épée (Y. le texte cité par Quicherat, Hisloire du costume, p. 307). Buée veut dire lessive. Ce [lassage siguilie que le Jouvencid prit aux ennemis le linge d'une lessive et s'en servit pour roniliourrer son jacijue.