Var. : « Un temps fut que Dieu, etc. » Éd. Vérard
mené et déduit jusques es extrémités de pouvreté, de indigence et de dangier, au moins selon la grant noblesse et haulte prééminence de sa personne. Si ne veoit-on aucune apparence ' de recouvrer les pays perdus ; mais, comme prince saige, prudent et ayant la vertu de force, print et reçeut tout en gré, en couvrant et dissimullant son ducil gratieusement, sans provoquer l'yre de Dieu par desespoir ou impacience. Et aussi Ce! lui qui fait droit à chascun et lequel a puissance sur tous roix, princes et seigneurs, à la parfin de ses douleurs, lui monstra bien évidemment que sa ferme foy lui devoit grandement prouffiter ; car, en pou de temps, il subjugua, vainquit et desconfîst ses adversaires, recouvra et remist en sa main les diverses parties de sa terre et seigneurie, qui à tort lui estoient usurpéez par ses anciens ennemis, et réintégra sa couronne en si pou de temps que penser d'homme ne le pourroit croire ne entendement^ concepvoir ou comprendre suffissamment, et tant que j'ose dire et afermer qu'il a desservy les triumphes et honneurs que présentèrent les Rommains à Scipion l'Affricain, quant il rapporta la victoire de ceulx de Gartaige. Car ccUui roy mist premièrement en subjection toute l'Isle-de- France ; puis après, à la requeste de ses ennemys, fist trêves avecques eulx. Mais ilz semblèrent le scorpion, qui fiert et navre de sa queue ; car ilz rompirent desloyaument les trêves^. Par quoy en bien briefve saison