Les manuscrits portent : « rendre
2. Le Commentaire (V) nous apprend au contraire que Jean de Bueil ne voulut jamais aller à la cour : « Homme ne le povoit tirer en court ; aussi n'estoit pas sa voccation. Si y eust-il do ses amys qui lui conseilloient assez. » Le passage et les discours qui vont suivre sont donc probablement une fiction de Jean de Bueil, qui met dans la bouche des compagnons du Jouvencel les objections qu'il fit lui-même à ceux qui l'engageaient à aller à la cour.
3. Var. : « Voulez-vous ja aler là baler la queue? » Éd. Vérard.
4. Var. : « Ha! beau sire, mon amy, puisque vous avez voullenté et désir d'estre homme de guerre et de suivyr les armes et que Dieu, etc. » Id.
42î LE JOUVENCEL.
« guerre, et faire tousjours vostre mestier que d'aller « à la court presser le Roy ne faire l'ennuyeux après ot les seigneurs, despendant vostre argent et perdant « le temps, comme font plusieurs qui ne sçauroient « vivre, si on ne leur donnoit. Et, comme vous scavés « assez, on s'ennuye de donner souvent ; et, quant « les dons faillent à telz gens, ilz demeurent tous « esbahis. Je ne ditz pas que les princes et les grans « seigneurs ne puissent avoir des serviteurs et que, « lorsqu'ilz sont en leur grâce, ilz n'en puissent assez « amender et qu'ilz ne facent que saiges de les servir. « Mais ceux qui délaissent leur voccacion et qui vont « à la cour passer leur temps en oysiveté, sans besoing « qu'il en soit, ne sans sçavoir à quel propos ilz y « vont, les seigneurs dient, quant ilz les voyent : « Veez-là tel ; je le congnois bien ; je l'ay autrefois « veu. » Car les princes sont de telle condicion que, « tant plus ilz voient les gens, moins ilz les prisent. « Mais, quant vous sçaurez bien vostre mestier, vous « en viverez bien et vous recueilleront les princes « voullentiers. Car ilz auront tousjours à faire de vous, « tant que vous pourrez baston lever ne porter, pour « ce que tousjours est il guerre en quelque paiz que ce « soit, et ne puent tous ces seigneurs longuement durer « en paix. Car, se maintenant l'un est en paix, l'autre « est* en guerre.
« Et, se vous vouliez dire : je deviendray viel ; je « ne dy mye qu'avant (jue vous le devenez, vous n'y « devés penser, et le povez mieulx faire par ce moyen « que par autre. Et par ce ne vous attendez point ({ue