Var. : « retourno. » A. D
« l'en vous donne, mais pensés une fois donner aux « autres ; car vous estes jeune.
« Et, se vous voullés bien faire aux armes, vous ne
« poez faillir à parvenir à de trois choses l'une, de
« quoy les armes payent tousjours leurs souldoyers,
« c'est assavoir : ou de la mort, ou de vivre povre et
« honnouré et que chascun parlera de vous et des
« vostres, dont il sera renommée après vous, comme
« il a esté de messire Bertran de Clayquin^ messire
« GadifFer de la Salle- et autres bons chevalliers, qui
« sont mors povres. Mais, puisqu'ilz ne povoient plus
« vivre, de quoy leur eust servy trésor? Car trésor
« ne sert 3 aux hommes, se n'est pour avoir honneur.
« Et ilz en avoient tant, que on leur faisoit plus d'hon-
« neur que aux plus riches hommes du monde. Le
« tiers point est que, par le moyen des armes, vous
« povez devenir le plus grand empereur du monde.
1. Bertrand du Guesclin. (Toir dans S. Luce, Histoire de Bertrand du Guesclin, t. I, ch. 1, l'origine fabuleuse du mot Guesclin venant de Glay-Aquin en passant par Claiquin et Clesquin.)
2. Gadiffer de la Salle, l'un des conquérants des îles Canaries en 1402. — Henri III, roi de Castille, avait accordé à Jean de Bethencourt, gentilhomme normand, l'autorisation de faire la conquête des Canaries. Bethencourt partit avec quelques vaisseaux et relâcha à la Rochelle, où il s'adjoignit Gadiffer. Après quelques conquêtes, Bethencourt revint en Castille chercher des troupes. Pendant ce temps Gadiffer soumit quelques îles voisines. Mais, des discussions s'étant élevées entre lui et son compagnon, il quitta l'expédition. On ignore l'époque de sa mort. Le passage qui a donné lieu à cette note laisse supposer qu'il revint mourir en France et qu'il ne rapporta pas la fortune de son lointain voyage. (Cf. Histoire de la première découverte et conqueste des Canaries faite en 1402 par Jean de Bethencourt, rédigée par deux de ses compagnons. Paris, 1735, in-4o.)