‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 270 sur 321 · En marge dans le ms. A : « Lahire · texte numérisé non relu

En marge dans le ms. A : « Lahire

2. Var. : « que je sçay bien qu'ilz n'ont aucun regard ne veue descouverte, t Éd. Vérard et Lenoir.

ii6 LE JOUVENCEL.

« fossez, et du fumyer jamais ne se doubleront. Item « vous aurés trois cens hommes de cheval en une « embûche voilant, que vous mettrés sur celle touche « de bois qui est au hault des champs du costé que « n'est pas le fumyer et au plus près; et chacun a homme de cheval aura ung homme de pié derrière fi lui. Et, incontinent que vos coureurs auront couru « la porte et que ceulx d'Escallon auront descouvert « leurs fossez et leurs hayes, vous les verrez jusques « enmy les champs bien avant ; vous tendres l'escar- « muche. Et, quant ilz seront aux champs, comme je « vous dy, vostre embûche sauldra là où il y aura « trois cens hommes, qui auront derrière eulx sur la « crouppe de leurs chevaulx autres trois cens hommes, « que ceux de la place ne verront point. Ainsi seront « vi'' hommes : et les deux cens hommes du fumyer, <r ce seront viu'' hommes, qui seront, à la grâce de « Dieu , assés pour eulx renvoyer jusques à leur porte. « Car pour cincquante et soixante coureurs et pour « trois cens chevaulx qu'ilz verront venir après, ilz « ne vous lesseront point à vous tenir escarmuche ne « ne se doubleront point de ceulx qui seront ou « fumyer, ne de ceulx qui seront derrière ceulx à che- « val. Ainsi vous leurporterés v" hommes à leurs barfi rières plus qu'ilz ne verront. Et fauldra que ceulx a qui seront ou fumyer, se tiengnent tous ensemble « et voisent marcher tout droit à la barrière bien vis- « tement et se arresteront ^ là sans partir, tant que « l'exploit soit fait. Et les trois cens hommes, que

1. Var. : « et voisent marcher tous à rencontre et se arresteront, etc. » Éd. Vérard.

« VOUS porterés derrière vous, feront l'exploit. Car, « dès que vous approudierés des ennemis, ilz sauldront « à pié, et, eulx à pié et vous à cheval, chargerés sur « eulx. Ainsi, se Dieu plaist, vous les desconfîrés. »

Après ce que le Cappitaine^ eut parlé, comme dessus est dit, fut parlé qu'il failloit que ceste entreprinse fust descouverte au sire de Roqueton, à Jehan Hamon et à Gallebrun, et conclurent que le lendemain tous s'assembleroient en la chambre du Cappitaine et du Mareschal et là parleroient de leurs besongnes plus au long. Et commanda le Jouvencel que on fist asçavoir aux dessus dictz qu'ilz se trouvassent en la dicte chambre; et ainsi le firent.

Et, quant vint le lendemain et ilz furent assemblés, le Cappitaine^ commença à racompter au long leur entreprinse, ainsi qu'elle avoit esté délibérée le jour devant et quelle avoit esté pourparlée cy-dessus. Et parla le premier ; car nul des autres ne voullut présumer parler avant lui, pour ce qu'il estoit le plus ancien, combien qu'il les en priast assez.

Et, quant il leur eut racompté l'entreprinse dessus dicte et que tous eurent apointé et aprouvé sa parolle, il parla au Jouvencel ^ en la présence de tous et lui dist : « Or ça, Jouvencel, vous voyez que par le com- « mun assentement de tous voz amiz et compaignons, « meismement de ceulx qui vous ont instruit et aidé « à conduire en vostre jeunesse et en voz premiers « faiz d'armes, estes esleu, par le bon sens et con- « duitte de nostre guerre qui est en vous, à estre

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