Var. : « Justement. » G. D. F
3. Var. : « grant multitude de richesses et de navires. » Éd. Vérard.
-i. Var. : « fuste. » B. Éd. Vérard.
« grant compaignie, on m'appelle larron. Touteffois « tu scez que autant ay-je de droit en ce que je puis « prendre et pillier parmy la mer en grant crainte et « en grant povreté, comme tu as en tout le monde que « tu vuelx conquester en grant orgueil et prospérité. « Saches que, se Alexandre estoit prins tout seul sur « la mer, il seroit appelle larron. Et, se Dyomedes « avoit grant habondance de gens et le monde me « craindist et doubtast comme toy, je seroye appelle « empereur. (Si avoit le larron nom Dyomedes.) Puis « dist : Saches, Alexandre, que plus tu enfFraincts et « corromptz justice, en prenant l'autruy magnifeste- « ment et de force, que je ne fa y, en desrobant secre- « tement et prenant sur autruy ung pou de chose pour « soustenir ma vye. Je suys aucunement à excuser ; « car povreté et neccessité m'y constrainct. Mais toy « du tout es à blasmer et à acuser ; car tu t'en pourc< roies bien passer et le fais par orgueil et presump- « tion. Et les lois que j'enfrains par crainte et par « paour, tu les persécutes ^ par oultrecuidance. Tu « n'es pas doncques empereur, mais persécuteur. Se « fortune m' avoit donné de ses biens tellement que je c( peusse vivre honnourablement, j'auroye suffisance. « Tu as tout et si ne puelx assez avoir. — Par ces « parolles fut meu Alexandre à lui constituer estât et « le fist chevallier; puis vesquit bien et honnourable- « ment. Pour tant appert, messeigneurs, que cellui
1. Var. : « Les fais que je fais sont par constrainte et par paour; tu les persécutes, etc. » B. C. — « Les lieux et les gens que je prens par contrainte, par paour et par nécessité, tu les persécutes, etc. » Éd. Vérard et Lenoir. — « Les lois que je fuis par crainte, etc. » F.
<t qui par orgueil entreprent querelle ou guerre sur « autruy, supposé qu'il vaineque et viengne au dessus, « ne doit pas estre nommé victorien, mais tirant ou « persécuteur. Et c'est quant au premier point que « j'avoye proposé dire devant vous.
« Au second point, touchant la querelle qui est a menée par cnvye, vueil procéder en brief, adfin que « mes parolles ne vous ennuyent. Envye à propre- « ment parler est la droitte nourrisse^ de hayne, « et n'est autre chose fors ire endormye soubz dissi- « mulacion. Et bien vous asseure que la guerre, qui « au commencement se engendre par envye, est la « plus périlleuse, et s'en ensieut plus d'inconvèniens « que d'autres guerres. Par elle nous avons veu mainte « noble maison déshéritée et mise au néant ; par elle « a esté la noble maison de France en si grant dan- « gier qu'il n'est mestier du réciter^. Et certes ceste « envyeuse guerre a tousjours mauvaiz commence- « ment, pire moyens et aussi très mauvaise fin et « s'engendre entre les princes et seigneurs d'une « mesme auctorité, et le plus souvent entre les parens. « Car c'est sa nature de tousjours vouUoir desjoindre « ce qui est le plus joinct et uny. Et, quant le deable « veoit qu'il ne puet autrement ouvrir la voye de dis- « cention, il mect en termes ceste furie ^ infernalle « par le moyen de flaterie ou d'ambicion. Et vrayea ment ceux qui sont les plus fors en ceste querelle, « sont en la parfin les plus pugnys, quant ilz ont tort « et qu'ils ont commencié ceste guerre contre raison.
1 . Var. : « lo propre nourrisscment. » Éd. Vérard et Lenoir.